Flashback

juillet 3, 2008 at 12:26

L’autre jour, je farfouillais dans mes archives (oui, je tiens à préciser que je suis une fille très organisée qui a des « archives »), et v’là-t-y pas que je retombe sur mon travail de fin d’études en communication. C’était en 2001, et pour ma soutenance de « Culture professionnelle », j’avais choisi des sujets bien originaux comparé à ceux de mes camarades de classe. Point fort : le secteur culturel (fallait-il le préciser ?).

Mon TFE comprend, en vrac, des dossiers sur le plan de communication du film Le Projet Blair Witch, le boom du sponsoring culturel en Allemagne, mais aussi un dossier qui a plus particulièrement attiré mon attention : partant d’un article de Laure Narlian publié le 6 octobre 1999 dans Les Inrockuptibles, je m’étais alors penchée sur les débuts du phénomène « MP3 » et ne résiste pas à la tentation de retranscrire ici mon texte d’étudiante de 23 ans.

 

MP3, ami public ?

 

Le groupe de rap américain Public Enemy diffuse le premier album MP3, format de compression du son sans perte de qualité, via internet.

En quoi le format MP3 peut-il être un réel outil de communication ?

 

Octobre 1999 : Public Enemy, groupe phare du rap américain, est le premier groupe à commercialiser un album en format MP3 sur internet avant sa sortie officielle en magasin (décembre 1999).

L’industrie du disque est inquiète : il est possible de télécharger à moindre frais tout son disponible sur le net. Mais selon Chuck D, chanteur de Public Enemy, le risque de piratage n’est pas plus grand qu’avec les supports traditionnels (CD, cassette, …).

 

En quoi ce format peut-il être un outil de communication ?

1. Il permet aux artistes d’exister au delà du circuit traditionnel par le biais de leurs sites internet et d’être artistiquement plus libres.

2. Les artistes ayant du mal à décrocher un contrat peuvent se faire connaître via internet, outil accessible à un public très large.

3. Les labels en ligne se font connaître et bénéficient en plus de frais de diffusion très limités (ni stocks, ni transport).

 

Grands gagnants de cette révolution : les consommateurs qui peuvent surfer de site en site pour écouter, voir et enregistrer les opus de leurs artistes favoris à un prix ridicule, malgré des services de moins en moins gratuits entre les mains des multinationales.

 

De nombreux artistes ont lancé leur site sur internet. Public Enemy ont été les premiers à commercialiser un album entier sous format MP3 avant sa sortie officielle. Parmi les autres artistes en ligne, on peut citer David Bowie, pionnier du web musical, dont le site, qui a remporté de nombreux prix, gère également un fournisseur d’accès (Bowienet).

 

Si les majors sont encore vigilantes face à la « révolution MP3 », elles contre-attaquent de plus en plus souvent à grands coups de procès, rachats de sites et autres « arrangements ». Mais les artistes sont sur le pied de guerre : David Bowie n’a demandé aucune autorisation à sa maison de disques, Virgin, pour la diffusion de ses titres sur le web, et Radiohead vont carrément se mettre à leur compte sur internet un fois que leur contrat avec EMI aura touché à sa fin.

La révolution est en marche !

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En relisant ce texte de 2001, je me rends compte que les choses n’ont que peu évolué depuis : les majors font toujours la guerre au téléchargement gratuit, mais des sites comme MySpace permettent aux artistes, quels qu’ils soient, de mettre leurs titres à disposition du public.

Et Radiohead, faut-il le rappeler, s’est bel et bien mis à son compte…

Tant pis pour Lily Allen ! 😉

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