Posts filed under 'En chair et en os'

The Great Jacques

Pour la deuxième fois cette année, je vais aller traîner mes baskets, bottes et bottines à Londres. À moi les pickled eggs, le tea-time et les petits pavés glissants sous la bruine d’automne.

D’aucuns se demanderont pourquoi Diable une jeune femme apparemment saine d’esprit (encore que ce ne soit pas prouvé…) se rend dans la capitale anglaise en plein automne. Et bien, la raison est des plus simples : à la demande du très respectable Barbican Centre, plusieurs artistes rendront hommage à notre Jacques Brel national le 22 octobre prochain – parmi eux, Camille O’Sullivan, Arno, Arthur H, Momus, Diamanda Galás et cette diva de Marc Almond (ces deux derniers valant à eux seuls, je trouve, le déplacement !).

Sobrement intitulée The Songs of Jacques Brel, cette soirée promet d’être passionnante de part la variété des artistes présents : du cabaret glamour de Camille O’Sullivan à l’hystérie assumée de la Galás en passant par le romantisme lyrique de Marc Almond, nul doute que le répertoire du Grand Jacques sera revu et corrigé à toutes les sauces.

Une soirée originale et pleine de surprises qui se déplacera le lendemain au Warwick Arts Centre et clôturera en beauté mon prochain séjour sur les terres de la Queen.

En attendant, soyez sages et patients, car ce blog s’offrira lui aussi un repos bien mérité dans les jours qui viennent…

Add comment octobre 13, 2009

Je vais encore pleurer !

Après un premier album drum’n’bass (Fresh Produce paru en 2000 chez Ninja Tune) et de nombreuses années passées derrière les platines et aux manettes de production, l’Anglais Fink a surpris tout le monde lorsque, en 2006, il sortit (toujours sur Ninja Tune) un somptueux album de songwriting aux arrangements dignes d’un travail d’orfèvre.

Biscuits for Breakfast est une véritable claque où folk et blues râpeux de déplient avec grâce autour d’une des plus belles voix qu’il nous ait été données d’entendre ces dernières années : profonde et divinement sensuelle, cette voix un peu rocailleuse chante des textes sensibles et intelligents. Des textes dans lesquels l’interprète ne s’accorde pas systématiquement le beau rôle et se met à nu avec une sincérité désarmante.

Suivront Distance and Time l’année suivante et, au printemps dernier, Sort of Revolution, véritable bijou de finesse et de subtilité.

Fin Greenall (c’est son vrai nom) n’en a pas moins oublié ses origines et poursuit ses activités de producteur parallèlement à son occupation d’homme à la guitare. On lui doit, entre autres, le projet Sideshow, avec lequel il vient de sortir Admit One, album dub sur lequel on retrouve les voix de Cortney Tidwell, Tina Grace et Paul St. Hilaire alias Tikiman.

C’est néanmoins dans la peau de Fink, entouré des fidèles Guy Whittaker (basse) et Tim Thornton (batterie), que le musicien se produira à la Rotonde du Botanique (Bruxelles) le samedi 3 octobre prochain. Il sera la veille à l’Alhambra (Paris) – pour près de trois fois le prix que paieront les Belges (vous voilà bien punis de vous moquer de nous depuis des lustres, na !) - et partira en tournée française par la suite (lieux et dates ici).

Vu l’état dans lequel il m’avait laissé aux dernières Ardentes, j’ai intérêt à prévoir un stock de mouchoirs… et peut-être même un déambulateur ?!

4 comments septembre 14, 2009

Les Ardentes 2009

Petit bilan subjectif

Jeudi 9 juillet

Why? – sans hésiter ma grosse surprise de cette édition 2009 ! À (re)voir, ne serait-ce que pour le batteur-percussionniste qui semble avoir six bras…

Get Well Soon – un peu mou après la claque Why?, mais un très beau concert avec, en prime, une reprise très originale du “Born Slippy” d’Underworld.

Yo! Majesty – un quart d’heure de retard pour un quart d’heure de set qui m’a fait honte pour elles.

Alice Russell – une énergie folle et une bonne humeur communicative au service d’un white soul bien péchu. Une bonne surprise.

Cirkus – valait le détour pour le maxi t-shirt Adidas de Neneh Cherry !

Metronomy – bien rock, bien carré. Belle découverte.

Thomas Fersen – une autre excellente surprise (il portait la même robe qu’Emily Loizeau !).

Mogwai – expérience sensorielle qui m’a mise, une fois de plus, sous hypnose.

Emiliana Torrini – grosse déception : je n’aime pas ces chanteurs qui prennent des airs affectés – elle donnait carrément l’impression de faire caca (avec des hémorroïdes…) (comme j’y vais !).

De CrecyVendredi 10 juillet

Madcon – chaleureux, hyper-pro, interactif : les gars avaient le public à leur botte. Encore une excellente surprise.

!!! – concert un peu trop huilé à mon goût, mais qui a, semble-t-il, beaucoup plu aux fans.

The Glimmers present Disko Drunkards – quatre mariolles aux costumes improbables (un pyjama et trois tenues de footballeurs très seventies) pour un disco-rock entraînant et une reprise incroyable du “Physical” d’Olivia Newton-John

The Field – encore une bonne surprise : ambient pas planante du tout agrémentée de projections.

Paul Kalkbrenner – techniquement moyen aux dires de nombreux DJs, il a néanmoins foutu le feu à l’Aquarium, ce qui n’est pas chose facile !

Para One – set parfait pour se préparer mentalement et physiquement à Big Beth.

Gossip – je n’ai jamais aimé leur musique et espérais réviser mon opinion en les voyant en concert : perdu !

Miss Kittin & The Hacker – tellement de basses que la voix de la Kittin (qui n’en a déjà pas beaucoup) était littéralement engloutie. Cela dit, bon show.

Étienne De Crécy – mise en scène magistrale, voire franchement mégalo pour un set analogique aux petits oignons, gâché par un clampin qui m’a foutu son poing dans la gueule en “dansant” (faisant tomber mes lunettes par la même occasion – et sans le moindre mot d’excuses) (si tu te reconnais : t’es vraiment un gros con !).

Agoria – il me fallait bien ça après le fameux “danseur”. Agoria est vraiment le nouveau Laurent Garnier, qu’on se le dise !

Samedi 11 juillet

Dan San – premier coup de coeur de la journée. Je ne les avais jamais vus en groupe. Ils m’ont mis la larme à l’oeil !

Fink – la raison de ma présence quasi-matinale. Il a confimé tout le bien que je pense de lui (avec, en prime, un smalltalk et une photo avec son groupe à l’issue du concert).

Art Brut 1Art Brut – ils sont complètement fous, surtout le chanteur qui n’a pas hésité à braver la foule pour nous parler de son dernier passage au musée (il avait payé 30 Euro !). So british ! So marvelous !

Yoav – il a réussi à captiver le public, seul sur la grande scène. Un véritable tour de force !

Peaches – elle remporte haut la main la palme de l’icône féministe contemporaine, loin devant Beth Ditto, n’hésitant pas à se mettre physiquement en danger ! On a trouvé une relève à Michael Jackson !

I AM X – glam, dance, rock. Efficace, comme toujours.

Tricky – ou “comment une chanteuse peut-elle rester de marbre en interprétant Black Steel ?”. Le mystère reste complet. Déçue et fatiguée, je m’en vais retrouver mon lit douillet.

PeachesDimanche 12 juillet

Rodriguez – je ne connaissais de lui que Sugar Man via un mix de David Holmes. J’ai découvert un blues-rock très roots.

Miss Platnum – magnifique découverte ! Entourée de deux choristes et d’un orchestre incroyable, la miss a donné un show drôle et chaleureux.

Mulatu Astatke & The Heliocentrics – Dieu vivant de l’ethio-jazz, le percussionniste et son groupe ont donné un concert extraordinaire, malgré cette étrange impression d’être au festival Jazz à Liège…

Peter Bjorn And John – j’étais ravie à l’idée de les revoir, quinze jours après les avoir vus à Londres. J’ai quitté le concert un grand sourire aux lèvres !

The Subways – post-adolescents déjantés. Rock efficace, mais un peu trop de bruit à mon goût après Peter Bjorn And John.

Cold War Kids – leur pop-rock frais a fait merveille sous le soleil des Ardentes (une fois n’est pas coutume, la météo s’est mis le doigt dans l’oeil quant à ses prévisions).

Supergrass – fond sonore idéal pour dépenser mes dernier tickets boisson au bar (même pas honte d’abord !).

Pour faire court : un très bon millésime dont j’ai davantage profité que l’année dernière !

À l’année prochaine ?

8 comments juillet 13, 2009

Le droit de ressentir en paix

Avant toute chose, je tiens à préciser une chose : je ne fais pas partie des défenseur du volume maximum dans les concerts de rock, que du contraire – traînant un acouphène depuis l’âge de quinze ans (suite à un concert de rock, comme de bien entendu), j’ai toujours sur moi une paire de protections auditives afin de préserver le peu qui me reste de l’un de mes biens les plus précieux.

Voilà qui est dit. Passons aux choses sérieuses : j’ai eu le plaisir de revoir Mogwai hier soir, chefs de file du post-rock et du volume sonore littéralement assourdissant, dans le cadre du festival des Ardentes.

Concernant le combo écossais, je suis pourtant d’une indulgence particulière, car un concert de Mogwai est avant tout une expérience sensorielle qui met tout le corps en éveil – l’ouïe, bien sûr, mais aussi la vue force de jeux de lumières intenses et, surtout, le toucher, car les murs du son élaborés par le quintet de Glasgow sont palpables au sens propre du terme : les basses chatouillent les pieds, s’insinuant jusque dans les moindres recoins de l’anatomie, au point que même un aveugle sourd y trouverait son compte !

Cela dit, je me dois néanmoins de déplorer le manque d’information donné aux festivaliers, dont bon nombre découvrait le groupe et a dû se coucher (et se réveiller) avec de sérieux problèmes d’oreilles.

Car un show de Mogwaï est, à mon sens, peu adapté au cadre d’un festival : pour y avoir assisté en salle il y a plusieurs années, je savais à quoi m’attendre, ce qui n’était pas le cas d’une grande majorité des spectateurs (qui n’assisteraient probablement pas à un concert de Mogwai hors festival et dont une partie ne semblait d’ailleurs guère l’apprécier plus que ça). Et plutôt que de décoller des premiers rangs (tout en se serrant la tête à deux mains pour créer l’illusion qu’il ne seront pas sourds le lendemain… j’attends de voir), ils préferaient rester plantés là, sans doute pour pouvoir dire à leur potes qu’ils étaient tout devant…

Du coup, je suis allée m’asseoir sur la plateforme des chaises roulantes où j’ai pu comater en paix (oui, la musique de Mogwai me fait toujours cet effet-là). Et, finalement, j’ai passé un excellent moment !

Il n’y a rien de plus énervant pour un spectateur qui cherche à ressentir un concert que d’être entouré de gros lourds qui discutent en hurlant, renversent leur bière ou ont juste l’air de se faire chier. Je préfère encore les gens qui dansent, comme ces deux gars visiblement émechés qui dandinaient furieusement du postérieur pendant la prestation d’Alice Russell plus tôt dans la journée.

Je ne m’attends évidemment pas à ce que tout le monde soit hypnotisé comme moi (je ne le souhaite d’ailleurs à personne !), mais je commence à me dire que j’ai peut-être passé l’âge des festivals… Moi qui suis pourtant ravie d’en avoir un de qualité devant ma porte (ce qui me permet de dormir chaque soir dans mon lit douillet sans avoir à supporter les afters dans la boue et les joueurs de djembé), je suis déjà en train de me demander si j’y retournerai l’année prochaine :(

Car pour moi, un festival reste avant tout une formidable occasion de découvrir de nouveaux talents (premier coup de coeur de ces Ardentes 2009 : les Américains de Why?) ou d’aller voir des artistes pour lesquels je ne me serais sans doute pas déplacée exprès (je pense entre autres à Thomas Fersen – magnifique – que je voyais pour la première fois, Madcon ou Julien Doré). Mais je n’y vais ni pour boire ni pour me passer d’hygiène corporelle pendant quatre jours. Je profite bien sûr aussi du côté festif et du plaisir de partager ces moments avec des personnes que j’apprécie, mais je ne vais certainement pas aux Ardentes pour dire que j’y étais : j’y vais parce que la programmation éclectique me parle et que, accessoirement, ça se passe tout près de chez moi.

Peut-être suis-je un peu snob ou réactionnaire, je n’en sais rien.

Toujours est-il que je vais voir des concerts en salle et en festival depuis l’âge de quatorze ans et que ce n’est pas près de changer, même si, parfois, je m’attends à un peu plus de respect… et ce n’est pas très différent dans les autres domaines de la vie.

1 comment juillet 10, 2009

schizo fait (encore) sa promo

Après un concert que je qualifierai de raté à La Maison des Musiques en mars dernier, je ressors Ginger une dernière fois pour faire honneur à ma famille d’adoption : le Startin’Pop. À l’occasion de la sortie de sa quatrième compilation, le collectif liégeois s’est offert cinq soirées à L’Escalier pour présenter les groupes qui ont contribué au CD. Si belleclose n’y est pas, c’est plus par manque de temps que d’envie, car nous aurions été bien gênés d’offrir aux auditeurs un morceau vite fait, mal fait. Cela dit, je donnerai une mini-prestation en solo au cours d’un “Startin’Pop All Stars” acoustique en prélude à la dernière soirée qui regroupera Face B, The Vogues et Adequate. Ça se passe demain à L’Escalier, dans le Carré liégeois, à 20h30 pétantes, et c’est gratuit !

Autre jour, autre formule, même endroit : le jeudi 14 mai, nous avons le plaisir d’ouvrir la soirée pour The Bony King Of Nowhere dont le premier album, “Alas My Love” fait déjà le bonheur des fans de Radiohead et de Tunng. Pour ce deuxième concert en quintette, belleclose vous réserve la crème de ses compositions acoustiques, dont quelques zakouskis sont en écoute ici (avec, en prime, un tout beau remix signé Velvet Narcosis).

Je récapitule :

demain (22 avril) : Startin’Pop All Stars + The Vogues + Adequate + The Mash à L’Escalier, Liège (20h30, gratuit)

jeudi 14 mai : belleclose + The Bony King Of Nowhere à L’Escalier, Liège (20h00, 8/10 Euro)

Les non-liégeois devront patienter encore un peu… ou se déplacer pour la bonne cause.

Add comment avril 21, 2009

Sur le fil du rasoir

Samedi soir, plutôt que de me rendre au Festival Empreintes Digitales (j’avais pourtant très envie de voir Chloé et Swayzak), j’ai traîné mes Doc au Shamrock, une nouvelle fois sur les bons conseils de José Parrondo qui est décidément un informateur bien efficace.

À l’electro, j’ai préféré un trio basse-batterie-guitare en rouge et noir venu d’Allemagne. The Razorblades composent un rockabilly qui va droit au but (deux minutes en moyenne par morceau…) et dans les pattes. Ça fait toujours du bien quand la tête est encombrée, et ça donne le sourire.

Entrecoupé de commentaires hurlés par un guitariste à banane et rouflaquettes (il n’avait pas de micro), le répertoire comprend autant des titres originaux que des reprises inspirées, des traditionnels “Hawaï Police d’État” à “Misirlou” via un “Apache” clôturé avec brio par le riff de “Stairway to Heaven” (oui, oui !). Un bassiste et un batteur chevelus donnent le change aux coups de gratte frénétiques, faisant grimper la température et oublier au public les giboulées de mars qui s’en sont données à cœur joie ces derniers jours.

Il n’en faut pas plus pour recharger mes batteries, et ces belles soirées en agréable compagnie viennent avantageusement contrebalancer ma cure de sommeil…

Parfois, la vie peut être simple.

Add comment mars 30, 2009

Week-end découvertes

Après plusieurs mois de torpeur et d’apathie, j’entre à nouveau dans une phase “spongieuse” – une de ces phases dans lesquelles il est bon de s’imbiber de ce qui nous entoure. Comme les arbres et les fleurs, moi aussi, je reprends vie à l’approche du printemps !

Alors, non contente d’avoir dévalisé La Médiathèque et Caroline Music, j’ai profité de quelques belles opportunités qui se sont offertes à moi en Cité Ardente :

Vendredi, le centre culturel Les Chiroux invitait l’asbl De figure et d’objets à présenter son nouveau spectacle, “Cage”, créé en collaboration avec le collectif Detruitu. Sur scène, un musicien et deux comédiens créent des atmosphères lourdes comme une chape de plomb pour rappeler au spectateur les cages dans lesquelles il vit, souvent à son insu, que ce soit au travail ou dans sa vie sociale, dans une course au rendement forcenée imposée par la société contemporaine.

Si le spectacle peut paraître brouillon à différents niveaux, j’y ai vu comme une succession de “sketches” (pas drôles du tout, ceci dit) dans lesquels j’ai pu me glisser sans trop de peine, sans doute parce que je m’y suis reconnue pour l’une ou l’autre raison.

Situé au carrefour de différentes formes d’expression artistique (théâtre, musique, arts plastiques, marionnettes et manipulation d’objets), “Cage” offre un huis clos troublant, entre rêve et cauchemar…

Samedi, je me suis rendue, pour la première fois depuis que je vis à Liège, au café Le Shamrock qui programme pourtant de nombreux concerts gratuits (et souvent de qualité). Sur l’invitation de José Parrondo, croisé la veille en face dudit café (comme quoi, le hasard fait parfois bien les choses…), j’ai assisté au concert de The Church of the Brothers of the Friends of God (!), groupe de rockabilly-surf-et-tout-des-trucs-comme-ça.

En première partie improvisée, Framboisier Mururoa a foutu le feu avec ses chansons bancales et un cran qui fait plaisir à voir. Armé d’un seul ukulélé (électrique !), le jeune homme a, en plus de ses compositions sautillantes à souhait, servi une reprise du “Hélène” de Roch Voisine avant de céder la place à Jampur Fraise, José Parrondo (qui, par ma faute, avait un noeud de cravate tout pourri :( ) et Hugues Picha. Une formule basse-batterie-guitare bigrement efficace pour ces relectures de musiques de film façon garage. Habillés en véritables “Brothers of the Friends of God”, les trois musiciens offrent des adaptations très libres de classiques allant de Batman à Peer Gynt en passant par la Rue Sésame sans autres artifices que quelques gimmicks bien trouvés (une vraie bouteille en guise de bottleneck, des kazoos, mais aussi une tête de cheval !).

Une soirée bon enfant dont je suis ma foi sortie bien tard, mais le sourire aux lèvres !

Pour finir en beauté ce week-end placé sous le signe de la découverte, un petit détour au Cercle des Cinés s’imposait, d’autant plus que c’est à 300 mètres de chez moi et que je participe modestement à sa programmation.

Sébastien Demeffe y présentait pour la toute première fois “Riding Along“, premier long métrage à mi-chemin entre documentaire et road-movie expérimental. Malheureusement, j’ai dû m’éclipser avant la projection… Partie remise au 2 avril au cinéma Nova à Bruxelles !

2 comments mars 16, 2009

schizo fait sa promo !

Le 7 mars prochain (c’est un samedi), la Maison des Musiques (rue Lebeau à Bruxelles) sera le décor d’une soirée fine, folk et féminine.

Anglaise expatriée à New York, Essie Jain compose un songwriting tout en délicatesse, à la fois mature et fragile, teinté d’un charme presque enfantin.

En première partie, je ressors Ginger, ma guitare, pour la première fois depuis… euh… longtemps, délaissant mes camardes de jeu le temps d’une soirée.

Le nombre de places étant limité, il est fortement conseillé de réserver.

(détails ici)

Add comment février 26, 2009

Bolchewisten !

Après avoir commencé d’une humeur bien maussade force de remises en questions personnelles et professionnelles, ma journée d’hier se clôtura en compagnie de Bertolt Brecht et Kurt Weill. De leurs esprits, tout du moins.

Programmée au Festival de Liège, la pièce musicale “Der Jasager/Der Neinsager” du célèbre duo berlinois se tient dans un décor de cabaret surplombé par un énorme “Dreams for Sale”.

En grande amatrice du duo Brecht/Weill, il me serait facile d’apprécier n’importe quelle mise en scène de leurs œuvres, or, il ne s’agissait ici pas de n’importe quoi : Frank Castorf et ses huit acteurs de la Volksbühne Berlin ont su insuffler à ce texte toute la fantaisie et le surréalisme qu’il mérite. Entre un acteur se faufilant au milieu du public, une comédienne désarticulée et deux sopranes crachant du champagne, l’esprit irrévérencieux du dramaturge était on ne peut plus présent. L’histoire, pourtant, tient en quelques lignes : un enfant dont la mère est malade rejoint une expédition pour trouver un remède à l’épidémie qui ravage la ville. Lui-même contaminé, le groupe lui laisse le choix : rester là pour mourir ou être ramené en ville…

castorf1

Sans doute est-ce la simplicité des récits brechtiens qui séduit autant de metteurs en scène : faciles à adapter, ses pièces demeurent intemporelles et ses pirouettes délibérément irréalistes permettent toutes sortes de digressions formelles.

Brecht lui-même aimait à rappeler que cela ne se passe pas comme ça dans la vraie vie (cf. l’acte final de “Die Dreigroschenoper”).

Petite cerise sur ce gâteau déjà fort appétissant, j’eus tout le loisir d’observer du coin de l’œil les réaction de Frank Castorf, assis à quelques sièges du mien, qui, quelques années après avoir créé la pièce, reste visiblement émerveillé par le jeu (au sens ludique du terme) de ses comédiens.

Après ce court spectacle (50 minutes chrono), ma journée s’acheva par une rencontre inopinée avec le renard de mon quartier (sans blague !) me scrutant, immobile, sous la neige tombante.

Magique !

Add comment février 4, 2009

Festival de Liège

Inculte que je suis (et chauvine aussi, un peu ;) ), je ne me rends au théâtre que tous les deux ans, car tous les deux ans, c’est devant ma porte, ou presque, alors j’en profite et m’en imbibe pour les deux années à venir.

Il faut dire que le Festival de Liège n’a rien à envier aux productions des grandes capitales et que son équipe accueille en Cité Ardente des metteurs en scène de qualité, prometteurs ou installés, venus des quatre coins du monde (Allemagne, Belgique, Burkina Faso, Chili, Etats-Unis, France, Italie et Iran pour cette édition 2009). Aussi ne vais-je pas bouder mon plaisir et une fois de plus, je m’en vais découvrir quelques pièces au hasard de la programmation.

Pour commencer en beauté, le public de ce “festival qui interroge le présent” retrouvera demain soir son résident officieux : le conteur italien Ascanio Celestini. En 2005, il m’avait fait rire aux éclats avec ses contes farfelus servis par un débit frénétique (flanqué d’un traducteur simultané tout aussi déjanté). En 2007, une mise en scène extrêmement sobre contrastait étrangement avec la violence de son propos – les hôpitaux psychiatriques et l’usage des électrochocs – , lui-même teinté d’humour souvent très noir. En 2009, il nous revient pour la soirée d’inauguration de cette cinquième édition, non pas seul, comme à son habitude, mais entouré de musiciens pour un récital aux accents folk tiré de son album “Parole Sante“. Paroles et musique. Paroles en musique. Il n’en fallait pas plus pour attiser ma curiosité.

Le deuxième spectacle qui me met l’eau à la bouche (et qui va – honte à moi – me faire rater Les Transardentes) est lui aussi italien, histoire d’ensoleiller mes soirées d’hiver. Sauf que ce soleil-ci sera plus dangereux que torride, car pour “La Ballata delle Balate“, l’auteur, acteur et metteur en scène Vincenzo Pirrotta a construit son texte autour d’un mafieux en fuite. Un texte âpre et violent qui fut l’un des moments forts du Festival de Palerme en 2006. À découvrir.

La troisième pièce que je ne raterai sous aucun prétexte est le désormais classique “Der Jasager/Der Neinsager” de Bertolt Brecht, pièce musicale écrite lors de l’ascension d’Hitler. L’originalité de cette pièce réside dans le fait que le dramaturge allemand en a écrit deux versions, l’une où le protagoniste dit “oui” (“Der Jasager”), l’autre où il dit “non” (“Der Neinsager”), avec une fin et une morale différentes.

Mis en scène par l’immense Frank Castorf, directeur artistique de la Volksbühne Berlin, le spectacle accueillera quatre comédiens, deux sopranes, un pianiste et un vidéaste.

Pour le reste, je me laisserai aller au gré de la programmation du Jardin du Paradoxe, foyer du festival devenu véritable off sous la houlette de Michel Antaki et de l’asbl D’une certaine gaieté, dont la Journée Mondiale de l’Onanisme (autrement dit la Saint-Valentin) risque d’ores et déjà d’être un joyeux bordel !

À noter également : deux expositions organisés par Couleurs Galeries, nouvel espace dédié au Street Art qui pose ses bagages au Festival de Liège avant son ouverture officielle dans la rue Souverain Pont. Celles-ci auront lieu pendant toute la durée du festival et seront entrecoupées de soirées animées par des invités de marque, tels que Partyharders, Mr. Oizo et So-Me.

Pour plus d’informations, suivez le guide, et rendez-vous au Manège, rue Ransonnet à Liège (Outremeuse), du 22 janvier au 21 février 2009.

Add comment janvier 21, 2009

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