Archive for septembre, 2008

Quand tu veux, coco !

Il fallait l’oser, le Norvégien l’a fait :

Manuel Göttsching + Jean-Michel Jarre + Toto = Lindstrøm.

Trois looOOoongues plages (28 minutes 58, 10 minutes 11 et 15 minutes 58) hypnotiques et dansantes à souhait offrent à l’auditeur une nouvelle approche de la musique électronique sous forme de voyage cosmique.

Prenez trente ans de culture musicale, quelques machines, un peu de patience et un superbe livret réalisé par Kim Hiorthøy (Hans-Peter Lindstrøm n’étant pas mal non plus…), vous obtiendrez “Where You Go I Go Too”, sorte de “E2-E4” des temps modernes à écouter en boucle pour prolonger l’instant norvégien.

Aérien !

Mon disque de l’hiver ?

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septembre 27, 2008 at 3:49 2 commentaires

Une petite musique de film : Dr. No

Dimanche soir dans l’émission Première Séance,

Une petite musique de film se penchera sur

Pour ces premières aventures de James Bond sur le grand écran, la Metro-Goldwyn-Mayer a offert aux personnages de Ian Fleming un casting, un décor et une musique de rêve : Sean Connery et Ursula Andress évoluent en Jamaïque sur une partition signée Monty Norman. L’anglais n’en était pas à son coup d’essai puisqu’il avait alors composé plusieurs comédies musicales, ainsi que la bande originale de The two faces of DrJeckyll produit par la Hammer.

Pour cet autre Docteur, Monty Norman s’associe à l’ambitieux et prometteur John Barry, dont le rôle consiste à arranger et orchestrer certaines parties de la bande-son. Le jeune anglais ne sera jamais crédité au générique de ce film, mais reprendra le flambeau dès le James Bond suivant, From Russia with love (1963), et en restera le compositeur attitré pour les 25 années à venir.

Malgré un contentieux qui l’oppose encore aujourd’hui à Monty Norman concernant la paternité du fameux James Bond Theme, John Barry restera le compositeur mythique de la série des James Bond. Tout comme Sean Connery et Ursula Andress, le nom de John Barry reste intimement lié à celui de l’agent secret le plus célèbre et le plus glamour de tous les temps.

septembre 26, 2008 at 11:20

La solitude du percussionniste

Une chose que j’adore, quand j’assiste à un concert de musique classique, c’est observer les percussionnistes. Et hier soir, l’Orchestre Philharmonique de Liège a fait très, très fort en programmant La Mer de Claude Debussy et la Cinquième Symphonie de Beethoven pour l’ouverture de la saison 2008-2009.

Sous la baguette de l’énergique Pascal Rophé, l’orchestre a offert une mise en bouche particulièrement savoureuse, et les quatre garçons du fond n’étaient pas en reste pour interprêter la pièce maritime de Debussy puisqu’ils n’ont quasiment pas quitté leurs instruments.

Je maîtrise hélas trop peu le vocabulaire « classique » pour donner des détails ; j’ai néanmoins eu le sourire aux lèvres durant tout le concert à les voir manier cymbales, timbales, grosse caisse, gong et glockenspiel avec dextérité et concentration.

Rien à voir avec ces œuvres dans lesquelles le percussionniste est laissé à son triste sort pendant de trèèès longues minutes à peine rehaussées d’un petit coup de triangle de temps en temps. Et sans faire de la concurrence à Wagner, Debussy a composé avec La Mer trois esquisses symphoniques à la fois fines et rythmées passant d’une houle légère au déchaînement total des éléments.

Une très belle pièce interprêtée d’une main de maître par l’OPL, qui n’en était pas à son coup d’essai puisque La Mer fait depuis longtemps partie de son répertoire.

Pour la Cinquième de Beethoven, trois des gars du fond ont disparu pour céder la place aux envolées de cordes frénétiques. Ce sont elles qui donnent le ton, et la rythmique adoptée par l’orchestre rappelle à mon bon souvenir la version disco, presque funky, que Walter Murphy en fit en 1976 (mais si, souvenez-vous : « Saturday Night Fever« , John Travolta, tout ça…).

Il n’y avait qu’un sourd pour écrire un machin pareil !

Pour les curieux, l’orchestre remet ça ce soir à la Salle Philharmonique de Liège et demain au Palais des Beaux-Arts bruxellois.

Pour les autres, il reste « Saturday Night Fever« … mais ce n’est quand même pas la même chose !

Et, au passage, merci à Laurent pour les places 🙂

septembre 26, 2008 at 9:23 2 commentaires

Tube de l’automne !

Voilà un album qui revient de loin !

Enseveli depuis plus d’un an sous une pile de CDs à traiter (oui : on n’en a pas l’air, comme ça, mais il nous arrive d’avoir beaucoup de travail !), l’album éponyme de Datarock fut sauvé de l’oubli grâce à un morceau entendu au cours d’un blind-test : « Computer Camp Love » m’a charmé non seulement par sa fausse naïveté et son texte irrésistiblement drôle, mais aussi et surtout parce que je sentais instinctivement que ce duo venu de Bergen (comme tout musicien norvégien qui se respecte) avait plus d’un tour dans son sac.

Une fois n’est pas coutume, mon intuition s’est avérée juste lorsque notre gentil conseiller d’achat remit la main sur cet album à ma demande, après des fouilles quasi-archéologiques (merci Alain !).

C’est que ces mecs-là nous refont le coup de la madeleine de Proust avec toute une tripotée d’influences palpables, allant du disco au punk via la new wave, les films de science fiction, les guitares électriques et orgues offerts par Saint-Nicolas en 1987 et les jeux vidéo, de l’âge d’or d’Atari à nos jours.

Au détour de leurs courtes chansons, c’est toute une époque qui renaît de ses cendres, sans pour autant que cet assemblage ne sente l’opportunisme à plein nez.

À Liège, on appellerait ça une bonne « macocoille » : un mélange qui semble improbable au premier abord, mais s’avère absolument délicieux une fois effectué, qu’il s’agisse de la mayonnaise qui déborde dans la sauce lapin du boulet-frites ou, comme ici, de la mélodie de « Rencontres du troisième type », de pans entiers du texte de « Summer Nights » de « Grease » et de réminiscences de « La croisière s’amuse » emboîtés grossièrement façon Meccano.

Prenez The Human League (« I used to dance with my daddy »), The Cure (la section rythmique so close to me de « Princess » et « See what I care »), Joy Division et Talking Heads pour l’énergie brute, un peu d’easy listening pour les vocalises de crooner (« Gaburo Girl », « I will always remember you ») et LCD Soundsystem pour les dérapages contrôlés, vous aurez Datarock ! Les jeux de mots au raz des pâquerettes (« You are a princess – You got the ass of a prince – You got a prince of an ass ») côtoient d’authentiques déclarations d’amour (« Laurie » pour Anderson, « The most beautiful Girl ») de même que quelques bombes en puissance (le funky « Fa-Fa-Fa », le métalleux « The New Song », l’explicite « Sex Me Up »).

Un ensemble qui ne manque jamais de charme ni d’élégance puisque la dérision est toujours associée à un solide sens de la mélodie.

Clins d’œil et références fusent, le second degré n’est jamais loin, et les guitares se marient avec naturel aux éléments électroniques. Le nom du groupe résume, finalement, bien sa musique.

L’écoute de Datarock a méchamment fait frétiller mes zygomatiques et mes petons encore douloureux d’avoir trop dansé sur « Dystopia » des Midnight Juggernauts.

Ce n’est pas encore maintenant qu’ils auront la paix puisque je viens, avec cet album, de trouver le fond sonore de mon automne !

Et tant pis pour le dernier Portishead

« BMX is better than sex ! »

septembre 24, 2008 at 10:22

Plus que 5 fois dormir

Dure sera l’attente

(d’autant plus que je n’ai même pas la b.o. pour patienter !!! 😦 )

septembre 23, 2008 at 11:10 2 commentaires

Jodels contemporains

Avant tout, je tiens à préciser une chose qui a son importance : mes parents sont tombés amoureux de l’Autriche alors que j’étais une toute petite fille, et jusqu’à l’acquisition de ma première chaîne stéréo vers l’âge de 11 ans, la seule musique qui eut droit de cité dans notre foyer était celle provenant d’hommes jodelant dans leur patois et leurs culottes en cuir, accordéons et clarinettes à la main.

Autant vous dire que ces premières expériences musicales m’ont profondément traumatisées, au même titre que « L’incroyable Hulk » et le clip de « Thriller ». Si j’ai fini par exorciser mes peurs quant aux deux derniers, la musique traditionnelle autrichienne restait l’une des façons les plus efficaces de me torturer… jusqu’à ce que j’accompagne ma mère au concert que Hubert von Goisern a donné à Liège le 8 août dernier.

N’étant pas en situation de refuser l’invitation (le concert était gratuit et à deux pas de chez moi, et ça faisait longtemps que je n’avais pas passé une soirée avec ma mère, relation haine/amour entre mère et fille oblige), j’ai traîné mes pieds de plomb jusqu’à la péniche (le cargo, devrais-je dire) de l’artiste puisque, immense vedette dans son pays d’origine, il a été choisi par la ville de Linz pour la représenter en amont des festivités de la Ville culturelle européenne 2009.

Partie de Vienne en mai 2007, cette tournée vogue depuis sur les fleuves et rivières d’Europe, de la Mer Noire à la Mer du Nord, offrant au musicien et à ses camarades de jeu une infrastructure impressionnante et au public local de découvrir la face cachée d’une musique peu connue (et dans mon cas peu appréciée).

Moi qui m’attendais à bailler aux corneilles dès les premières notes, je me suis surprise à frétiller de la tête, à taper du pied, puis des mains pour finalement quitter ce concert le sourire aux lèvres.

Comme Ovidie m’a réconciliée avec le féminisme, Hubert von Goisern m’a réconcilié avec une musique qui me sortait par les trous de nez : réinventant carrément le genre, il plonge les traditionnels jodels, patois et accordéons au beau milieu d’une section basse-batterie-guitare tantôt blues, tantôt quasiment punk, sa voix puissante et roccailleuse, plus proche de Screamin’ Jay Hawkins que du générique de « Heidi », achevant d’enfoncer le clou. Autour de lui, huit musicien/nes en âge d’être ses enfants ou presque s’en donnent à coeur joie, avec une mention spéciale à la sautillante Maria Moling, choriste-percussionniste dont les jodels extraordinaires m’ont littéralement donnés la chair de poule (à MOI ! qui pourtant détestait ça).

À cela s’ajoute le fait que, loin d’être bête, Hubert von Goisern a ponctué son concert d’interventions bien senties, à la fois drôles et profondes, au sujet des différences culturelles, économiques et sociales au sein de notre grande Europe puisqu’il aura eu, en presque deux ans de tournée fluviale, l’occasion de rencontrer bon nombre de personnes aux quatre coins de l’Union.

Alors oui, il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, et tout comme qu’il me semble bête et méchant de dire « Je n’aime pas la musique électronique » (puisque le pluriel s’impose), je ne dirai plus jamais de mal de la musique (des musiques) autrichienne(s) !

Emettre ce type d’opinion, ma foi un peu radicale, revient à dire « Je n’aime pas les vêtements en coton » : on oublie qu’il y a toutes sortes de textures, de formes et de couleurs.

Jeff Mills n’est pas DJ Tiësto, et Hubert von Goisern n’est pas les Zillertaler Schürzenjäger.

Alors : me mettre au jodel ? Pourquoi pas… Et puis, ça fera plaisir à maman (et à Sunalee 🙂 ) !

septembre 22, 2008 at 11:00 3 commentaires

Une petite musique de film : Fight Club

Dimanche soir dans l’émission Première Séance,

Une petite musique de film se penchera sur

Après le succès de « Se7en« , David Fincher refait appel à Brad Pitt en 1999. Ed Norton lui donnera la réplique dans cette adaptation du roman de Chuck Palahniuk, et les Dust Brothers en signeront la bande originale.

Connus pour leurs collaborations avec Beck, les Beastie Boys ou encore les Rolling Stones, les Dust Brothers se sont amusés ici à brouiller les pistes, passant sans aucune transition de rythmes frénétiques à des mélodies « pouêt-pouêt ». Dopée, comme le film, à l’adrénaline et à la testostérone, la musique de « Fight Club » sent bon le sang, la sueur et le sexe.

Bien au delà du simple film de baston, « Fight Club » offre une critique acerbe de la société de consommation. De club de boxe clandestin, le « Fight Club » se transforme peu à peu en milice d’extrême-gauche sur les bons conseils de Tyler Durden, qui a quelque chose de Keyser Söze. Comme l’éminence grise de « Usual Suspects », Durden est supérieurement intelligent, mais il est surtout complètement fou (ou tellement sain d’esprit qu’il passe pour tel, allez savoir…).

Dépassant de loin son statut de blockbuster américain, « Fight Club » a l’audace de montrer la violence la plus crue tout en dénonçant notre système.

This is your life, and it’s ending one minute at a time !

septembre 18, 2008 at 11:39

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