Archive for avril 2009
Une petite musique de film : Morvern Callar
Dimanche soir dans l’émission Première Séance,
Une petite musique de film se penchera sur

Adaptation d’un roman d’Alan Warner, “Morvern Callar” est le deuxième long métrage de la réalisatrice Lynne Ramsay après le très remarqué “Ratcatcher” en 1999. Trois ans plus tard, la cinéaste écossaise offre à Samatha Morton son premier grand rôle au cinéma : celui d’une jeune femme étrange et renfermée qui vaudra à l’actrice un British Independent Film Award deux ans après sa nomination à l’Oscar du meilleur second rôle féminin pour “Accords et désaccords” de Woody Allen.
Côté musique, la production de la bande originale de “Morvern Callar” a été confiée au label Warp, connu pour ses expérimentations sonores de toute première qualité – Aphex Twin y côtoie Broadcast, Stereolab et Boards of Canada. Quelques artistes que l’on retrouve avec plaisir sur cet album varié et néanmoins homogène.
Après avoir retrouvé son compagnon mort sur le sol de leur salon, Morvern Callar part pour un étrange voyage qui la mènera de la grisaille écossaise à la canicule espagnole. Avant de se suicider son compagnon lui laisse un roman et une cassette simplement intitulée “Music for You”. Elle jalonnera le récit de long en large, devenant partie intégrante de l’histoire.
Film d’une retenue et d’une subtilité exemplaires, “Morvern Callar” est entièrement porté par son actrice principale, dont l’économie de gestes et de paroles donne à cette anti-héroïne des faux airs d’autiste. Économie qui permet à la bande son de se déployer dans toute sa splendeur, du Krautrock de Can à l’ironie de Ween en passant par les douceurs rétro de Nancy Sinatra et Lee Hazlewood.
Add comment avril 30, 2009
Une voix s’est tue
Reconnaissable entre mille, grave, rauque et pourtant chaleureuse, la voix de Macha Béranger fit les beaux jours – ou plutôt les belles nuits – de France Inter de 1977 à 2006. Doublée d’une oreille attentive, cette voix répondit près de 30 ans durant aux questions des auditeurs, avec savoir-faire et une réelle capacité d’empathie.
C’est avec une certaine émotion que j’appris la mort, dimanche dernier, à l’âge de 67 ans, de cette animatrice singulière qui m’accompagna, moi aussi, au cours des longues nuits de révisions qui précédèrent le passage de mes examens de fin d’études (en alternance avec “Kid A” de Radiohead et “Ágætis byrjun” de Sigur Rós).
Je ne saurais jamais si cette compagnie nocturne et bienveillante a contribué d’une façon ou d’une autre à ma réussite scolaire. Ce dont je suis certaine, c’est que cette période restera à jamais gravée dans ma mémoire – pour différentes raisons. Une période que je ne cesserai d’associer à Macha, Radiohead et Sigur Rós…
Add comment avril 29, 2009
Une petite musique de film : 24 Hour Party People
Dimanche soir dans l’émission Première Séance,
Une petite musique de film se penchera sur

Inspiré par la scène mancunienne de la fin des années 70 au début des années 90, “24 Hour Party People” de Michael Winterbottom reconstitue le Manchester de l’époque, ses groupes, ses concerts et ses soirées.
Avec l’aide précieuse de Tony Wilson, acteur incontournable de cette période, interprété ici par l’excellent Steve Coogan, l’équipe du film a fait revivre le mythe de la Factory et de la Haçienda autour desquelles gravitaient des groupes tels que Joy Division, Durutti Column, New Order et Happy Mondays.
Manchester sert de toile de fond à l’histoire de cette bande de potes qui finit par monter un label, puis une boîte, marquant durablement l’histoire de la musique pop. Devenue une véritable Mecque pour les clubbers d’Europe, la Haçienda ouvrit ses portes en 1982 et survécu par miracle jusqu’en 1997 grâce à l’audace de Tony Wilson et à l’aide financière du groupe New Order.
On ne le dira jamais assez : New Order ne perçut aucun centime de la vente de son fameux “Blue Monday”. Le maxi fut pourtant le plus vendu au monde, mais tous les bénéfices ont servi à éponger les pertes de la Haçienda…
3 comments avril 23, 2009
schizo fait (encore) sa promo
Après un concert que je qualifierai de raté à La Maison des Musiques en mars dernier, je ressors Ginger une dernière fois pour faire honneur à ma famille d’adoption : le Startin’Pop. À l’occasion de la sortie de sa quatrième compilation, le collectif liégeois s’est offert cinq soirées à L’Escalier pour présenter les groupes qui ont contribué au CD. Si belleclose n’y est pas, c’est plus par manque de temps que d’envie, car nous aurions été bien gênés d’offrir aux auditeurs un morceau vite fait, mal fait. Cela dit, je donnerai une mini-prestation en solo au cours d’un “Startin’Pop All Stars” acoustique en prélude à la dernière soirée qui regroupera Face B, The Vogues et Adequate. Ça se passe demain à L’Escalier, dans le Carré liégeois, à 20h30 pétantes, et c’est gratuit !
Autre jour, autre formule, même endroit : le jeudi 14 mai, nous avons le plaisir d’ouvrir la soirée pour The Bony King Of Nowhere dont le premier album, “Alas My Love” fait déjà le bonheur des fans de Radiohead et de Tunng. Pour ce deuxième concert en quintette, belleclose vous réserve la crème de ses compositions acoustiques, dont quelques zakouskis sont en écoute ici (avec, en prime, un tout beau remix signé Velvet Narcosis).
Je récapitule :
demain (22 avril) : Startin’Pop All Stars + The Vogues + Adequate + The Mash à L’Escalier, Liège (20h30, gratuit)
jeudi 14 mai : belleclose + The Bony King Of Nowhere à L’Escalier, Liège (20h00, 8/10 Euro)
Les non-liégeois devront patienter encore un peu… ou se déplacer pour la bonne cause.
Add comment avril 21, 2009
Une petite musique de film : Body Love
Dimanche soir dans l’émission Première Séance,
Une petite musique de film se penchera sur

Membre fondateur de Tangerine Dream et Ash Ra Tempel dans les années 70, Klaus Schulze s’est distingué depuis à travers ses albums solo et ses musiques de film. Parmi elles, sa première bande originale – sans mauvais jeu de mots – pour un film érotique de Lasse Braun en 1977.
La bande son de “Body Love“, dont l’actrice principale n’est autre que Catherine Ringer (à une époque où elle tournait régulièrement dans des films comme “Lingeries intimes”, “Provinciales en chaleur” ou “Petits trous vierges à explorer”), comprend trois longues plages électroniques hypnotiques à souhait, le musicien allemand prolongeant ainsi ses expérimentations sonores. Comme à son habitude, Klaus Schulze donne à ses instrumentaux le temps de se déployer petit à petit, avec sensualité et néanmoins avec pudeur. “Body Love” n’est d’ailleurs pas sans rappeler une pièce maîtresse de l’histoire de la musique électronique : l’épatant “E2-E4” que son collègue Manuel Göttsching composera quatre ans plus tard.
Poursuivant son exploration des chemins de traverse, Klaus Schulze s’offre avec “Body Love” une petite parenthèse entre deux albums. Parenthèse dispensable pour certains critiques, enchantée pour d’autres…
6 comments avril 16, 2009
Taxi !
Dans mon enfance, j’étais fascinée par les Wolpertinger, ces animaux imaginaires bavarois qui me narguaient chaque été, moi et mon grand verre de lait, du haut du mobilier rustique de l’une ou l’autre auberge de montagne. Ce n’est que beaucoup plus tard que je compris que ces animaux empaillés étaient l’œuvre de taxidermistes cherchant sans doute à tromper leur ennui entre deux commandes. On pourrait bien sûr discuter pendant des heures du bien fondé de la chose, il n’empêche que ces créatures me laissèrent une forte impression doublée d’un profond respect pour leurs créateurs.
Pourtant, et malgré (ou à cause de) son étrangeté, le milieu de la taxidermie est rarement représenté à l’écran, car d’aucuns le jugent malsain et de mauvais goût, alors que la médecine légiste s’offre depuis des lustres une belle part du gâteau cinématographique et télévisuel. Mais on ne badine pas avec les animaux morts ! Voilà peut-être pourquoi les taxidermistes n’ont pas la cote au cinéma. Citons en exemple le héros de “El Aura“, taxidermiste misanthrope (n’est-ce pas un pléonasme ?) échafaudant des plans de hold-up parfaits, ainsi que le bien nommé “Taxidermia“… et c’est à peu près tout.
Pourquoi refuser à la taxidermie le statut d’art à part entière ? Après tout, les “Körperwelten” de Gunther von Hagens ont connu un succès foudroyant, et les curieux se pressent au portillon des musées du monde entier pour y découvrir ossements et corps momifiés, alors que les musées d’histoire naturelle restent des havres de paix fréquentés avec parcimonie…
Il semblerait en effet que la mort des hommes fascine tandis que celle des animaux dégoûte. Sans doute que l’être humain ressent le besoin d’être rassuré au sujet de sa propre mortalité – et donc de la regarder bien en face – tout en détournant les yeux d’une réalité pourtant inéluctable : tous les animaux meurent un jour ou l’autre, et ce privilège n’est pas réservé aux seuls humains.
Du chat-chat à sa mémère dans “Mars Attacks” aux animaux plongés dans le formol par Damien Hirst via la taxidermie mécanique de Lisa Black ou les “Misfits” de Thomas Grünfeld, partiellement repris par Simian dans l’album “Chemistry is what we are” (dont la pochette et le livret font étrangement écho à ceux de “In the cold light of morning” de Dream City Film Club), la taxidermie est néanmoins présente à différents niveaux du monde artistique,
à commencer par la photo. Et, comme partout, il en faut pour tous les goûts.
Or, il n’est pas politiquement correct de représenter les animaux morts (même de mort naturelle et artistiquement empaillés), le droit de mourir étant visiblement l’apanage des humains. Cela ne justifie en rien la cruauté dont font preuve bon nombre d’artistes autoproclamés, mais puisque l’animal est déjà mort de toutes façons, pourquoi
ne pas lui rendre hommage en lui offrant une seconde vie au-dessus de la cheminée ? Quitte à le faire participer à d’étranges mises en scène, comme dans le livret qui accompagne les douceurs post-rock de Piano Magic sur “Low Birth Weight“, où chatons et rongeurs se retrouvent autour d’une tasse de thé ou à l’école par l’intermédiaire de l’artiste Walter Potter.
Car l’art n’est jamais qu’une question de points de vue – les goûts et les couleurs…
(et pour savoir ce que je pense du végétarisme, c’est par là…)
12 comments avril 14, 2009
Une petite musique de film : La Neuvième Porte
Dimanche soir dans l’émission Première Séance,
Une petite musique de film se penchera sur

Un antiquaire spécialisé dans les livres rares se retrouve à traquer Le Livre des Neuf Portes, obscur recueil démoniaque, de New York à Tolède via Paris et Cintra. Sous les traits de Johnny Depp, le bonhomme s’enfoncera dans une intrigue aussi étrange qu’incompréhensible, tant pour lui que pour le spectateur de La Neuvième Porte de Roman Polanski.
Pour sa deuxième collaboration avec Roman Polanski après La jeune fille et la mort en 1994, Wojciech Kilar a composé des thèmes inquiétants et néanmoins sensuels, pétris de sexe et de violence contenus, entre valses lentes et vocalises envoûtantes.
Sept ans après le Dracula de Francis Ford Coppola, le compositeur polonais déploie des ambiances sombres, mystiques et somptueuses pour accompagner cette obscure histoire de livre satanique, avec l’aide de l’Orchestre Philharmonique de Prague, son chœur et la soprane Sumi Jo.
Restant fidèle à la notion de thèmes, les différents motifs musicaux servent l’intrique, certes pas toujours très claire, et offrent à cette bande originale une fluidité d’écoute rare.
5 comments avril 9, 2009
La vengeance d’une brune
C’est le grand retour d’une adorable petite peste de 24 ans ! Une de ces chipies qu’on adore détester, à tort ou à raison… C’est qu’à force de la voir étaler sa vie privée et ses parties intimes à la Une de la presse people, certains en avaient oublié que Lily Allen est avant tout une chanteuse douée et surtout une parolière étonnante de maturité. Qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas, il faut lui reconnaître un sens inné de la mélodie, du mot qui claque… et de la propagande ! Entre ses deux albums, elle a profité de chaque occasion pour faire parler d’elle, en bien comme en mal, selon l’adage “Peu importe la façon dont on parle de moi, l’important est que l’on parle de moi !”.
Une grossesse, une fausse couche, une séparation et une multitude de phrases assassines et de soirs de débauche plus loin, Lily Allen nous revient en très grande forme avec “It’s not me, it’s you“, album truffé de perles pop dansantes à souhait et de mauvaise foi assumée en toute simplicité. Avec ses chansons entêtantes aux textes saturés de fiel, la demoiselle s’assure une place au Panthéon de la pop contemporaine, très loin devant ses pâles copies. Copies à deux balles qui maîtrisent peut-être leurs coups de pub, mais pas la qualité de leurs productions musicales.
Non, vraiment : Lily a tout d’une Grande ! À une époque où Madonna ne fait plus bander personne et où Debbie Harry n’est plus qu’un vague souvenir, il était grand temps que quelqu’un prenne place sur le trône laissé vacant. Un trône devenu terne à force d’ennui et que Miss Allen dépoussière comme bon lui semble, peut-être pas toujours avec classe, mais avec une fraîcheur qui est tout à son honneur !
7 comments avril 7, 2009
La der des der
Voici donc la fin de notre tour d’horizon des musiques de film à l’occasion de leur centenaire. BIFFF oblige, cette dernière sélection est consacrée aux films fantastiques. Tremblez, braves gens !
Quant au bonus mensuel, il s’agit de votre playlist, élaborée – en suant à grosses gouttes – à partir des top 10 que vous avez eu la gentillesse de nous envoyer sur ce blog, le forum des Médiavores, mais aussi par mail.
En ce qui nous concerne, nous poursuivons notre défrichage, par exemple à l’émission Première Séance où vous pouvez (re)découvrir, chaque dimanche soir, une musique de film différente (dont le résumé est en ligne ici-même, au cas où – comme tout le monde – vous auriez autre chose à faire le dimanche soir).
A ce propos, n’hésitez pas à signer ici la pétition de soutien à l’émission qui a décidément bien du mal à se faire à son nouvel horaire…
Add comment avril 6, 2009
Une petite musique de film : The Amityville Horror
Dimanche soir dans l’émission Première Séance,
Une petite musique de film se penchera sur

Amityville, dans la banlieue de New York. Le 13 novembre 1974, un jeune homme massacre toute sa famille dans un accès de démence. Quelque temps plus tard, la maison est mise en vente à un prix défiant toute concurrence. La famille Lutz s’y installe sans en connaître les antécédents. Elle la quittera 28 jours plus tard…
S’inspirant des événements de la tristement célèbre demeure située au 112 Ocean Avenue, The Amityville Horror de Stuart Rosenberg reste un film bigrement efficace 30 ans après sa sortie, et la bande originale de Lalo Schifrin n’y est pas pour rien.
Au départ de “chutes” destinées à L’exorciste de William Friedkin, mais rejetées à l’époque par le réalisateur, l’Argentin a signé une partition terrifiante et parfaitement en accord avec cette histoire de phénomènes paranormaux.
Les berceuses malsaines, envolées frénétiques et montées en puissance de Lalo Schifrin font partie intégrante du film, contribuant largement à la tension. Une tension qui donne la chair de poule, avec ou sans les images, car cette bande originale continue de faire frémir ses auditeurs et aura inspiré de nombreux compositeurs au fil des ans.
Add comment avril 2, 2009
