Posts filed under ‘Les coups de coeur’

Bilan 2010

Dix albums (par ordre alphabétique)

Manuel Bienvenu, Bring Me The Head Of Manuel Bienvenu

Chapter, Three

Foals, Total Life Forever

Here We Go Magic, Pigeons

iLikeTrains, He Who Saw The Deep

Nicolas Jules, Shaker

Mariahilff, Mariahilff (2009)

MGMT, Congratulations

The National, High Violet

OK Go, Of The Blue Colour Of The Sky

Syd Matters, Brotherocean

Tindersticks, Falling Down A Mountain

Wave Machines, Wave If You’re Really There (2009)

Cinq concerts (par ordre chronologique)

King Creosote @ The Slaughtered Lamb (Londres), 31 mars 2010

Je suis malheureuse si je ne vais pas à Londres au moins deux fois par an, aussi ai-je toujours un œil sur les agendas culturels et profite généralement de mon séjour sur place pour voir l’un ou l’autre artiste. King Creosote n’ayant jamais mis les pieds en Belgique, je me suis donc rendue dans le sous-sol du pub The Slaughtered Lamb pour voir le King en chair et en os : magique ! Et “Circle my demise” joué en mon honneur parce que Belgians are everywhere, and Belgians always get what they want, especially when they came all the way for one gig.

iLikeTrains @ Rock Herk (Herk-de-Stad), 17 juillet 2010

Un lundi de la fin du mois d’avril 2010 : un ami a une place en trop pour le concert d’Editors à la Rockhal luxembourgeoise. Pas fan du groupe pour deux balles (et leur concert ne me fera pas changer d’avis), je m’y rends néanmoins de bonne grâce, et là, c’est le choc : iLike Trains en première partie me fait littéralement chavirer. L’annonce de leur présence au festival gratuit Rock Herk me met dans tous mes états ; ce sera l’un des plus beaux concerts que j’ai vus cette anée !

(iLikeTrains sera au Botanique le 15 janvier : une merveilleuse façon de bien commencer l’année 2011 !)

Efterklang @ MicroFestival (Liège), 7 août 2010

Après la claque de leur “Performing Parades” l’année dernière, j’attendais beaucoup des Danois sur scène, et ma foi, je ne fus pas déçue : visiblement ravis d’être là, ils ont donné une concert absolument magique dont je ne regrette pas une seule seconde.

Chapter @ La Gougoutte à Pépé (Bruxelles), 18 septembre 2010

Au mois d’août, je reçois un mail pour me proposer de faire la première partie d’un duo suisse dont je n’avais jamais entendu parler. Après un tour sur leur MySpace, je me jette sur la date avec avidité et ne suis pas peu fière d’avoir eu l’occasion d’ouvrir cette magnifique soirée.

(Chapter revient en Belgique au printemps. Stay tuned !)

Syd Matters @ Brasserie du Sauvenière (Liège), 10 novembre 2010

Un concert d’une émotion rare qui me fera monter les larmes aux yeux à quelques reprises et résultera en une quintuple demande en mariage, rien que ça !

Seize chansons (sans ordre particulier)

…en écoute ici.

Verdict :

un excellent millésime ! Joyeux réveillon à tou/tes et bonne année 2011 !

(et l’année prochaine, le top 5 des musiciens que je ne laisserais pas dormir dans ma baignoire…)

décembre 28, 2010 at 10:21

2009 : le bilan

… en dix albums qui ont illuminé mon année (écoutez ma sélection ici) :

APOSTLE OF HUSTLE, Eats Darkness (Arts&Crafts, 2009)

BLANK DOGS, Under And Under (In the Red, 2009)

CRYSTAL STILTS, Alight of Night (Slumberland, 2008)

EFTERKLANG & The DANISH NATIONAL CHAMBER ORCHESTRA, Performing Parades (Rumraket, 2009)

Tim EXILE, Listening Tree (Warp, 2008)

FEVER RAY, Fever Ray (Rabid, 2008)

FINK, Sort of Revolution (Ninja Tune, 2009)

HANDOME FURS, Face Control (Sub Pop, 2009)

The SOUNDTRACK OF OUR LIVES, Communion (The Soundtrack of Our Lives, 2009)

Charles SPEARIN, The Happiness Project (Arts&Crafts, 2009)

L’équipe de Première Séance et moi-même prenant quelques congés bien mérités, il n’y aura pas de Petite musique de film dans les deux semaines à venir, mais je vous retrouverai dès le 4 janvier pour une nouvelle année en images et en musique.

Bonnes fêtes de fin d’année à tou/tes !

décembre 22, 2009 at 10:10 7 commentaires

Règlements de comptes en famille

Écrit et réalisé par Tamara Jenkins, The Savages est l’un des secrets les mieux gardés du cinéma indépendant américain récent. Sorti en 2007, le film met en scène Wendy et Jon, un frère et une sœur qui se retrouvent confrontés aux dures réalités de la vie à travers un père qui commence à se faire vieux et, accessoirement, à délirer complètement. À la mort de sa compagne, le vieil homme se fait éjecter comme un malpropre de ce paradis pour retraités qu’est Sun City pour être pris en charge tant bien que mal par des enfants qu’il a lâchement abandonnés vingt ans plus tôt.

Si le film peut sembler peu glamour sur le papier, cette tranche de vie pénible à première vue est rendue délicieuse par des dialogues truffés d’humour et l’usage intelligent de certains clichés démontrant à quel point les sociétés occidentales aiment à “ghettoiser” le troisième âge sous couvert de bien-être. Reliée par l’image du père, cette fratrie que tout oppose sonne d’autant plus juste que la réalisatrice a eu la brillante idée de réunir à l’écran deux des meilleurs acteurs contemporains : Laura Linney et Philip Seymour Hoffman sont parfaits en frère et sœur tentant de reconstruire entre eux et leur père un semblant d’intimité, multipliant les maladresses en voulant bien faire. Il est aussi pragmatique qu’elle est sentimentale, mais aucun des deux ne se sent vraiment à la hauteur de la situation.

Évitant le piège du drame familial larmoyant, Tamara Jenkins a signé avec The Savages un film universel et drôle qui éclaire différentes facettes de ses personnages sans pour autant tomber dans le portrait psychologique : comme Bertolt Brecht, elle privilégie la narration à l’intrigue, et ce n’est certainement pas pour rien que le personnage de Jon, professeur de philosophie, s’est spécialisé dans l’étude du dramaturge allemand.

Pour les mélomanes, il convient de mentionner la présence de Stephen Trask (Hedwig and the Angry Inch) aux commandes musicales – une présence discrète et néanmoins indispensable rehaussée par quelques emprunts chez Peggy Lee, Lotte Lenya ou The Kinks.

décembre 21, 2009 at 10:27

Toute mon enfance !

Aujourd’hui, La Rue Sésame fête ses 40 ans. Une belle occasion de revenir avec émoi sur cette émission increvable qui a accompagné toute mon enfance, au même titre que la cultissime Sendung mit der Maus !

Grande soeur du Muppet Show, la série télévisée enfantine la plus populaire au monde doit son succès à une galerie de portraits étrange et néanmoins charmante : on y retrouve ainsi Kermit la grenouille et de nombreux personnages récurrents, tels que Big Bird, Elmo, Cookie Monster, et, bien sûr, Ernie & Bert, le duo-star dont certains affirment qu’il s’agirait du premier couple homosexuel de la télévision.

Quarante ans après sa création par l’équipe de Jim Henson, La Rue Sésame n’a pas pris une ride et continue d’enchanter les petits et grands.

Et plutôt que des grands discours, voici de belles images :

Pourvu que ça dure !

novembre 10, 2009 at 11:37 8 commentaires

Je vais encore pleurer !

Après un premier album drum’n’bass (Fresh Produce paru en 2000 chez Ninja Tune) et de nombreuses années passées derrière les platines et aux manettes de production, l’Anglais Fink a surpris tout le monde lorsque, en 2006, il sortit (toujours sur Ninja Tune) un somptueux album de songwriting aux arrangements dignes d’un travail d’orfèvre.

Biscuits for Breakfast est une véritable claque où folk et blues râpeux de déplient avec grâce autour d’une des plus belles voix qu’il nous ait été données d’entendre ces dernières années : profonde et divinement sensuelle, cette voix un peu rocailleuse chante des textes sensibles et intelligents. Des textes dans lesquels l’interprète ne s’accorde pas systématiquement le beau rôle et se met à nu avec une sincérité désarmante.

Suivront Distance and Time l’année suivante et, au printemps dernier, Sort of Revolution, véritable bijou de finesse et de subtilité.

Fin Greenall (c’est son vrai nom) n’en a pas moins oublié ses origines et poursuit ses activités de producteur parallèlement à son occupation d’homme à la guitare. On lui doit, entre autres, le projet Sideshow, avec lequel il vient de sortir Admit One, album dub sur lequel on retrouve les voix de Cortney Tidwell, Tina Grace et Paul St. Hilaire alias Tikiman.

C’est néanmoins dans la peau de Fink, entouré des fidèles Guy Whittaker (basse) et Tim Thornton (batterie), que le musicien se produira à la Rotonde du Botanique (Bruxelles) le samedi 3 octobre prochain. Il sera la veille à l’Alhambra (Paris) – pour près de trois fois le prix que paieront les Belges (vous voilà bien punis de vous moquer de nous depuis des lustres, na !) - et partira en tournée française par la suite (lieux et dates ici).

Vu l’état dans lequel il m’avait laissé aux dernières Ardentes, j’ai intérêt à prévoir un stock de mouchoirs… et peut-être même un déambulateur ?!

septembre 14, 2009 at 12:30 4 commentaires

Le petit Robert

N’ayons pas peur des mots : il est l’un des meilleurs ! Qu’il joue le yuppie toxicomane (Less than zero), l’homosexuel en phase terminale du SIDA (Pour une nuit), l’éditeur déjanté (Wonder Boys), le journaliste alcoolique (Zodiac) ou simplement le super héros (Iron Man), Robert Downey Jr. bouffe littéralement l’écran à chaque apparition et n’a pourtant pas la notoriété d’un Brad Pitt ou d’un George Clooney (qui le dirigea dans Good night, and good luck). Pour une large partie de la population, il reste le petit ami d’Ally McBeal, et à tous ceux-là, j’ai envie de crier : “Vous ne savez pas ce que vous ratez” ! Quel que soit le rôle qui lui est confié, Robert Downey Jr. s’en sort toujours avec brio, même dans les pires nanars, car il fait partie de ces rares comédiens qui prennent visiblement plaisir à jouer, quel que soit le film, alimentaire ou non (et de l’alimentaire, il en fait un paquet – que l’acteur à la filmo irréprochable lui jette la première pierre !).

C’est d’autant plus épatant que Robert Downey Jr. revient de loin. Je ne reviendrai pas ici sur ses déboires avec l’alcool et autres substances (si vraiment ça vous intéresse, un tour sur Wikipedia vous en apprendra plus qu’il n’en faut), mais il aurait pu rester éternellement le fils de ce réalisateur de films underground et tomber bien plus bas qu’il ne le fit. C’est d’ailleurs dans un film de son père, Robert Downey Sr. (fallait-il le préciser ?) qu’il fit ses premiers pas dans le septième art dès l’âge de cinq ans.

Près de quarante ans plus tard, et malgré une longue traversée du désert due à ses abus passés (pour la petite histoire, bon nombre de rôles important lui filèrent sous le nez pour des questions d’assurance), il est toujours là, plus en forme que jamais. J’en veux pour preuve son extraordinaire rôle de composition dans le génial Tonnerre sous les Tropiques de Ben Stiller : son interprétation de l’acteur “méthode” qui ne quitte son personnage à aucun moment, même hors tournage, lui valut d’ailleurs d’être nommé au Golden Globe et à l’Oscar du meilleur second rôle masculin en ce début d’année – les deux distinctions revenant à titre posthume à Heath Ledger pour son Joker dans The Dark Knight.

Et pourtant, il ne l’aurait pas volé, cet Oscar : pour cette mise an abyme improbable et hilarante autour du tournage du “plus grand film de guerre de tous les temps”, Robert Downey Jr. s’est mis dans la peau d’un acteur australien blond au yeux bleus multi-oscarisé jouant un soldat… afro-américain – et en profite allègrement pour voler la vedette à ses collègues (avec néanmoins une mention spéciale à Ben Stiller et son “Simple Jack” qui est tout simplement à se pisser dessus de rire).

Un blockbuster parfait pour chatouiller ses zygomatiques en attendant la rentrée !

août 25, 2009 at 10:17

I love Scotland

Je vais vous faire une confidence : je ne m’étais pas laissée prendre à ce point au petit jeu rédactionnel depuis mon article sur Underground Resistance, et suite à la proposition d’intéger à notre Sélec estivale How To Get To Heaven From Scotland d’Aidan Moffat & The Best-Ofs, je vous avoue avoir pris mon pied à défricher le terrain parfois obscur de la pop écossaise, allant d’une découverte à l’autre sur les bons conseils d’un informateur particulièrement précieux.

Pour en savoir plus, c’est par-ici. Et pour vous en mettre plein les oreilles, c’est par- (soyez indulgents : c’est la première fois de ma vie que je fais un mix !).

Enjoy !

(et n’hésitez pas à me faire part de vos commentaires – je sais : vous êtes timides, mais je ne vais pas vous manger !) (et je sais aussi que je mixe comme un pied)

août 17, 2009 at 12:09 2 commentaires

Taxi !

Dans mon enfance, j’étais fascinée par les Wolpertinger, ces animaux imaginaires bavarois qui me narguaient chaque été, moi et mon grand verre de lait, du haut du mobilier rustique de l’une ou l’autre auberge de montagne. Ce n’est que beaucoup plus tard que je compris que ces animaux empaillés étaient l’œuvre de taxidermistes cherchant sans doute à tromper leur ennui entre deux commandes. On pourrait bien sûr discuter pendant des heures du bien fondé de la chose, il n’empêche que ces créatures me laissèrent une forte impression doublée d’un profond respect pour leurs créateurs.

Pourtant, et malgré (ou à cause de) son étrangeté, le milieu de la taxidermie est rarement représenté à l’écran, car d’aucuns le jugent malsain et de mauvais goût, alors que la médecine légiste s’offre depuis des lustres une belle part du gâteau cinématographique et télévisuel. Mais on ne badine pas avec les animaux morts ! Voilà peut-être pourquoi les taxidermistes n’ont pas la cote au cinéma. Citons en exemple le héros de “El Aura“, taxidermiste misanthrope (n’est-ce pas un pléonasme ?) échafaudant des plans de hold-up parfaits, ainsi que le bien nommé “Taxidermia“… et c’est à peu près tout.

Pourquoi refuser à la taxidermie le statut d’art à part entière ? Après tout, les “Körperwelten” de Gunther von Hagens ont connu un succès foudroyant, et les curieux se pressent au portillon des musées du monde entier pour y découvrir ossements et corps momifiés, alors que les musées d’histoire naturelle restent des havres de paix fréquentés avec parcimonie…

Il semblerait en effet que la mort des hommes fascine tandis que celle des animaux dégoûte. Sans doute que l’être humain ressent le besoin d’être rassuré au sujet de sa propre mortalité – et donc de la regarder bien en face – tout en détournant les yeux d’une réalité pourtant inéluctable : tous les animaux meurent un jour ou l’autre, et ce privilège n’est pas réservé aux seuls humains.

Du chat-chat à sa mémère dans “Mars Attacks” aux animaux plongés dans le formol par Damien Hirst via la taxidermie mécanique de Lisa Black ou les “Misfits” de Thomas Grünfeld, partiellement repris par Simian dans l’album “Chemistry is what we are” (dont la pochette et le livret font étrangement écho à ceux de “In the cold light of morning” de Dream City Film Club), la taxidermie est néanmoins présente à différents niveaux du monde artistique, à commencer par la photo. Et, comme partout, il en faut pour tous les goûts.

Or, il n’est pas politiquement correct de représenter les animaux morts (même de mort naturelle et artistiquement empaillés), le droit de mourir étant visiblement l’apanage des humains. Cela ne justifie en rien la cruauté dont font preuve bon nombre d’artistes autoproclamés, mais puisque l’animal est déjà mort de toutes façons, pourquoi ne pas lui rendre hommage en lui offrant une seconde vie au-dessus de la cheminée ? Quitte à le faire participer à d’étranges mises en scène, comme dans le livret qui accompagne les douceurs post-rock de Piano Magic sur “Low Birth Weight“, où chatons et rongeurs se retrouvent autour d’une tasse de thé ou à l’école par l’intermédiaire de l’artiste Walter Potter.

Car l’art n’est jamais qu’une question de points de vue – les goûts et les couleurs…

(et pour savoir ce que je pense du végétarisme, c’est par …)

avril 14, 2009 at 10:19 15 commentaires

Harvie Krumpet

L’arrivage dans nos services de deux DVD édités par le CNDP m’a permis de découvrir (et de visionner près d’une demie douzaine de fois en quelques jours – quand j’aime, je ne compte pas !) le remarquable court métrage “Harvie Krumpet” de l’Australien Adam Elliot.

Oscar 2004 du meilleur court métrage d’animation, ce petit film de 23 minutes met en scène la vie mouvementée d’un Polonais malchanceux narrée par un Geoffrey Rush au sommet de son art.

Ce court métrage mérite d’être regardé plusieurs fois, et le CNDP ne s’y est pas trompé : il offre en effet de nombreuses ouvertures pédagogiques sur des thèmes variés sans jamais être moralisateur.

Sa forme ludique et son second degré assumé permettent d’aborder avec beaucoup de légèreté des thématiques délicates, et j’aurais aimé voir de genre de films au cours de ma scolarité pour ouvrir un débat sur la maladie, la mort, le droit à la différence, l’immigration ou le handicap physique et mental, plutôt que des fictions politiquement correctes ou des documentaires abordant ces sujets de façon purement théorique.

Car la grande réussite de “Harvie Krumpet” est de présenter les choses tristes de la vie à travers un personnage qui semble collectionner les coups du destin sans jamais s’en plaindre. À la manière d’un Almodovar ou d’un Ken Loach, Adam Elliot met en scène un pauvre héros qui garde espoir envers et contre tout : c’est la vie, et on fait ce qu’on peut avec ce qu’on a !

Voilà sans doute la véritable morale de cette histoire : à nous de décider de ce qui est bon pour nous et d’aller de l’avant avec ce que la vie nous a donné… ou repris.

février 16, 2009 at 10:47

Pour Noël : Justice pour tous !

“Rockumentaire” à mettre sur un pied d’égalité avec “Meeting people is easy” de Grant Gee consacré à Radiohead et à la tournée mondiale qui a suivi la sortie de “OK Computer”, laissant le groupe sur les rotules, “A Cross The Universe” suit Justice en tournée américaine.

Pendant vingt jours, Romain Gavras (“fils de” déja responsable du clip de “Stress“) et So-Me ont collé aux basques du duo, captant de grands moments de n’importe quoi. Au total, ce sont 200 heures de rushes qui ont été passées au crible pour n’en garder qu’une seule.


Véritable condensé de sex’n'drugs’n'electro, “A Cross The Universe” est évidemment caricatural puisque ne présentant qu’une infime partie de la réalité – tout du moins celle perçue par le caméraman. Forcément subjectif, ce film de vacances complètement débile et irrésponsable sur les États-Unis d’Amérique (dixit Romain Gavras*) n’est pas, contrairement au documentaire sur Radiohead, monté dans un ordre chronologique, et c’est peut-être bien ça qui le rend si intéressant : partant de situations tout à fait banales, il y a comme une progression dans l’horreur, montrant tout ce qu’une tournée comme celle-là peut avoir de sordide et de malsain. Entre des groupies déchaînées, un tour-manager féru d’armes à feu et un chauffeur de bus chrétien, Gaspard & Xavier se contentent de faire de la figuration de luxe, et la musique reste, finalement, à l’arrière-plan, le groupe ne voulant ni parler de musique, ni montrer [ses] concerts.

Une stratégie à la fois honnête et payante au vu du résultat porté par une incroyable galerie de portraits et un montage complètement foutraque.


Pour les oreilles, le DVD est accompagné d’un live enregistré à San Francisco.

On ne voulait pas faire un film qui parle de musique parce que ça nous faisait chier et que nous n’avons pas de légitimité pour faire ça. (…) Pour le disque, on voulait que ça soit de la musique pour la musique, parce que le côté visuel de nos live n’est pas très intéressant si tu n’es pas présent dans la salle.


Voilà en tous cas de quoi nourrir ma looongue histoire d’amour (bien antérieure à la sortie de leur premier album, mais ça, c’est une autre histoire…) avec ce groupe qui n’a, espérons-le, pas fini de faire parler de lui… en bien comme en mal.


*(toutes les citations en italique sont tirées d’entretiens avec Justice et Romain Gavras dans Trax n°119, novembre 2008).

décembre 23, 2008 at 11:09

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