Posts filed under 'Le son'
Canada, mon amour
Apres les Ecossais, j’ai eu tout le loisir de me pencher sur le label canadien Arts&Crafts via “The Happiness Project” de Charles Spearin et “Eats Darkness” de Apostle of Hustle.
Cette fois encore, une petite compilation accompagne le texte, histoire de s’y plonger en immersion totale…
(ne me remerciez pas : c’est tout naturel !)
(et par pitie : laissez-moi des commentaires ! J’ai l’impression d’ecrire un blog-fantome !)
(sans accents pour cause de clavier qwerty…)
3 comments octobre 21, 2009
Les joies du playback
Récemment invité à une émission de la Rai Due, le groupe Muse (qui avait insisté pour jouer en live et a, décidément, beaucoup d’humour) s’est amusé à intervertir les rôles pour le playback de leur nouveau single. Ainsi, le chanteur-guitariste Matthew Bellamy s’est retrouvé à la batterie, laissant le micro et la basse au batteur Dominic Howard, tandis que le bassiste Christopher Wolsenholme “jouait” de la guitare et du clavier.
Iron Maiden l’avait déjà fait en 1986 à la télévision allemande :
…et d’aucuns se souviendront du playback “raté” de Michel Delpech, mimant “La Dernière Séance” d’Eddy Mitchell dans la joie et la bonne humeur (je n’ai pas retrouvé les images parce que je n’ai pas que ça à faire non plus
)…
5 comments septembre 28, 2009
77, année visionnaire
J’imagine que peu de gens me contrediront si je clâme haut et fort que 1977 fut un excellent millésime : non seulement, l’année vit naître des personnes à la beauté, à l’intelligence et au charme inégalés (modestie, quand tu nous tiens !), mais surtout, ces douze petits mois regorgent de chef d’œuvres musicaux.
Face aux Sex Pistols et à l’avènement du punk, une nouvelle vague déferle lentement mais sûrement sur l’Europe. Si l’Angleterre reste le berceau de la new wave dans l’inconscient collectif, c’est en Allemagne, et plus précisément à Berlin, que se joue l’avenir musical en cette année 1977 : neuf mois après Low, David Bowie sort “Heroes“ (toujours entre guillemets), enregistré comme son prédécésseur au désormais mythique Hansa Tonstudio – studio qui deviendra quelques années plus tard la seconde maison du label Mute puisque, de Diamanda Galás à Nick Cave and The Bad Seeds via Einstürzende Neubauten, bon nombre d’artistes sont passés par là pour offrir au label la réputation qui fut la sienne dans les années 80.
Fraichement débarqué à Berlin après avoir quitté la pissotière du monde (sic) qu’est Los Angeles à l’automne 1976, David Bowie se passionne pour le Bauhaus, le cinéma expressionniste et l’architecture mégalomaniaque d’Albert Speer. La ville l’écrase, la ville l’inspire. Sous la froideur apparente de sa pochette en noir et blanc, “Heroes“ doit énormément aux ambiances de Brian Eno, à la guitare de Robert Fripp et à la production du fidèle Tony Visconti qui confèrent à l’ensemble une richesse et une densité remarquables. Bien sûr, on est loin de l’effet de surprise de Low, mais ce deuxième volet de la trilogie berlinoise (clôturée en 1979 avec Lodger qui est, en toute honnêteté, mon préféré des trois) installe la réputation de visionnaire du Thin White Duke. Rengaines rock (Beauty and the Beast, Joe the Lion, Blackout) côtoient instrumentaux ambient (Sense of Doubt, Moss Garden et Neuköln auquel les Berlinois pardonneront l’absence du double-L dans le nom de leur quartier), tandis que le morceau-titre sera traduit en allemand avec un accent des plus étranges (et plus tard dans un français approximatif) pour l’adaptation cinématographique de Christiane F. – Wir Kinder vom Bahnhof Zoo dans laquelle Bowie apparait as himself.
Comme à son habitude, maître Bowie passe du coq à l’âne sans se soucier du qu’en-dira-t-on et offre avec cet album un opus aussi pointu que facile d’accès, éclectique et néanmoins parfaitement homogène. Aussi, je tiens à remercier blingkinglights, initiateur du David Bowie Blog Tour, qui m’a permis de m’y replonger avec plaisir puisque, ayant grandi avec le pire (bien que je garde une tendresse particulière pour Labyrinth – le film comme la b.o. – ainsi que pour le single Jump They Say qui fit étrangement écho à mon histoire personnelle au printemps 1993), j’ai bien failli passer à côté du meilleur, même si Earthling (1997) et Heathen (2002) m’avaient déjà donné l’envie de redécouvrir l’œuvre de cet artiste singulier qui aura durablement marqué son époque… et c’est pas fini !
17 comments septembre 17, 2009
I love Scotland

Je vais vous faire une confidence : je ne m’étais pas laissée prendre à ce point au petit jeu rédactionnel depuis mon article sur Underground Resistance, et suite à la proposition d’intéger à notre Sélec estivale How To Get To Heaven From Scotland d’Aidan Moffat & The Best-Ofs, je vous avoue avoir pris mon pied à défricher le terrain parfois obscur de la pop écossaise, allant d’une découverte à l’autre sur les bons conseils d’un informateur particulièrement précieux.
Pour en savoir plus, c’est par-ici. Et pour vous en mettre plein les oreilles, c’est par-là (soyez indulgents : c’est la première fois de ma vie que je fais un mix !).
Enjoy !
(et n’hésitez pas à me faire part de vos commentaires – je sais : vous êtes timides, mais je ne vais pas vous manger !) (et je sais aussi que je mixe comme un pied)
2 comments août 17, 2009
Pour le plaisir des yeux…
…et des oreilles !
(ou “Du bon usage de la loop station”, par maître Dosh)
Add comment mai 12, 2009
Wrong ?
Pour commencer, je le dirai tout de go : j’attribue d’ores et déjà à “Sounds Of The Universe” de Depeche Mode le prix de la plus laide pochette de disques 2009. Mais peu importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse, et j’avoue que dès qu’il s’agit de la bande à Martin (parce que c’est quand même lui qui continue d’écrire la majorité des titres), je perds toute mon objectivité.
Bien que Dave Gahan ait une fois de plus réussi à imposer quelques unes de ses propres chansons, celles-ci font pâle figure comparé aux textes de Gore. Parolier hors pair, véritable poète des temps modernes, il n’a pas son pareil pour trouver le mot juste et émouvoir jusqu’à la moëlle en abordant des sujets à première vue banals.
Cela dit, et malgré la grande qualité de l’ensemble, “Sounds Of The Universe” sonne un peu trop eighties à mon goût. Et on est très, très loin de la claque “Violator” et de la puissance de “Ultra”.
Question de production ? Peut-être…
Là où le groupe avait travaillé main dans la main avec Flood a.k.a. Mark Ellis (U2, Nine Inch Nails, PJ Harvey…) pour “Violator” et le génial Tim Simenon alias Bomb The Bass pour “Ultra“, il retrouve ici Ben Hillier après l’efficacité prouvée sur “Playing the Angel“.
Pourtant, ce coup-ci, j’avoue la mort dans l’âme que le résultat ne me convainc pas. Les harmonies ont beau être magistrales et les arrangements hyper bien foutus, je fais quand même une petite prière pour que Martin Gore nous concocte très vite un de ces albums de reprises dont il a le secret (car je suis plutôt Martin que Dave… ça vous étonne ?).
Il n’empêche que “Sounds Of The Universe” reste très au dessus de la grande majorité des productions musicales actuelles – n’est pas Depeche Mode qui veut !
Et puis, y’a pas à dire : ces trois mecs-là ont quand même la classe !

(par contre, le morceau caché, ils auraient pu se le garder…)
3 comments mai 4, 2009
La vengeance d’une brune
C’est le grand retour d’une adorable petite peste de 24 ans ! Une de ces chipies qu’on adore détester, à tort ou à raison… C’est qu’à force de la voir étaler sa vie privée et ses parties intimes à la Une de la presse people, certains en avaient oublié que Lily Allen est avant tout une chanteuse douée et surtout une parolière étonnante de maturité. Qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas, il faut lui reconnaître un sens inné de la mélodie, du mot qui claque… et de la propagande ! Entre ses deux albums, elle a profité de chaque occasion pour faire parler d’elle, en bien comme en mal, selon l’adage “Peu importe la façon dont on parle de moi, l’important est que l’on parle de moi !”.
Une grossesse, une fausse couche, une séparation et une multitude de phrases assassines et de soirs de débauche plus loin, Lily Allen nous revient en très grande forme avec “It’s not me, it’s you“, album truffé de perles pop dansantes à souhait et de mauvaise foi assumée en toute simplicité. Avec ses chansons entêtantes aux textes saturés de fiel, la demoiselle s’assure une place au Panthéon de la pop contemporaine, très loin devant ses pâles copies. Copies à deux balles qui maîtrisent peut-être leurs coups de pub, mais pas la qualité de leurs productions musicales.
Non, vraiment : Lily a tout d’une Grande ! À une époque où Madonna ne fait plus bander personne et où Debbie Harry n’est plus qu’un vague souvenir, il était grand temps que quelqu’un prenne place sur le trône laissé vacant. Un trône devenu terne à force d’ennui et que Miss Allen dépoussière comme bon lui semble, peut-être pas toujours avec classe, mais avec une fraîcheur qui est tout à son honneur !
7 comments avril 7, 2009
Week-end découvertes
Après plusieurs mois de torpeur et d’apathie, j’entre à nouveau dans une phase “spongieuse” – une de ces phases dans lesquelles il est bon de s’imbiber de ce qui nous entoure. Comme les arbres et les fleurs, moi aussi, je reprends vie à l’approche du printemps !
Alors, non contente d’avoir dévalisé La Médiathèque et Caroline Music, j’ai profité de quelques belles opportunités qui se sont offertes à moi en Cité Ardente :
Vendredi, le centre culturel Les Chiroux invitait l’asbl De figure et d’objets à présenter son nouveau spectacle, “Cage”, créé en collaboration avec le collectif Detruitu. Sur scène, un musicien et deux comédiens créent des atmosphères lourdes comme une chape de plomb pour rappeler au spectateur les cages dans lesquelles il vit, souvent à son insu, que ce soit au travail ou dans sa vie sociale, dans une course au rendement forcenée imposée par la société contemporaine.
Si le spectacle peut paraître brouillon à différents niveaux, j’y ai vu comme une succession de “sketches” (pas drôles du tout, ceci dit) dans lesquels j’ai pu me glisser sans trop de peine, sans doute parce que je m’y suis reconnue pour l’une ou l’autre raison.
Situé au carrefour de différentes formes d’expression artistique (théâtre, musique, arts plastiques, marionnettes et manipulation d’objets), “Cage” offre un huis clos troublant, entre rêve et cauchemar…
Samedi, je me suis rendue, pour la première fois depuis que je vis à Liège, au café Le Shamrock qui programme pourtant de nombreux concerts gratuits (et souvent de qualité). Sur l’invitation de José Parrondo, croisé la veille en face dudit café (comme quoi, le hasard fait parfois bien les choses…), j’ai assisté au concert de The Church of the Brothers of the Friends of God (!), groupe de rockabilly-surf-et-tout-des-trucs-comme-ça.
En première partie improvisée, Framboisier Mururoa a foutu le feu avec ses chansons bancales et un cran qui fait plaisir à voir. Armé d’un seul ukulélé (électrique !), le jeune homme a, en plus de ses compositions sautillantes à souhait, servi une reprise du “Hélène” de Roch Voisine avant de céder la place à Jampur Fraise, José Parrondo (qui, par ma faute, avait un noeud de cravate tout pourri
) et Hugues Picha. Une formule basse-batterie-guitare bigrement efficace pour ces relectures de musiques de film façon garage. Habillés en véritables “Brothers of the Friends of God”, les trois musiciens offrent des adaptations très libres de classiques allant de Batman à Peer Gynt en passant par la Rue Sésame sans autres artifices que quelques gimmicks bien trouvés (une vraie bouteille en guise de bottleneck, des kazoos, mais aussi une tête de cheval !).
Une soirée bon enfant dont je suis ma foi sortie bien tard, mais le sourire aux lèvres !
Pour finir en beauté ce week-end placé sous le signe de la découverte, un petit détour au Cercle des Cinés s’imposait, d’autant plus que c’est à 300 mètres de chez moi et que je participe modestement à sa programmation.
Sébastien Demeffe y présentait pour la toute première fois “Riding Along“, premier long métrage à mi-chemin entre documentaire et road-movie expérimental. Malheureusement, j’ai dû m’éclipser avant la projection… Partie remise au 2 avril au cinéma Nova à Bruxelles !
2 comments mars 16, 2009
Me, myself and I
Pour cette dernière de l’année, plutôt que de vous faire le coup des titres qui ont tourné en boucle chez moi (une lecture attentive de ce blog vous aura sans doute mis la puce à l’oreille…), je préfère répondre à l’appel d’Ada et vous sers, par ordre alphabétique de leurs interprètes, cinq chansons dans lesquelles je me reconnais + LA chanson d’amour.
Exercice trivial et pourtant bien moins aisé qu’il n’y paraît…
Fiona Apple, “Extraordinary Machine“
parce que je suis comme ça.
Depeche Mode, “Home“
parce que je reviens de loin et que j’ai été bien entourée.
Dit Terzi, “Les myosotis”
parce qu’elle a l’art de la métaphore.
The Mighty Bop feat. E.J.M., “Freestyle linguistique”
parce que je suis trilingue et que ce blog doit son nom à cette chanson.
parce que c’est bien vrai !
…et LA chanson d’amour :
(attention ! l’extrait est tiré du film “Trainspotting” et débute sur une intraveineuse en gros plan…)
parce que l’amour peut avoir différents visages et que je me suis toujours demandée pour qui il l’avait écrite.
Sans oublier toutes les chansons que j’ai écrites au fil des ans pour les uns, pour les autres et pour moi-même…
Bonne année, bonne santé, et à la semaine l’année prochaine !
2 comments décembre 29, 2008
Pour Noël : Justice pour tous !

“Rockumentaire” à mettre sur un pied d’égalité avec “Meeting people is easy” de Grant Gee consacré à Radiohead et à la tournée mondiale qui a suivi la sortie de “OK Computer”, laissant le groupe sur les rotules, “A Cross The Universe” suit Justice en tournée américaine.
Pendant vingt jours, Romain Gavras (“fils de” déja responsable du clip de “Stress“) et So-Me ont collé aux basques du duo, captant de grands moments de n’importe quoi. Au total, ce sont 200 heures de rushes qui ont été passées au crible pour n’en garder qu’une seule.
Véritable condensé de sex’n'drugs’n'electro, “A Cross The Universe” est évidemment caricatural puisque ne présentant qu’une infime partie de la réalité – tout du moins celle perçue par le caméraman. Forcément subjectif, ce film de vacances complètement débile et irrésponsable sur les États-Unis d’Amérique (dixit Romain Gavras*) n’est pas, contrairement au documentaire sur Radiohead, monté dans un ordre chronologique, et c’est peut-être bien ça qui le rend si intéressant : partant de situations tout à fait banales, il y a comme une progression dans l’horreur, montrant tout ce qu’une tournée comme celle-là peut avoir de sordide et de malsain. Entre des groupies déchaînées, un tour-manager féru d’armes à feu et un chauffeur de bus chrétien, Gaspard & Xavier se contentent de faire de la figuration de luxe, et la musique reste, finalement, à l’arrière-plan, le groupe ne voulant ni parler de musique, ni montrer [ses] concerts.
Une stratégie à la fois honnête et payante au vu du résultat porté par une incroyable galerie de portraits et un montage complètement foutraque.
Pour les oreilles, le DVD est accompagné d’un live enregistré à San Francisco.
On ne voulait pas faire un film qui parle de musique parce que ça nous faisait chier et que nous n’avons pas de légitimité pour faire ça. (…) Pour le disque, on voulait que ça soit de la musique pour la musique, parce que le côté visuel de nos live n’est pas très intéressant si tu n’es pas présent dans la salle.
Voilà en tous cas de quoi nourrir ma looongue histoire d’amour (bien antérieure à la sortie de leur premier album, mais ça, c’est une autre histoire…) avec ce groupe qui n’a, espérons-le, pas fini de faire parler de lui… en bien comme en mal.
*(toutes les citations en italique sont tirées d’entretiens avec Justice et Romain Gavras dans Trax n°119, novembre 2008).
Add comment décembre 23, 2008
