Posts filed under ‘En chair et en os’
Bilan 2010
Dix albums (par ordre alphabétique)
Manuel Bienvenu, Bring Me The Head Of Manuel Bienvenu
Chapter, Three
Foals, Total Life Forever
Here We Go Magic, Pigeons
iLikeTrains, He Who Saw The Deep
Nicolas Jules, Shaker
Mariahilff, Mariahilff (2009)
MGMT, Congratulations
The National, High Violet
OK Go, Of The Blue Colour Of The Sky
Syd Matters, Brotherocean
Tindersticks, Falling Down A Mountain
Wave Machines, Wave If You’re Really There (2009)
Cinq concerts (par ordre chronologique)
King Creosote @ The Slaughtered Lamb (Londres), 31 mars 2010
Je suis malheureuse si je ne vais pas à Londres au moins deux fois par an, aussi ai-je toujours un œil sur les agendas culturels et profite généralement de mon séjour sur place pour voir l’un ou l’autre artiste. King Creosote n’ayant jamais mis les pieds en Belgique, je me suis donc rendue dans le sous-sol du pub The Slaughtered Lamb pour voir le King en chair et en os : magique ! Et “Circle my demise” joué en mon honneur parce que Belgians are everywhere, and Belgians always get what they want, especially when they came all the way for one gig.
iLikeTrains @ Rock Herk (Herk-de-Stad), 17 juillet 2010
Un lundi de la fin du mois d’avril 2010 : un ami a une place en trop pour le concert d’Editors à la Rockhal luxembourgeoise. Pas fan du groupe pour deux balles (et leur concert ne me fera pas changer d’avis), je m’y rends néanmoins de bonne grâce, et là, c’est le choc : iLike Trains en première partie me fait littéralement chavirer. L’annonce de leur présence au festival gratuit Rock Herk me met dans tous mes états ; ce sera l’un des plus beaux concerts que j’ai vus cette anée !
(iLikeTrains sera au Botanique le 15 janvier : une merveilleuse façon de bien commencer l’année 2011 !)
Efterklang @ MicroFestival (Liège), 7 août 2010
Après la claque de leur “Performing Parades” l’année dernière, j’attendais beaucoup des Danois sur scène, et ma foi, je ne fus pas déçue : visiblement ravis d’être là, ils ont donné une concert absolument magique dont je ne regrette pas une seule seconde.
Chapter @ La Gougoutte à Pépé (Bruxelles), 18 septembre 2010
Au mois d’août, je reçois un mail pour me proposer de faire la première partie d’un duo suisse dont je n’avais jamais entendu parler. Après un tour sur leur MySpace, je me jette sur la date avec avidité et ne suis pas peu fière d’avoir eu l’occasion d’ouvrir cette magnifique soirée.
(Chapter revient en Belgique au printemps. Stay tuned !)
Syd Matters @ Brasserie du Sauvenière (Liège), 10 novembre 2010
Un concert d’une émotion rare qui me fera monter les larmes aux yeux à quelques reprises et résultera en une quintuple demande en mariage, rien que ça !
Seize chansons (sans ordre particulier)
…en écoute ici.
Verdict :
un excellent millésime ! Joyeux réveillon à tou/tes et bonne année 2011 !
(et l’année prochaine, le top 5 des musiciens que je ne laisserais pas dormir dans ma baignoire…)
Suffragettes Not Dead
L’histoire du féminisme a réellement commencé il y a environ 140 ans. On peut en retracer l‘émergence aux alentours de 1870, date de la première vague féministe. L’une des femmes qui en a le plus marqué le cours est la britannique Emmeline Pankhurst. Née en 1858 à Manchester, Emmeline Pankhurst a milité pour le vote des femmes au Royaume-Uni dans le cadre du Parti libéral, puis dans le Parti travailliste. Pour donner plus de poids à sa revendication, elle crée en 1903 l’Union Féminine Sociale et Politique et milite d’une façon spectaculaire.
Elle meurt à Londres le 13 juin 1928, dix ans après que les femmes britanniques (de 30 ans et plus seulement) aient obtenu le droit de vote Le droit de vote pour les femmes à partir de 21 ans est obtenu un mois après sa mort.
Mais que reste-t-il aujourd’hui de l’esprit d’Emmeline Pankhurst et des suffragettes ?Cabaret Vert
Mademoiselle Catherine est heureuse, car cet été, elle a fait le plein de festivals sympathiques en bonne compagnie, et après Les Ardentes, Rock Herk et le Micro Festival, c’est le charmant Cabaret Vert qui a clôturé ces festivités estivales.
Après deux heures de route sous une pluie diluvienne, mon chauffeur et moi arrivons sur le territoire : France (du moins est-ce ainsi que mappy nous a présenté l’affaire) pour être presque immédiatement accueillis par une signalétique indiquant le chemin à suivre. Ragaillardis par cette belle preuve d’organisation, nous trouvons sans encombres le parking (gratuit) ainsi que l’emplacement de cette sixième édition située, à ce qu’il nous semble, en plein cœur de Charleville-Mézières.
Le temps de se familiariser avec les lieux et de se vider la vessie avant de se la remplir à nouveau, les Ardennais de Platoon Playground et de Maladaptive se succèdent sur la petite scène sans que l’on n’aie réellement envie d’y prêter attention. Et comme nous ne sommes que de sales chauvins, nous ne nous bougerons sérieusement le derrière que pour nous diriger vers la grande scène où The Black Box Revelation donnera un set peu convaincant, la bonne humeur communicative du batteur Dries Van Dijck ne suffisant pas à faire s’enflammer les foules – en dehors d’un petit groupe de viande soule pré-pubère dont une tentative parfaitement ratée de crowd surf faillit bien coûter la mâchoire à mon chauffeur.
En regardant distraitement le programme en vue du prochain concert, la simple description de Monotonix suffit à attiser ma curiosité : “Rock sauvage – Israël. Curieux moustachus mais vrais rock stars…”. Arrivés devant la petite scène, aucun groupe en vue, malgré un attroupement de gens. Bizarre, pourtant, y a du son… C’est là qu’un chanteur chevelu vêtu d’un simple caleçon gris émerge de la foule, micro à la main. Un peu plus loin, on perçoit la tête d’une guitare, tandis que l’oreille distingue clairement le bruit d’une batterie. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, la plaine boueuse se transforme en énorme terrain de jeu, les mottes de terres volant allègrement au son du punk rock efficace du trio.
Après cette curiosité scénique, une petite collation s'impose afin de tenir le coup (et, surtout, d'avoir une excellente excuse pour rater Raggasonic), et c'est reparti pour un tour de punk, avec LE Dieu vivant du punk hardcore : Jello Biafra, accompagné par son nouveau groupe, The Guantanamo School of Medicine. Après des années de spoken word, l'activiste américain n'a décidément rien perdu de sa verve ni de sa pèche, entrecoupant son set de messages politiques bien sentis. Militant écolo de la première heure, Jello Biafra fait de la musique comme il fait de la politique : avec les tripes et sans concessions. Une personnalité absolument admirable en ces temps de chiffes molles omniprésentes...
Le plaisir se poursuivra sur la grande scène avec un dEUS en très grande forme, offrant sous la bruine un florilège de ses sept albums avec une classe foudroyante. Bien que, du line-up d'origine, il ne reste plus guère que Tom Barman et Klaas Janzoons, ce concert magistral m'a fait retomber en adolescence, à une époque où j'écoutais en boucle les albums "Worst Case Scenario" et "In A Bar, Under The Sea", ainsi que le e.p. "My Sister=My Clock".
Une chope plus loin (oui, j'avoue qu'il y en aura eu d'autres avant celle-là), direction le devant de la scène pour assister à l'arnaque Massive Attack : malgré un light show et des arrangements aux petits oignons, j'ai l'impression d'écouter leur best of devant une photo de concert du groupe, et en dehors d'un écran géant sur lequel défilent différentes informations plus ou moins politisées, le visuel laisse terriblement à désirer.
De plus, mes Doc Martens s'enfonçant de plus en plus dans la boue, rendant difficile tant la marche que la simple position debout, il est temps de quitter ce chaleureux endroit et de regagner nos pénates, heureux et rassurés qu'il existe encore en 2010 des festivals chics et pas cher !
Merci le Cabaret Vert !
Petit, mais joli !
Depuis le temps que Jaune Orange en parlait, voilà qu’il l’a fait : pour la première édition de son Micro Festival samedi dernier, le collectif a mis les petits plats dans les grands pour proposer une affiche de qualité dans un cadre convivial à prix tout riquiqui.
En cette après-midi de gueule de bois carabinée, mes jambes m’ont donc portées tant bien que mal vers l’Espace 251 Nord, dont la cour avait pris des allures de fête du village, pour assister à la performance (le terme est exact) du Colonel Bastard. Pas réveillée pour deux balles, mes yeux encore tout collés par une nuit douloureuse (et néanmoins fort agréable, merci !) ont pourtant bel et bien failli jaillir de leurs orbites au vu du spectacle proposé : sur fond d’electroclash porté par la voix rocailleuse du Colonel, deux hommes habillés en ballerines jouaient les majorettes sur scène (et dans le public) tandis qu’un homme-boule-à-facette maniait les manettes. J’avais beau avoir déjà vu le bonhomme sur scène, ça m’a fait un choc, d’autant plus que mon taux d’alcoolémie n’allait pas s’amenuisant, bière locale oblige (dégueulasse selon certains, mais quand on a l’impression d’avoir bu de la colle à tapisser toute la nuit, on ne se soucie guère de tels détails pour soigner le mal par le mal).
Succédant au Colonel Bastard, les jeunes Anglais d’Action Beat ne seront parvenus qu’à aggraver mon mal de tête : assister volontairement à un concert de noise à trois batteries un lendemain de la veille eut été suicidaire, aussi me suis-je assise dans l’herbe pour regarder défiler les gens, de plus en plus nombreux en cette chaude après-midi d’été.
Il me faudra compter sur les Américains de Black Diamond Heavies pour me sortir enfin la tête du cul : avec pour seules armes orgue Hammond, Rhodes, batterie et la puissance sexuelle colossale du chanteur, le duo a servi un blues aussi libidinal que crasseux lorgnant tant sur Howlin’ Wolf et Screamin’ Jay Hawkins que sur les Stooges – un gospel des temps modernes donnant au chapiteau du Micro Festival des allures de chapelle qui aura certainement gagné beaucoup de nouveaux adeptes.
Suivra Kel McKeown alias Kelpe, dont les bidouillages electro qui m’avaient charmés sur album me lasseront pourtant rapidement sur scène, malgré la présence d’un excellent batteur et une projection vidéo de très belle facture.
Très impatiente de voir enfin Efterklang sur scène, je me colle aux barrières dès la fin du set Kelpeen. Visiblement heureux d’être là, le septet danois offre sa musique lumineuse avec une générosité qui fait d’autant plus plaisir à voir que, malgré une certaine notoriété, le groupe a su garder les pieds bien sur terre. J’en veux pour preuve le fait que les musiciens ont accepté d’être logés à moindre frais dans la modeste - et néanmoins sympathique - Auberge Simenon plutôt que d’exiger une nuit à l’hôtel. Une simplicité visible dans les sourires, mimiques et interactions dont je fus témoin au premier rang, et un concert qui se hissera sans difficultés parmi les meilleurs que j’ai vus cette année.
J’ai encore un million d’étoiles dans les yeux quand les Chiliens de Panico montent sur scène. J’apprécie de loin leur rock bâtard et énergique, à mi-chemin entre Joy Division et LCD Soundsystem, qui fait grimper le mercure tandis que la pluie s’abat violemment sur cette première édition du Micro Festival.
Un festival qui, sous des dehors « do it yourself », propose tout ce dont rêve le mélomane : une programmation hétérogène faisant défiler sur une seule scène et en un jour des artistes peu connus et néanmoins de grande qualité.
Bravo et merci !
Bilan ardent
Voilà, c’est fini : quatre jours de musique, de crasse et de canicule, et un bilan légèrement en dents de scie pour cette cinquième édition des Ardentes.
En effet, pour la première fois de ma vie, j’ai affronté un festival en ayant mes règles (et pourtant, j’en ai fait, des festivals !), et le sacro-saint syndrome pré-menstruel (qui ne dure jamais que quelques heures) m’a frappé de plein fouet jeudi soir. Il n’en fallait pas plus pour clôturer cette première journée mitigée où je n’ai guère été charmée corps et âme que par les Anglais de Wave Machines et leur pop sautillante qui me met de bonne humeur à chaque écoute.
Je reconnais en outre avoir été agréablement surprise par Camelia Jordana qui, si elle a gardé un balais dans le c** tout au long de son concert, m’a néanmoins épatée par sa présence vocale, tandis que Broken Social Scene dont j’espérais pourtant beaucoup n’arrivera pas à me garder à l’intérieur du HF6 où il faisait au moins 3000 degrés (parce que les Ardentes, ce sont deux salles – l’Aquarium et le HF6 – et une scène en plein air).
Le syndrome pré-menstruel fini de m’achever pendant Morcheeba, et je rentre écouter Pavement de la fenêtre de ma chambre à coucher, triste d’avoir dû partir aussi tôt, mais malgré tout heureuse de cette première journée qui m’a, entre autres, fait retrouver l’une des personnes les plus authentiquement gentilles que j’aie jamais rencontrées !
Le vendredi, j’arrive sur le site avec l’un de mes meilleurs amis qui, tout inquiet qu’il était de m’avoir vue au bord des larmes la veille, est aux petits soins avec moi, et voilà que débarquent les Français de Skip the Use sur la grande scène sous un soleil de plomb (pour la première fois de leur courte histoire, Les Ardentes portaient décidément bien leur nom !). Leur funk-métal hyper dansant fait grimper le mercure à la limite du supportable, plaçant leur performance très haut parmi les excellentes surprises de ce millésime 2010. Le soleil aidant, je reste devant la grande scène où se succèdent les Liégeois de Piano Club (qui ont confirmé tout le bien que je pensais d’eux) et mes chouchous de Midnight Juggernauts qui, malgré quelques soucis techniques, ont donné un concert plus que correct.
Ma grosse claque du week-end m’attend pourtant à l’Aquarium, la plus petite des trois scènes (aux dauphins en plastique nageant au plafond) où un trio venu d’Espagne dont je n’avais jamais jamais entendu parlé m’interpelle, me charme et me gagne définitivement à sa cause : avec leur electro-rock mâtiné d’influences basques, Crystal Fighters ont offert aux Ardentes un concert parfait, tant musicalement que visuellement (et plus que parfait si une connasse en rut ne s’était pas plantée à côté de moi pendant le dernier morceau pour dandiner du fion comme une possédée et hurler jusqu’à en être aphone !). Maintenant, il n’y a plus qu’à attendre la sortie d’un premier album pour faire durer le plaisir à la maison… sans connasse en rut à côté de moi (il me semble d’ailleurs que c’était la chanteuse d’un groupe du coin. J’irai faire pareil à ses prochains concerts, tiens, on verra si elle trouve ça agréable !).
Mais Just Jack m’attend déjà à la sortie avec sa pop nonchalante et son phrasé inimitable pour une performance délicieusement estivale avant que l’Aquarium ne me rappelle à lui avec Matias Aquayo qui délaisse les platines pour un live décevant : à son electro trop latino à mon goût s’ajoute une tenue de scène ringarde à souhait (tout de blanc vêtu, Matias Aguayo a poussé le vice jusqu’à ajouter à son débardeur de coton côtelé, son jeans et ses baskets – sans chaussettes – un bandana bleu turquoise autour du cou. Aïe !). Un petit crochet par la grande scène où N.E.R.D. enflamme un public de jeunes largement converti à leur cause, et me revoilà dans l’Aquarium pour voir le Matthew Herbert One Club, nouveau projet du génie anglais qui s’amuse à brouiller les pistes avec une techno à la limite du hard core sur une scène décorée d’une échelle et d’une tente de camping (!), suivi d’une Ellen Allien joyeuse et pétillante à souhait qui fait totalement honneur à sa réputation.
Quelques heures d’insomnies plus tard, je passe en début d’après-midi devant le HF6 où la folk précieuse d’Isbells me fait littéralement fondre. Un concert doux comme du coton, malheureusement perturbé par les jumelles de School of Seven Bells qui entament le leur dans la salle mitoyenne. Les chansons teintées de shoegaze des New Yorkaises interfèrent dangereusement avec les compositions rêveuses du quatuor flamand qui ne se laisse pourtant pas démonter et offre à son public l’un des plus beaux concerts de ces Ardentes.
Sur la grande scène, Bacon Caravan Creek présente son nouvel album avec un professionnalisme étonnant tandis que les Liégeois de Dan San reviennent pour la deuxième année d’affilée au HF6 dans une formule agrandie avec des harmonies vocales toujours aussi sublimes.
Après la terrible déception Tunng (mais pourquoi, mon Dieu, pourquoi font-ils maintenant la même musique que tout le monde ?!?) (ah ? Leur membre fondateur, Sam Genders, a quitté le groupe ?), je découvre les Anglais de Good Shoes dont le pop-rock efficace fait souffler un vent de fraicheur et de bonne humeur alors que l’air se fait de plus en plus lourd devant la grande scène.
J’ai besoin de faire une sieste, moi ! Je me trouve un petit coin de paradis entre la Meuse et la Route des Saveurs, et tant pis si je rate Adam Green. Dommage en fait, parce qu’à en croire les dires des uns et des autres, il était en très grande forme !
D’ailleurs, ça me fait penser à un truc : Pete Doherty sera-t-il présent ?
C’est ce que je me demande en me dirigeant vers le concert d’Angus & Julia Stone, coqueluches de la critique et du public qui m’ont fait royalement chier (on ne peut pas plaire à tout le monde, si ?), et c’est tant mieux parce que j’aurais sans doute raté un grand moment dans l’Aquarium où les Français de General Elektriks ont foutu le feu avec leur pop groovy à souhait que n’aurait sans doute pas renié Stevie Wonder.
Un petit crochet par le HF6 où les vieux briscards de Fleshtones entament un set du tonnerre de Dieu, un coucou aux rockeurs juvéniles de Black Box Revelation et une oreille distraite jetée à la musique synthétique de YACHT (“artificielle”serait un mot plus adéquat. Et j’ai très vite récupéré mon oreille, merci), et je m’en vais écouter Babyshambles, histoire de voir si les superlatifs dont bénéficie le groupe sont justifiés. J’ai bien peur que non. En plus de me laisser de marbre, la bande à Pete me fait perdre une demie douzaine de paris : “Mais noOon, y viendra pas !!!”. Chiotte !
Ma mauvaise humeur s’envolera avec les dernières notes de rockabilly endiablées de Heavy Trash et les Italiens de Litfiba, toujours aussi énergiques.
La journée se termine pour moi après quelques titres susurrés par Charlotte Gainsbourg que je préfererai toujours actrice que chanteuse, et la fin du match Allemagne-Uruguay. Je suis dans mon lit quand l’orage tant attendu éclate enfin.
Le soleil tape à nouveau dès le lendemain. Je jette un petit coup d’œil à Arnaud Fleurent-Didier dont la chanson nonchalante résonne au HF6 et m’ennuie très rapidement. Je lui préfère la pop efficace de Lucy Lucy suivie de celle, en français, de Jeanne Cherhal, vue seule au piano à ses débuts dans un café-concert français et qui a fait du chemin depuis : le sourire aux lèvres, elle a charmé l’auditoire les doigts dans le nez avec ses chansons à l’instrumentation très rock, se faisant prêter les tongs d’une festivalière au passage pour éviter de se brûler les pieds sur la scène incandescante (il fait toujours aussi chaud !).
Le HF6 accueille ensuite le charmeur vocal Jose James dont la sensualité fait davantage grimper la température mais qui, personnellement, me laisse de marbre.
Je m’accorde une petite pause entre Été 67 et Eiffel. Sous les yeux de Bob l’Éponge (!), ces derniers donnent le meilleur de leur rock toujours aussi passionné avant que Gaëtan Roussel ne foule la grande scène. On ne présente évidemment plus le bonhomme qui m’a agréablement surprise avec sa voix singulière et ses chansons pop pleines de vie. Mais déjà, c’est l’heure de la finale de la Coupe du monde de football. Tant mieux : cela me donne une bonne raison de rater la bande à neuneus de Nouvelle Vague. Un match ennuyeux comme la pluie qui refuse toujours de tomber sur le site des Ardentes. À la mi-temps, Heather Nova entame un concert aussi joli qu’elle, mais un peu trop “leché” à mon goût qui me renvoie devant le football sans plus attendre.
Je déserte le match toujours nul à l’heure des prolongations pour assister au phénomène Archive : inclassable et se renouvellant sans cesse, le groupe anglais revient aux Ardentes après un premier passage en 2007 et reste épatant comme au premier jour.
Je m’apprête à partir sur ce concert magique lorsque résonne déjà “This Is Not A Love Song” de P.I.L. Moi qui m’attendais à voir des vieux croûlants, c’est un Johnny Lydon en très grande forme qui foule la scène pour le dernier concert de ces Ardentes 2010.
Le déluge, quant à lui, aura patiemment attendu la fin du festival pour éclater enfin dès le lendemain, emportant avec lui les derniers vestiges de cette édition 2010.
Bravo et merci !
…et parce que je vous aime bien, voilà quelques images qui bougent de mes grands coups de cœur de ces Ardentes :
schizo part en mission
Le vendredi 26 février prochain, je co-animerai avec Brigitte Molenkamp et Jean-Grégoire Muller une rencontre autour du label Warp à La Médiathèque du Passage 44 (Bruxelles) à partir de 19h30.

Infos pratiques ici, Warp dans la nouvelle Sélec là, et en écoute par ici !
The Great Jacques
Pour la deuxième fois cette année, je vais aller traîner mes baskets, bottes et bottines à Londres. À moi les pickled eggs, le tea-time et les petits pavés glissants sous la bruine d’automne.
D’aucuns se demanderont pourquoi Diable une jeune femme apparemment saine d’esprit (encore que ce ne soit pas prouvé…) se rend dans la capitale anglaise en plein automne. Et bien, la raison est des plus simples : à la demande du très respectable Barbican Centre, plusieurs artistes rendront hommage à notre Jacques Brel national le 22 octobre prochain – parmi eux, Camille O’Sullivan, Arno, Arthur H, Momus, Diamanda Galás et cette diva de Marc Almond (ces deux derniers valant à eux seuls, je trouve, le déplacement !).
Sobrement intitulée The Songs of Jacques Brel, cette soirée promet d’être passionnante de part la variété des artistes présents : du cabaret glamour de Camille O’Sullivan à l’hystérie assumée de la Galás en passant par le romantisme lyrique de Marc Almond, nul doute que le répertoire du Grand Jacques sera revu et corrigé à toutes les sauces.
Une soirée originale et pleine de surprises qui se déplacera le lendemain au Warwick Arts Centre et clôturera en beauté mon prochain séjour sur les terres de la Queen.
En attendant, soyez sages et patients, car ce blog s’offrira lui aussi un repos bien mérité dans les jours qui viennent…
Je vais encore pleurer !
Après un premier album drum’n’bass (Fresh Produce paru en 2000 chez Ninja Tune) et de nombreuses années passées derrière les platines et aux manettes de production, l’Anglais Fink a surpris tout le monde lorsque, en 2006, il sortit (toujours sur Ninja Tune) un somptueux album de songwriting aux arrangements dignes d’un travail d’orfèvre.
Biscuits for Breakfast est une véritable claque où folk et blues râpeux de déplient avec grâce autour d’une des plus belles voix qu’il nous ait été données d’entendre ces dernières années : profonde et divinement sensuelle, cette voix un peu rocailleuse chante des textes sensibles et intelligents. Des textes dans lesquels l’interprète ne s’accorde pas systématiquement le beau rôle et se met à nu avec une sincérité désarmante.
Suivront Distance and Time l’année suivante et, au printemps dernier, Sort of Revolution, véritable bijou de finesse et de subtilité.
Fin Greenall (c’est son vrai nom) n’en a pas moins oublié ses origines et poursuit ses activités de producteur parallèlement à son occupation d’homme à la guitare. On lui doit, entre autres, le projet Sideshow, avec lequel il vient de sortir Admit One, album dub sur lequel on retrouve les voix de Cortney Tidwell, Tina Grace et Paul St. Hilaire alias Tikiman.
C’est néanmoins dans la peau de Fink, entouré des fidèles Guy Whittaker (basse) et Tim Thornton (batterie), que le musicien se produira à la Rotonde du Botanique (Bruxelles) le samedi 3 octobre prochain. Il sera la veille à l’Alhambra (Paris) – pour près de trois fois le prix que paieront les Belges (vous voilà bien punis de vous moquer de nous depuis des lustres, na !) - et partira en tournée française par la suite (lieux et dates ici).
Vu l’état dans lequel il m’avait laissé aux dernières Ardentes, j’ai intérêt à prévoir un stock de mouchoirs… et peut-être même un déambulateur ?!
Les Ardentes 2009
Petit bilan subjectif
Jeudi 9 juillet
Why? – sans hésiter ma grosse surprise de cette édition 2009 ! À (re)voir, ne serait-ce que pour le batteur-percussionniste qui semble avoir six bras…
Get Well Soon – un peu mou après la claque Why?, mais un très beau concert avec, en prime, une reprise très originale du “Born Slippy” d’Underworld.
Yo! Majesty – un quart d’heure de retard pour un quart d’heure de set qui m’a fait honte pour elles.
Alice Russell – une énergie folle et une bonne humeur communicative au service d’un white soul bien péchu. Une bonne surprise.
Cirkus – valait le détour pour le maxi t-shirt Adidas de Neneh Cherry !
Metronomy – bien rock, bien carré. Belle découverte.
Thomas Fersen – une autre excellente surprise (il portait la même robe qu’Emily Loizeau !).
Mogwai – expérience sensorielle qui m’a mise, une fois de plus, sous hypnose.
Emiliana Torrini – grosse déception : je n’aime pas ces chanteurs qui prennent des airs affectés – elle donnait carrément l’impression de faire caca (avec des hémorroïdes…) (comme j’y vais !).
Vendredi 10 juillet
Madcon – chaleureux, hyper-pro, interactif : les gars avaient le public à leur botte. Encore une excellente surprise.
!!! – concert un peu trop huilé à mon goût, mais qui a, semble-t-il, beaucoup plu aux fans.
The Glimmers present Disko Drunkards – quatre mariolles aux costumes improbables (un pyjama et trois tenues de footballeurs très seventies) pour un disco-rock entraînant et une reprise incroyable du “Physical” d’Olivia Newton-John
The Field – encore une bonne surprise : ambient pas planante du tout agrémentée de projections.
Paul Kalkbrenner – techniquement moyen aux dires de nombreux DJs, il a néanmoins foutu le feu à l’Aquarium, ce qui n’est pas chose facile !
Para One – set parfait pour se préparer mentalement et physiquement à Big Beth.
Gossip – je n’ai jamais aimé leur musique et espérais réviser mon opinion en les voyant en concert : perdu !
Miss Kittin & The Hacker – tellement de basses que la voix de la Kittin (qui n’en a déjà pas beaucoup) était littéralement engloutie. Cela dit, bon show.
Étienne De Crécy – mise en scène magistrale, voire franchement mégalo pour un set analogique aux petits oignons, gâché par un clampin qui m’a foutu son poing dans la gueule en “dansant” (faisant tomber mes lunettes par la même occasion – et sans le moindre mot d’excuses) (si tu te reconnais : t’es vraiment un gros con !).
Agoria – il me fallait bien ça après le fameux “danseur”. Agoria est vraiment le nouveau Laurent Garnier, qu’on se le dise !
Samedi 11 juillet
Dan San – premier coup de coeur de la journée. Je ne les avais jamais vus en groupe. Ils m’ont mis la larme à l’oeil !
Fink – la raison de ma présence quasi-matinale. Il a confimé tout le bien que je pense de lui (avec, en prime, un smalltalk et une photo avec son groupe à l’issue du concert).
Art Brut – ils sont complètement fous, surtout le chanteur qui n’a pas hésité à braver la foule pour nous parler de son dernier passage au musée (il avait payé 30 Euro !). So british ! So marvelous !
Yoav – il a réussi à captiver le public, seul sur la grande scène. Un véritable tour de force !
Peaches – elle remporte haut la main la palme de l’icône féministe contemporaine, loin devant Beth Ditto, n’hésitant pas à se mettre physiquement en danger ! On a trouvé une relève à Michael Jackson !
I AM X – glam, dance, rock. Efficace, comme toujours.
Tricky – ou “comment une chanteuse peut-elle rester de marbre en interprétant Black Steel ?”. Le mystère reste complet. Déçue et fatiguée, je m’en vais retrouver mon lit douillet.
Dimanche 12 juillet
Rodriguez – je ne connaissais de lui que Sugar Man via un mix de David Holmes. J’ai découvert un blues-rock très roots.
Miss Platnum – magnifique découverte ! Entourée de deux choristes et d’un orchestre incroyable, la miss a donné un show drôle et chaleureux.
Mulatu Astatke & The Heliocentrics – Dieu vivant de l’ethio-jazz, le percussionniste et son groupe ont donné un concert extraordinaire, malgré cette étrange impression d’être au festival Jazz à Liège…
Peter Bjorn And John – j’étais ravie à l’idée de les revoir, quinze jours après les avoir vus à Londres. J’ai quitté le concert un grand sourire aux lèvres !
The Subways – post-adolescents déjantés. Rock efficace, mais un peu trop de bruit à mon goût après Peter Bjorn And John.
Cold War Kids – leur pop-rock frais a fait merveille sous le soleil des Ardentes (une fois n’est pas coutume, la météo s’est mis le doigt dans l’oeil quant à ses prévisions).
Supergrass – fond sonore idéal pour dépenser mes dernier tickets boisson au bar (même pas honte d’abord !).
Pour faire court : un très bon millésime dont j’ai davantage profité que l’année dernière !
À l’année prochaine ?
Le droit de ressentir en paix
Avant toute chose, je tiens à préciser une chose : je ne fais pas partie des défenseur du volume maximum dans les concerts de rock, que du contraire – traînant un acouphène depuis l’âge de quinze ans (suite à un concert de rock, comme de bien entendu), j’ai toujours sur moi une paire de protections auditives afin de préserver le peu qui me reste de l’un de mes biens les plus précieux.
Voilà qui est dit. Passons aux choses sérieuses : j’ai eu le plaisir de revoir Mogwai hier soir, chefs de file du post-rock et du volume sonore littéralement assourdissant, dans le cadre du festival des Ardentes.

Concernant le combo écossais, je suis pourtant d’une indulgence particulière, car un concert de Mogwai est avant tout une expérience sensorielle qui met tout le corps en éveil – l’ouïe, bien sûr, mais aussi la vue force de jeux de lumières intenses et, surtout, le toucher, car les murs du son élaborés par le quintet de Glasgow sont palpables au sens propre du terme : les basses chatouillent les pieds, s’insinuant jusque dans les moindres recoins de l’anatomie, au point que même un aveugle sourd y trouverait son compte !
Cela dit, je me dois néanmoins de déplorer le manque d’information donné aux festivaliers, dont bon nombre découvrait le groupe et a dû se coucher (et se réveiller) avec de sérieux problèmes d’oreilles.
Car un show de Mogwaï est, à mon sens, peu adapté au cadre d’un festival : pour y avoir assisté en salle il y a plusieurs années, je savais à quoi m’attendre, ce qui n’était pas le cas d’une grande majorité des spectateurs (qui n’assisteraient probablement pas à un concert de Mogwai hors festival et dont une partie ne semblait d’ailleurs guère l’apprécier plus que ça). Et plutôt que de décoller des premiers rangs (tout en se serrant la tête à deux mains pour créer l’illusion qu’il ne seront pas sourds le lendemain… j’attends de voir), ils préferaient rester plantés là, sans doute pour pouvoir dire à leur potes qu’ils étaient tout devant…
Du coup, je suis allée m’asseoir sur la plateforme des chaises roulantes où j’ai pu comater en paix (oui, la musique de Mogwai me fait toujours cet effet-là). Et, finalement, j’ai passé un excellent moment !
Il n’y a rien de plus énervant pour un spectateur qui cherche à ressentir un concert que d’être entouré de gros lourds qui discutent en hurlant, renversent leur bière ou ont juste l’air de se faire chier. Je préfère encore les gens qui dansent, comme ces deux gars visiblement émechés qui dandinaient furieusement du postérieur pendant la prestation d’Alice Russell plus tôt dans la journée.
Je ne m’attends évidemment pas à ce que tout le monde soit hypnotisé comme moi (je ne le souhaite d’ailleurs à personne !), mais je commence à me dire que j’ai peut-être passé l’âge des festivals… Moi qui suis pourtant ravie d’en avoir un de qualité devant ma porte (ce qui me permet de dormir chaque soir dans mon lit douillet sans avoir à supporter les afters dans la boue et les joueurs de djembé), je suis déjà en train de me demander si j’y retournerai l’année prochaine
Car pour moi, un festival reste avant tout une formidable occasion de découvrir de nouveaux talents (premier coup de coeur de ces Ardentes 2009 : les Américains de Why?) ou d’aller voir des artistes pour lesquels je ne me serais sans doute pas déplacée exprès (je pense entre autres à Thomas Fersen – magnifique – que je voyais pour la première fois, Madcon ou Julien Doré). Mais je n’y vais ni pour boire ni pour me passer d’hygiène corporelle pendant quatre jours. Je profite bien sûr aussi du côté festif et du plaisir de partager ces moments avec des personnes que j’apprécie, mais je ne vais certainement pas aux Ardentes pour dire que j’y étais : j’y vais parce que la programmation éclectique me parle et que, accessoirement, ça se passe tout près de chez moi.
Peut-être suis-je un peu snob ou réactionnaire, je n’en sais rien.
Toujours est-il que je vais voir des concerts en salle et en festival depuis l’âge de quatorze ans et que ce n’est pas près de changer, même si, parfois, je m’attends à un peu plus de respect… et ce n’est pas très différent dans les autres domaines de la vie.


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