Tube de l’automne !

septembre 24, 2008 at 10:22

Voilà un album qui revient de loin !

Enseveli depuis plus d’un an sous une pile de CDs à traiter (oui : on n’en a pas l’air, comme ça, mais il nous arrive d’avoir beaucoup de travail !), l’album éponyme de Datarock fut sauvé de l’oubli grâce à un morceau entendu au cours d’un blind-test : « Computer Camp Love » m’a charmé non seulement par sa fausse naïveté et son texte irrésistiblement drôle, mais aussi et surtout parce que je sentais instinctivement que ce duo venu de Bergen (comme tout musicien norvégien qui se respecte) avait plus d’un tour dans son sac.

Une fois n’est pas coutume, mon intuition s’est avérée juste lorsque notre gentil conseiller d’achat remit la main sur cet album à ma demande, après des fouilles quasi-archéologiques (merci Alain !).

C’est que ces mecs-là nous refont le coup de la madeleine de Proust avec toute une tripotée d’influences palpables, allant du disco au punk via la new wave, les films de science fiction, les guitares électriques et orgues offerts par Saint-Nicolas en 1987 et les jeux vidéo, de l’âge d’or d’Atari à nos jours.

Au détour de leurs courtes chansons, c’est toute une époque qui renaît de ses cendres, sans pour autant que cet assemblage ne sente l’opportunisme à plein nez.

À Liège, on appellerait ça une bonne « macocoille » : un mélange qui semble improbable au premier abord, mais s’avère absolument délicieux une fois effectué, qu’il s’agisse de la mayonnaise qui déborde dans la sauce lapin du boulet-frites ou, comme ici, de la mélodie de « Rencontres du troisième type », de pans entiers du texte de « Summer Nights » de « Grease » et de réminiscences de « La croisière s’amuse » emboîtés grossièrement façon Meccano.

Prenez The Human League (« I used to dance with my daddy »), The Cure (la section rythmique so close to me de « Princess » et « See what I care »), Joy Division et Talking Heads pour l’énergie brute, un peu d’easy listening pour les vocalises de crooner (« Gaburo Girl », « I will always remember you ») et LCD Soundsystem pour les dérapages contrôlés, vous aurez Datarock ! Les jeux de mots au raz des pâquerettes (« You are a princess – You got the ass of a prince – You got a prince of an ass ») côtoient d’authentiques déclarations d’amour (« Laurie » pour Anderson, « The most beautiful Girl ») de même que quelques bombes en puissance (le funky « Fa-Fa-Fa », le métalleux « The New Song », l’explicite « Sex Me Up »).

Un ensemble qui ne manque jamais de charme ni d’élégance puisque la dérision est toujours associée à un solide sens de la mélodie.

Clins d’œil et références fusent, le second degré n’est jamais loin, et les guitares se marient avec naturel aux éléments électroniques. Le nom du groupe résume, finalement, bien sa musique.

L’écoute de Datarock a méchamment fait frétiller mes zygomatiques et mes petons encore douloureux d’avoir trop dansé sur « Dystopia » des Midnight Juggernauts.

Ce n’est pas encore maintenant qu’ils auront la paix puisque je viens, avec cet album, de trouver le fond sonore de mon automne !

Et tant pis pour le dernier Portishead

« BMX is better than sex ! »

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