Archive for mai, 2008

Kiné-Police

J’ai appris hier que le groupe Kinépolis s’apprête à ouvrir une chasse aux pirates. Rien à voir avec Johnny Depp et ses potes, non, non, mais avec les vilains copieurs de films.

Concrètement, tout appareil enregistreur de son et/ou d’image sera interdit dans les salles (appareil photos inclus). D’autre part, une bande annonce visant à « sensibiliser » le public sera diffusée avant chaque film. Personnellement, j’aurais plutôt tendance à croire que cette bande annonce viserait à lui faire peur, mais bon…

Jusque là, rien de bien grave, et d’ailleurs, je m’en bats l’oeil : je ne fréquente pas les salles du groupe Kinépolis. J’avoue même trouver cela assez drôle, car s’ils mettent sérieusement leur règlement en pratique, il n’y aura bientôt plus de GSM dans les salles puisqu’ils font presque tous fonction d’appareil photo et/ou d’enregistreur MP3 en plus de leur fonction initiale.

Non, ce qui me dérange, c’est l’appel à la délation qui est lancé en parallèle : un numéro de SMS invite quiconque aurait des soupçons à balancer son voisin.

Ça me fait penser à une époque pas si lointaine où de braves-gens-bien-comme-il-faut passaient pour des citoyens exemplaires s’ils dénonçaient, au choix, des juifs, des homosexuels, des handicapés, ou tout ça à la fois.

Ce qui me dérange également, c’est l’amalgame qui est fait entre « copieur » et « pirate ». Ou s’arrête la copie privée, ou commence le piratage ?

Quand on travaille à La Médiathèque, c’est une question qui revient régulièrement dans la bouche des membres et qui est d’autant plus délicate que la législation semble vague. Sans parler de « vide juridique », j’ai l’impression toutefois que les condamnations se font souvent au cas par cas, selon la gueule (ou plutôt le porte-feuilles) du client. Je ne vais pas vous donner d’exemple : la presse en est pleine.

On le sait : l’industrie du disque va mal et est suivie de près par celle du cinéma qui commence à souffrir sérieusement de la mise en ligne de films avant leur sortie en salle.

Pourtant, internet reste un fabuleux outil pour celles et ceux qui ont décidé (parfois par la force des choses) de pratiquer leur art en dehors des sentiers battus. Un outil de promotion, pour commencer, et parfois un formidable tremplin vers la gloire. De plus en plus d’artistes se font remarquer grâce à leur site, qui leur permet de faire circuler leur créations et, de fil en aiguille, de créer des liens professionnels plus ou moins solides. Plus personne n’est dupe : on ne gagne pas sa vie en vendant son art. C’est dans les chemins de traverse qu’il convient dorénavant d’évoluer si l’on veut durer. La Star Academy et autres formats préfabriqués ne sont que des feux de paille, ce qui, en soi, est rassurant. Et Pascal Nègre m’a bien fait rigoler, il y a quelques années, lorsque, au cours du sacre de Jennifer, il a déclaré (à peu de choses près) : « Et oui, c’est tout un travail d’être artiste : nos candidats ont bossé dur pendant six semaines ! ».

C’est donc tout ce qu’il faut à ses yeux pour acquérir l’assurance et la maturité nécessaires à ce métier ? Six semaines et beaucoup de fric ?

Selon un vieux proverbe allemand, le besoin rend créatif. S’entourer d’une armée de professionnels dans les meilleurs studios du monde n’a jamais rendu personne plus inspiré.

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mai 27, 2008 at 9:37 4 commentaires

Beaucoup de bruit pour rien

Pour commencer, force m’est d’avouer que je n’ai ni lu, ni vu American Psycho (voir Christian Bale en tueur psychopate serait au dessus de mes forces !).

Parce que je suis une grosse consommatrice de livres lus sur CD, je l’ai écouté, narré par le génial Moritz Bleibtreu (Lola rennt, Luna Papa, Das Experiment, etc.).

Arrivée à la fin du sixième et dernier CD, je me suis demandée « Et quoi ? C’est tout ? », cherchant désespérément une septième galette dans le boitier… Ben oui, c’était tout !

Selon moi, American Psycho est une vaste fumisterie dont la forme se rapproche davantage du rapport de police que de l’idée que je me fais de la littérature. Certes, c’est ce qu’on appelle de la littérature trash, et je sais qu’elle a le vent en poupe depuis plusieurs années. Elle a ammené à lire des individus qui ne lisaient pas ou peu, ce qui n’est pas une mauvaise chose en soi.

En ce qui me concerne, c’est un genre qui ne me séduit ni par sa forme ni par son fond (encore faut-il que j’en comprenne la forme…). Je ne dois pas être dans la cible, tout simplement ! Pas assez hype, pas assez trash.

Un peu comme les films de Gaspar Noé et de Quentin Tarantino qui, si je leur trouve de réelles qualités de cinéastes, développent des sujets qui ne me parlent pas.

Heureusement, mon travail à La Médiathèque me permet d’avoir accès à toutes sortes de choses et de faire mon propre choix. Quelqu’un qui n’a jamais mangé de fraise ne saura pas quel goût ça a. Il en va de même pour l’art sous toutes ses formes, d’autant plus que l’être humain est ainsi fait qu’il évolue au cours de sa vie et que ses goûts évoluent en même temps que lui. La connaissance de soi passe aussi par la reconnaissance de ses goûts qui, heureusement, ne sont jamais figés.

Je suis persuadée que rien n’est mieux ou moins bien qu’autre chose : c’est différent, un point c’est tout. L’important est de garder l’esprit assez ouvert pour accueillir ce qui nous entoure, quitte à le rejeter par la suite.

Et non, la curiosité n’est pas un vilain défaut !

mai 26, 2008 at 10:50 2 commentaires

Végétariens s’abstenir

C’est en pleine période psychédélique que je visionne Zombie (Dawn of the Dead), film culte de George A. Romero, au détour de l’intégrale de Goblin, signataire de la bande originale et groupe intimement lié au cinéma d’un autre maître de l’horreur : Dario Argento (le père de sa fille).

Après avoir été tolérée par mon grand frère et son meilleur ami lors de leurs longues soirées vidéo, j’avais un peu délaissé le genre au profit d’un cinéma peut-être plus « sérieux ». Mais vous connaissez le dicton : « Chassez la naturel, il revient au galop ».

Zombie, c’est… comment vous dire… 113 minutes de bonheur kitsch, avec des effets spéciaux certes évolués pour 1978, mais délicieusement désuets trente ans plus tard : on ne lésine pas sur le maquillage verdâtre, le sang rouge vermillon étonnamment épais et visqueux et les prothèses en plastique (le nec plus ultra à l’époque !).

L’histoire est basique (une femme et trois hommes se retranchent dans un centre commercial pour échapper aux odieux zombies) et truffée de petits détails qui, aujourd’hui, ne passent pourtant pas inaperçus. Je pense notamment au rôle de la femme, dont l’émancipation n’était pas gagnée : pendant que les hommes jouent aux gros bras dans les jeux d’arcade, madame se détend à la patinoire ou au rayon maquillage.

Bien qu’il s’agisse ici d’un authentique film d’horreur, on n’évite pas le politiquement correct : les méchants sont méchants, ça se lit sur leur visage, et les gentils sont gentils. Et quand nos quatre héros sont attaqués par de vilains pillards, on n’est pas mécontent de les voir s’en prendre plein la tronche (les méchants pillards, pas les gentils héros), grossiers merles qu’ils sont. Petite devinette en aparté : qui, du militaire blond aux yeux bleus, du militaire noir, de la femme enceinte (blanche) et du pilote d’hélicoptère blanc se tire d’affaire (allez, je vous donne un indice : ils sont deux) ?

En bref : Zombie a beau être simpliste et méchamment manichéen, il n’en est pas moins d’une efficacité redoutable, et bon nombre de cinéastes d’horreur contemporain feraient bien d’en prendre de la graine. Aux intrigues alambiquées, je préférerai toujours les films d’horreur faciles d’accès, car c’est au cours de soirées vidéo interminables que j’ai appris à les apprécier.

Et il n’est jamais bon de faire chauffer son cerveau quand on compte voir quatre ou cinq films d’affilée. Ainsi, une touche d’humour, même noir, est-elle toujours la bienvenue.

Pour les néophytes, voici donc mon « Top 5 » pour les nuits fantastiques à la maison :

– le classique Evil Dead, de Sam Raimi (et ses suites, avec une mention spéciale au troisième volet)

Braindead, de Peter Jackson, petite perle de mauvais goût, juste avant le chef d’œuvre Créatures célestes et bien avant Le Seigneur des Anneaux

Evil Ed, de Anders Jacobsson (Ed, monteur pour des films d’auteur suédois, devient fou lorsqu’il doit travailler pour le département « horreur »)

Shaun of the dead, d’Edgar Wright, une comédie romantique… avec des zombies

Severance, de Christopher Smith, ou « Comment faire preuve d’esprit d’équipe quand on est poursuivi par des dangereux tireurs d’élite »

J’ajouterais à cela un outsider qui, lui, fait vraiment très peur – Alien, de Ridley Scott – en évitant scrupuleusement tous les films trop sérieux et/ou réalistes.

Du gore, oui, mais pas à n’importe quel prix (celui de ma santé mentale).

mai 22, 2008 at 9:45 5 commentaires

Même pas peur !

A force d’écouter l’intégrale de Goblin depuis quelques semaines, j’ai fini par regarder Zombi (Dawn of the Dead) de George A. Romero [oui, oui : honte à moi, je ne l’avais pas encore vu !] et ne peux que me féliciter de ne pas en être restée complètement traumatisée.

Cela dit, je n’ai aucun mérite : ça a quand même fort vieilli 😉

La semaine prochaine : Russ Meyer…

 

[P.S. En faisant une recherche Google-images pour « Zombi », on trouve même une photo d’Hillary Clinton…]

mai 20, 2008 at 11:56 2 commentaires

Pauvre de moi…

…certains événements de ces derniers jours ne me permettent pas d’assister à l’un des concerts de Laurie Anderson 😦

Tant pis, je me consolerai avec sa discographie

This is a great chance for me to put together a couple of decades of my favorite stories and songs. It’s wild to see them next to each other. They tell a whole different story. (Laurie Anderson)

 

Artiste connue pour ses expérimentations sonores et visuelles, Laurie Anderson est une figure incontournable de l’art contemporain et d’avant-garde. Après des études de sculpture et d’histoire de l’art, qu’elle enseignera un temps, elle fait ses premières performances dès la fin des années 60, avec une curiosité et une ouverture d’esprit rares. Il lui faudra attendre 1981 pour sortir des milieux underground new-yorkais et être enfin connue et reconnue du grand public : son single O Superman (for Massenet) atteint alors la deuxième place des charts américains, permettant à Laurie Anderson de travailler à des projets plus ambitieux, comme sa performance de huit heures United States en 1983 (à laquelle O Superman sera intégré) ou son film Home of the Brave en 1986.

Dans la foulée, elle travaillera avec de nombreux autres artistes, tels que William Burroughs, Peter Gabriel, Philip Glass ou encore Lou Reed, son compagnon de longue date et époux depuis peu.

 

Tour à tour vocaliste, vidéaste, poète ou violoniste, Laurie Anderson s’est vite faite une réputation d’artiste éclectique, tant par ses concerts où elle combine musique et conte que par ses installations visuelles et sonores. D’ailleurs, son intérêt pour les technologiques combinées à ses aptitudes techniques et artistiques firent d’elle la première artiste en résidence à la NASA en 2003. La même année, le Musée d’art Contemporain de Lyon et le Museum Kunst Palast de Düsseldorf lui consacrent une grande rétrospective.

 

Passant des arts visuels à la musique avec évidence et naturel, c’est en tant que musicienne que Laurie Anderson revient en Europe pour explorer deux décennies de chansons et d’histoires avec une sélection intitulée Stories from the elevator, Songs and stories 08.

Mardi 20 mai à 20h, Eglise St. Paul – Jakobstrasse – 52064 Aix-la-Chapelle (Allemagne) 

Mercredi 21 mai à 21h, Open Circuit – Pand Koloniale Waren – Koningin Astridlaan 85, 3500 Hasselt

mai 15, 2008 at 3:28

100 ans, ça se fête…

Pour les 100 ans des musiques de films, La Médiathèque a mis sur pieds une grrrroooooosse playlist de 100 bandes originales (+ 10 parce qu’on aime bien). Et pour y mettre un eu de glamour, nous avons invité des personnalités à nous faire part de leurs propre « Top 10 ». C’est Monsieur Lalo Schifrin qui ouvre le bal, et ce n’est pas rien 🙂

Rendez-vous chaque mois, pendant 11 mois, pour une nouvelle sélection : la nôtre, et celle des autres.

mai 13, 2008 at 10:52 5 commentaires

Encore + de printemps

Cocusuma, We’ll never drive home backwards.

Quatrième album d’une pop légère et enjouée pour le trio parisien. La voix d’Amanda est sucrée, acidulée, la rythmique entraînante, les arrangements électro-acoustiques sont délicats. Entre ballades toutes douces et tubes pop en puissance, voilà un très bel album pour les matins paresseux et les petits déjeuners au lit !

mai 13, 2008 at 10:38

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