Posts filed under 'Une petite musique de film'
Une petite musique de film : Angeli Bianchi… Angeli Neri
Dimanche soir dans l’émission Première Séance,
Une petite musique de film se penchera sur

Connu pour son tube planétaire Mah nà Mah nà repris aussi bien par Benny Hill que par le Muppet Show, l’Italien Piero Umiliani était avant tout compositeur de musiques de films. D’ailleurs, son fameux tube était extrait de la bande son de Svezia, Inferno e Paradiso, faux documentaire gentiment érotique sur la Suède sorti en 1968. En 1969, Piero Umiliani retrouve le réalisteur du film, Luigi Scattini, qui travaille alors sur un documentaire intitulé Angeli Bianchi… Angeli Neri. Si ce doc de type “mondo” se penche sur le satanisme, la sorcellerie et autres pratiques ésotériques, sa bande originale ne pourrait pas être plus éloignée du sujet puisqu’il s’agit en grande partie de chansons pop qui, pour la plupart, n’ont rien à envier aux comédies musicales de l’époque.
Parmi les chanteurs, on retrouve Shirley Hammer, le Cantori Moderni di Alessandro Alessandroni, ainsi que les grandes Nora Orlandi et Edda Dell’Orso dont les vocalises épousent à merveille les orchestrations de Piero Umiliani.
Si le film est fort heureusement retombé dans l’oubli, sa bande originale reste absolument irrésistible et offre un très bel aperçu des musiques pop sixties. En une heure et vingt-trois morceaux, vous passerez de la soul aux musiques psychédéliques via quelques ballades, chants traditionnels et percussions brésiliennes. Un beau voyage en perspective !
2 comments novembre 19, 2009
Une petite musique de film : Edward aux mains d’argent
Dimanche soir dans l’émission Première Séance,
Une petite musique de film se penchera sur

Classique contemporain du cinéma fantastique, Edward aux mains d’argent reste aujourd’hui encore l’un des films les plus appréciés de Tim Burton. Depuis son premier long-métrage, Pee-Wee’s Big Adventure en 1985, le réalisateur est fidèle au compositeur Danny Elfman, musicien venu du rock qui connut ses premières heures de gloire au sein du Grand Magic Circus, puis du groupe Oingo Boingo.
Cinq ans après leur rencontre, Tim Burton offre à Danny Elfman un film à la hauteur de son talent après Beetlejuice et Batman : Edward aux mains d’argents, sorte de créature de Frankenstein des temps modernes affublée de ciseaux à la place des mains, est un conte débordant de bons sentiments pour lequel le compositeur s’est complètement lâché en écrivant une partition romantique et ludique à souhait pour chœurs et orchestre.
Partant de deux thèmes distinct, Danny Elfman a composé ici une véritable petite symphonie, laissant libre cours à son imagination. Les grandes envolées orchestrales cohabitent avec des mélodies plus simples inspirées des musiques d’Europe de l’Est et comédies musicales de Broadway, le tout saupoudré de ce qui deviendra au fil des ans la marque de fabrique du compositeur : les chœurs angéliques et percussions donnant à ses œuvres de faux airs de chants de Noël.
Devenu un compositeur incontournable, Danny Elfman avoue que Edward aux mains d’argent reste aujourd’hui encore l’une de ses musiques de film favorites, bien qu’il ait depuis eu l’occasion de travailler avec les plus grands, de Brian de Palma à Gus van Sant en passant par les séries télévisée Les Simpsons et Desperate Housewives.
Et, six ans avant Mars Attacks!, le générique de fin était déjà interprété par Tom Jones.
2 comments novembre 12, 2009
Une petite musique de film : The Buddha of Suburbia
Dimanche soir dans l’émission Première Séance,
Une petite musique de film se penchera sur

Série télévisée en quatre épisodes produite par la BBC, The Buddha of Suburbia est basé sur le premier roman de l’auteur britannique Hanif Kureishi. Publié en 1990, ce roman largement autobiographique connut un succès international et fut adapté pour le petit écran trois ans plus tard avec une bande originale composée par nul autre que David Bowie.
Bien que présenté comme une bande originale, il s’agit bien d’un 19e album studio pour David Bowie, car seul le titre d’ouverture fut repris tel qu’il apparaissait à la télévision. Tous les autres thèmes furent réarrangés, allongés et transformés en chansons, permettant au musicien de se refaire une réputation musicale : après plusieurs années de désert créatif, l’album Black Tie White Noise sorti plus tôt dans l’année 1993 laissait déjà présager un bon rétablissement. The Buddha of Suburbia confirmera cette intuition puisque Bowie s’inspire largement des années 70, où se situe l’action, et qu’il a bien connues.
Précurseur des expérimentations sonores de Outside (1995) et Earthling (1997), cet album renoue avec l’époque à laquelle Bowie travaillait main dans la main avec Brian Eno. On retrouve ici le chaos organisé du Bowie des années 70 quand – avant les faux pas artistiques des eighties – l’artiste se souciant peu de ce qu’allaient dire ou penser les gens. Entouré entre autres par le multi-instrumentiste Erdal Kizilcay et le producteur David Richards, le Bowie nouveau se préparait en cette année 1993 à affronter le 21e siècle !
7 comments novembre 5, 2009
Une petite musique de film : L’Au-Delà
Dimanche soir, à l’occasion de la fête des morts,
Une petite musique de film (Première Séance) se penchera sur

Réalisé par Lucio Fulci en 1981, L’Au-Delà est devenu un film-culte du cinéma d’horreur, et sa musique n’y est certainement pas pour rien. Fidèle collaborateur du cinéaste italien, Fabio Frizzi a composé pour ce film une partition divinement terrifiante qui n’a pas pris une ride près de 30 après.
Dans la lignée de Frayeurs, leur collaboration précédente en 1980, L’Au-Delà voit à nouveau le compositeur travailler main dans la main avec le réalisateur : mélangeant avec talent voix, instruments classiques, électro-acoustiques et synthétiseurs, Fabio Frizzi a créé des ambiances lourdes qui épousent à merveille les images de Fulci et ajoutent à l’angoisse du sujet.
Avec ses thèmes aussi entêtants qu’inquiétants, la bande originale de L’Au-Delà est un véritable monument du genre, sans lequel le film fonctionnerait sans doute moins bien. Si les scènes d’ouverture et de clôture restent esthétiquement impressionnantes, la surenchère d’effets spéciaux en milieu de récit peut parfois sembler indigeste. Heureusement, cette débauche de sang artificiel et autres prothèses est largement contrebalancée par la partition intemporelle et pourtant résolument moderne de Fabio Frizzi.
2 comments octobre 28, 2009
Une petite musique de congés
Comme je m’apprête à prendre quelques jours de congé, voici déjà le programme pour les deux semaines à venir :
Dimanche soir dans l’émission Première Séance,
Une petite musique de film se penchera sur

Après de nombreuses collaborations avec Peter Greenaway et deux incursions dans le cinéma de Patrice Leconte, le compositeur Michael Nyman rencontre Jane Campion qui lui demande en 1993 d’écrire une partition pour La Leçon de Piano.
Pour cette histoire d’une pianiste muette exilée avec sa fille dans la Nouvelle-Zélande du 19e siècle, Michael Nyman s’inspire immédiatement du récit : comme Ada ne sait pas parler, sa musique se substitue au langage. Puisant dans la tradition écossaise, le compositeur a écrit des thèmes intemporels, alternant piano solo et envolées orchestrales.
Holly Hunter étant une assez bonne pianiste, le compositeur travailla beaucoup avec elle en amont du tournage, adaptant sa partition au jeu de l’actrice. Le résultat est étonnant de justesse, et le personnage d’Ada n’en devient que plus convaincant.
Si Michael Nyman sortit bredouille des Oscars (il n’était d’ailleurs même pas nommé), sa bande originale pour La Leçon de Piano fut l’un des plus grands succès commerciaux en musiques de film, élevant le compositeur au rang d’artiste de musique dite sérieuse le mieux payé du Royaume Uni. En outre, La Leçon de Piano vaudra à sa réalisatrice la Palme d’Or à Cannes, à Holly Hunter, son interprète principale, le Prix d’interprétation ainsi que l’Oscar de la meilleure actrice et à la petite Anna Paquin l’Oscar du meilleur second rôle à onze ans seulement.
…et le dimanche 25 octobre (bon anniversaire à qui de droit !),
Une petite musique de film se penchera sur

Pour son troisième album, le groupe Pink Floyd compose sa première bande originale en 1969. Il s’agit d’une musique pour le film More de Barbet Schroeder, drame hippie qui se déroule sous le soleil d’Ibiza.
Ayant une totale liberté de composition, le groupe a écrit un véritable album, même s’il a adapté sa façon de travailler pour l’occasion : enregistré en huit jours seulement, More de Pink Floyd comprend une large variété de styles musicaux, de la ballade acoustique au hard rock en passant par l’un ou l’autre thème psychédélique.
Si la musique est totalement adaptée au propos du film, elle a pourtant posé problème au cinéaste, car elle vampirisait littéralement certaines scènes. Aussi Barbet Schroeder a-t-il dû diminuer le son dans certains passages et raccourcir quelques titres, comme Cirrus Minor et Green is the Colour.
Après avoir réussi son passage au septième art comme peu de groupe l’ont fait, Pink Floyd retrouvera Barbet Schroeder en 1972 pour Obscured By Clouds. Une deuxième bande originale certes de bonne facture, mais qui ne bénéficiera pas de l’effet de surprise de More.
3 comments octobre 15, 2009
Une petite musique de quoi ?
…et bien, ce dimanche, ce sera une petite musique de rien puisque, comme chaque année, la RTBF ouvre ses antennes à l’opération Cap48.
Rendez-vous donc la semaine prochaine pour une nouvelle Première Séance et Une petite musique de film qui se penchera sur la bande originale de The Piano (La Leçon de Piano) par Michael Nyman.
Add comment octobre 8, 2009
Une petite musique de film : The Countess
Dimanche soir dans l’émission Première Séance,
Une petite musique de film se penchera sur

Pour son troisième film en tant que réalisatrice, Julie Delpy change radicalement de registre pour se pencher sur la vie de la tristement célèbre Erzsébet Báthory, accusée d’avoir commandité l’enlèvement, la torture systématique et la mort d’une centaine de jeunes femmes. Selon la légende, la comtesse hongroise se baignait dans leur sang afin de se garantir une jeunesse éternelle et fut condamnée à être emmurée vivante dans son château où elle mourut en 1614 à l’âge de 54 ans.
Non contente de l’avoir écrit et réalisé, Julie Delpy partage également l’affiche de The Countess avec Daniel Brühl et William Hurt. L’actrice multi-casquettes a aussi composé pour son film une partition qui étonnera certainement celles et ceux qui avaient entendu la Delpy pousser la chansonnette : délaissant les mélodies pop-folk, elle offre ici un aperçu de l’étendue de son talent avec des thèmes courts et inspirés, alternant envolées de cordes et piano solo, entre classicisme et minimalisme.
Soignées mais discrètes, les vingt et une vignettes réunies sur cette bande originale ne sont pas de nature à vampiriser le récit. La composition se tient à l’arrière-plan, évitant toute surenchère, et donnent néanmoins une idée de l’ambiance générale du film.
Voilà sept ans que Julie Delpy travaillait sur le scénario de The Countess, production franco-allemande présentée à la dernière Berlinale. Plutôt que de focaliser sur les crimes d’Erzsébet Báthory, le film fait évoluer le personnage au sein d’une tragédie où il est davantage question d’obsession amoureuse que de meurtre. Partant de l’hypothèse que la comtesse fit couler le sang par amour, l’actrice-réalisatrice signe un film certes sanglant, mais avant tout dramatique, et en profite au passage pour montrer le côté éminemment obscur de la femme.
2 comments octobre 1, 2009
Une petite musique de film : Moving Soundtracks
Dimanche soir dans l’émission Première Séance,
Une petite musique de film se penchera sur

Fondés en 1980 par Michel Duval et Annick Honoré dans le but de distribuer les artistes de la Factory au Benelux, Les Disques Du Crépuscule sont devenu un label de qualité au fil des ans. Non contente d’avoir hébergé différents artistes depuis sa création, la petite maison de disques belge a également sorti plusieurs compilations de tout premier choix. Moving Soundtracks est l’un d’entre elles : une sélection de musiques de film revues et corrigées par des musiciens tels que Antena, Paul Haig ou Gabrielle Lazure qui reprend A Children’s Tale de La Nuit du Chasseur.
C’est en 1983 que Michel Duval invite quelques groupes à offrir des relectures personnelles de leurs musiques de films favorites. Le résultat ne sortira que huit ans plus tard, accueillant l’un ou l’autre titre supplémentaire, dont deux compositions signées Henry Mancini : Experiment in Terror réarrangé par La Muerte, et le morceau-titre d’Arabesque par The Wayfarers.
Cette compilation très originale offre au public un aperçu extrêmement accessible du savoir-faire d’artistes injustement méconnus. On retrouve néanmoins en ouverture Amore + Amora que le maître Ennio Morricone composa en 1978 pour le film Cosi Come Sei d’Albert Lattuada. Un autre délice de fin gourmet est l’hommage à la MGM par Be Music alias New Order. En outre, on y trouve également le duo Virginia Astley et Jean-Paul Goude sous le nom de The Dream Makers avec La Chanson d’Hélène extraite du film Les Choses de la vie de Claude Sautet.
La compilation Moving Soundtracks fut rééditée en 2008 par LTM dans une version remasterisée et augmentée de quatre titres. Toujours présente, la très étonnante version du thème de Shaft par Cabaret Voltaire continue d’aller dans les pattes. Une version dont on se lasse (presque) aussi peu que le l’original !
2 comments septembre 24, 2009
Une petite musique de film : Nora Orlandi
Hier soir dans l’émission Première Séance,
Une petite musique de film s’est penchée sur

Compilation de titres composés dans les années 70 par Nora Orlandi et Alessandro Alessandroni, Music for Strange Situations rend hommage à deux compositeurs relativement méconnus du paysage musical Italien : si le second pénétra l’inconscient collectif en tant que siffleur pour Ennio Morricone, la première reste l’un des secrets les mieux gardés de la musique de film méditerranéenne.
La chanteuse professionnelle offrit une place à Alessandro Alessandroni dans son groupe vocal Quartetto due + due. Par la suite, le compositeur multi-instrumentiste créera l’ensemble I Cantori Moderni qui lancera entre autres la carrière de la vocaliste Edda Dell’Orso. Quant à Nora Orlandi, elle poursuivra son œuvre discrètement, restant injustement dans l’ombre de compositeurs tels que Morricone, Alessandroni ou Piero Umiliani.
En 1953, elle compose sa première musique de film, pour Non vogliamo morire de Oreste Palella. Beaucoup d’autres suivront, mais elles ne représentent qu’une fraction de ses activités puisqu’elle compose également pour la radio, la télévision et donne de nombreux récitals. Elle est notamment une habituée du Festival de la chanson italienne de San Remo.
Artiste à la discographie rare, Nora Orlandi vit certaines de ses compositions associés aux travaux de son collègue Alessandro Alessandroni sur Music for Strange Situations, compilation aux ambiances soul, jazz et easy listening parfaitement irrésistibles regroupant de nombreux titres inédits.
3 comments septembre 21, 2009
Une petite musique de film : Les Beaux Gosses
Dimanche soir dans l’émission Première Séance,
Une petite musique de film se penchera sur

Comédie-surprise de l’année 2009, “Les beaux gosses” de Riad Sattouf suit Hervé et Camel, deux ados au physique ingrat qui n’ont que les filles en tête. Loin d’être potache, le premier film de l’auteur de BD est léger et intelligent, et prolonge en quelque sortes son travail entamé avec “La vie secrète des jeunes”, comic-strips publiés dans Charlie Hebdo depuis 2004.
Le cinéaste-illustrateur signe lui-même la bande originale de son premier long métrage en compagnie de Flairs. Au final, electro-rock sautillant, faux spots radio et dialogues du film cohabitent avec quelques chansons rap et rock, des “vraies” (entre guillemets), mais aussi des pastiches de tubes pour ados.
Personnage à part dans le paysage musical français et bassiste hors pair, Lionel Flairs manipule également avec brio toutes sortes de machines analogiques. Avec Riad Sattouf, il s’est donc naturellement tourné vers les vieux synthétiseurs pour composer la bande originale pour “Les beaux gosses”. L’usage des vieilles machines contrebalance le propos, résolument moderne, ajoutant à ce film qui ne manque pourtant pas de charme une touche ludique et audacieuse.
A l’écoute de ces “Beaux gosses”, on pense a d’autres bandes originales made in France, comme celle de “Steak”, où Quentin Dupieux alias Mr. Oizo s’était entouré de Sébastien Tellier et SebastiAn pour un disco-chic dansant et décalé, ou celle, plus sombre, de Para One pour “Naissance des Pieuvres” de Céline Sciamma. Ici, les ambiances passent du coq à l’âne sans aucune transition et forment malgré tout un ensemble homogène aussi original que réussi.
Add comment septembre 10, 2009
