Végétariens s’abstenir

mai 22, 2008 at 9:45 5 commentaires

C’est en pleine période psychédélique que je visionne Zombie (Dawn of the Dead), film culte de George A. Romero, au détour de l’intégrale de Goblin, signataire de la bande originale et groupe intimement lié au cinéma d’un autre maître de l’horreur : Dario Argento (le père de sa fille).

Après avoir été tolérée par mon grand frère et son meilleur ami lors de leurs longues soirées vidéo, j’avais un peu délaissé le genre au profit d’un cinéma peut-être plus « sérieux ». Mais vous connaissez le dicton : « Chassez la naturel, il revient au galop ».

Zombie, c’est… comment vous dire… 113 minutes de bonheur kitsch, avec des effets spéciaux certes évolués pour 1978, mais délicieusement désuets trente ans plus tard : on ne lésine pas sur le maquillage verdâtre, le sang rouge vermillon étonnamment épais et visqueux et les prothèses en plastique (le nec plus ultra à l’époque !).

L’histoire est basique (une femme et trois hommes se retranchent dans un centre commercial pour échapper aux odieux zombies) et truffée de petits détails qui, aujourd’hui, ne passent pourtant pas inaperçus. Je pense notamment au rôle de la femme, dont l’émancipation n’était pas gagnée : pendant que les hommes jouent aux gros bras dans les jeux d’arcade, madame se détend à la patinoire ou au rayon maquillage.

Bien qu’il s’agisse ici d’un authentique film d’horreur, on n’évite pas le politiquement correct : les méchants sont méchants, ça se lit sur leur visage, et les gentils sont gentils. Et quand nos quatre héros sont attaqués par de vilains pillards, on n’est pas mécontent de les voir s’en prendre plein la tronche (les méchants pillards, pas les gentils héros), grossiers merles qu’ils sont. Petite devinette en aparté : qui, du militaire blond aux yeux bleus, du militaire noir, de la femme enceinte (blanche) et du pilote d’hélicoptère blanc se tire d’affaire (allez, je vous donne un indice : ils sont deux) ?

En bref : Zombie a beau être simpliste et méchamment manichéen, il n’en est pas moins d’une efficacité redoutable, et bon nombre de cinéastes d’horreur contemporain feraient bien d’en prendre de la graine. Aux intrigues alambiquées, je préférerai toujours les films d’horreur faciles d’accès, car c’est au cours de soirées vidéo interminables que j’ai appris à les apprécier.

Et il n’est jamais bon de faire chauffer son cerveau quand on compte voir quatre ou cinq films d’affilée. Ainsi, une touche d’humour, même noir, est-elle toujours la bienvenue.

Pour les néophytes, voici donc mon « Top 5 » pour les nuits fantastiques à la maison :

– le classique Evil Dead, de Sam Raimi (et ses suites, avec une mention spéciale au troisième volet)

Braindead, de Peter Jackson, petite perle de mauvais goût, juste avant le chef d’œuvre Créatures célestes et bien avant Le Seigneur des Anneaux

Evil Ed, de Anders Jacobsson (Ed, monteur pour des films d’auteur suédois, devient fou lorsqu’il doit travailler pour le département « horreur »)

Shaun of the dead, d’Edgar Wright, une comédie romantique… avec des zombies

Severance, de Christopher Smith, ou « Comment faire preuve d’esprit d’équipe quand on est poursuivi par des dangereux tireurs d’élite »

J’ajouterais à cela un outsider qui, lui, fait vraiment très peur – Alien, de Ridley Scott – en évitant scrupuleusement tous les films trop sérieux et/ou réalistes.

Du gore, oui, mais pas à n’importe quel prix (celui de ma santé mentale).

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Même pas peur ! Beaucoup de bruit pour rien

5 commentaires

  • 1. gLgL  |  mai 22, 2008 à 11:02

    « politiquement correct » !!!?!!?
    [je m’étouffe]

    Pour moi, George A. Romero est un des plus grands cinéastes politiques encore en activité aujourd’hui. Justement parce quil arrive à faire passer dans des films que tu qualifies de « simpliste[s] » – moi, je dirais: « simples » ou « directs » – des métaphores sociales fortes et radicales. pour moi, « Land of the Dead », son avant-dernier volet à ce jour de la série « Zombie » est le film le plus convaincant que j’ai vu à ce jour (mais je suis loin de les avoir tous vus) sur la paranoïa sécuritaire de l’Amérique d’après le 11 septembre…

    Et pour revenir à « Dawn of the Dead » [Zombie, 1978], situer son action dans un Centre commercial (‘shopping mall’) au milieu des fontaines automatiques et des palmiers artificiels en assimilant ‘zombification’ et consommation, ce n’est quand même pas anodin!
    (ni politiquement correct)

    Un livre vient de sortir sur le sujet… Peut-être devrions-nous (toi et moi) le lire!
    – collectif [ss. la dir. de J-B. Thoret]: « politique des zombies. L’Amérique selon George A. Romero » (édition Ellipses, 2007)
    >> http://www.editions-ellipses.fr/fiche_detaille.asp?identite=6168

    Si je me l’achète, je te le prèterai…

    à+

    gLgL

  • 2. Mademoiselle Catherine  |  mai 22, 2008 à 11:32

    Avec plaisir 🙂

    Cela dit, je tiens à préciser que je donne ici mon avis au sujet d’un film que je découvre, c-à-d que je n’ai vraiment pas cherché à situer quoi que ce soit dans son contexte.
    Bien sûr, j’ai compris la critique vis-à-vis de la société de consommation, etc. Les métaphores sont hyper fortes et bien pensées, mais (comme je le signale d’ailleurs dans mon texte) je ne regarde pas des films d’horreur pour réfléchir 😉

    Superficielle, moi ? Nooooooonnnn !!!

  • 3. Ada  |  mai 22, 2008 à 1:13

    D’accord avec toi Catherine, je ne regarde pas non plus des films d’horreur pour réfléchir 🙂 !
    Depuis 2/3 ans, le 31 octobre (date fatidique), on loue avec des amis le film d’horreur le plus « nul » (enfin, on essaye :-)). On mange un truc sympa et puis on se met devant la télé et soit on a « peur », soit on rigole…soit on se dit « Dieu que c’est naze » 🙂

    « Shaun of the Dead » est vraiment excellent. Je l’ai vu 3 fois. La première fois, j’étais entrain de repasser (les films ca motive pour le repassage)et puis, j’ai mis ce film qui passait à la télé, sans conviction…y avait rien d’autre. Et puis, je tombe sur le passage où une dame s’écroule sur un piquet de parasol…j’ai éclaté de rire :-). Et puis, j’ai regardé plus attentivement. A voir absolument!

    « Evil dead », grand classique aussi qui m’a fait bien peur qd je l’ai vu pour la première fois, à 15 ans chez des amis. Sur le retour à la maison, je devais passer près d’un petit bois…j’en menais pas large :-).

    Hormis Alien, les autres, je ne les ai pas vus….à voir donc :)-

  • 4. Fred  |  juin 12, 2008 à 10:36

    Dison que si tu trouves Zombie trop gentil et positif, tu peux regarder la version de Argento qui bénéficie d’un découpage moins américain et un rythme différent.
    Sinon il faut voir aussi le premier, en N/B, petit budget, un régal.

    Evil Dead, un classique mais je préfère le II, au sommet de la ringardise hilarante et le III, qui a des allures de gros budgets à côté des deux autres (toutes proportions gardées quand même)

    Alien où l’exploitation du milieu fermé. Là aussi un classique stylistique

    Il manque quand même Massacre à la tronçonneuse dans ta liste.

    Severance est bien aussi. Dans les récents pas très rassurants, on peut mettre aussi « ils » .Pas un chef d’oeuvre mais une bonne réussite qui a bien recyclé différents mécanismes. Wolf Creek n’est pas mal non plus.

    Peut-être un peu plus masculin aux premiers abords, Dog Soldiers qui utilise un autre monstre classique que les zombies

    Braindead, un must. Shaun Of The Dead excellent, un peu d’humour anglais en prime.

    Evil Ed par contre, ça ne me dit rien. Je vais essayer de checker ça !

  • 5. Mademoiselle Catherine  |  juin 16, 2008 à 4:16

    Et hop ! Ajoutés à ma liste !
    Merci Fred 🙂


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