La solitude du percussionniste

septembre 26, 2008 at 9:23 2 commentaires

Une chose que j’adore, quand j’assiste à un concert de musique classique, c’est observer les percussionnistes. Et hier soir, l’Orchestre Philharmonique de Liège a fait très, très fort en programmant La Mer de Claude Debussy et la Cinquième Symphonie de Beethoven pour l’ouverture de la saison 2008-2009.

Sous la baguette de l’énergique Pascal Rophé, l’orchestre a offert une mise en bouche particulièrement savoureuse, et les quatre garçons du fond n’étaient pas en reste pour interprêter la pièce maritime de Debussy puisqu’ils n’ont quasiment pas quitté leurs instruments.

Je maîtrise hélas trop peu le vocabulaire « classique » pour donner des détails ; j’ai néanmoins eu le sourire aux lèvres durant tout le concert à les voir manier cymbales, timbales, grosse caisse, gong et glockenspiel avec dextérité et concentration.

Rien à voir avec ces œuvres dans lesquelles le percussionniste est laissé à son triste sort pendant de trèèès longues minutes à peine rehaussées d’un petit coup de triangle de temps en temps. Et sans faire de la concurrence à Wagner, Debussy a composé avec La Mer trois esquisses symphoniques à la fois fines et rythmées passant d’une houle légère au déchaînement total des éléments.

Une très belle pièce interprêtée d’une main de maître par l’OPL, qui n’en était pas à son coup d’essai puisque La Mer fait depuis longtemps partie de son répertoire.

Pour la Cinquième de Beethoven, trois des gars du fond ont disparu pour céder la place aux envolées de cordes frénétiques. Ce sont elles qui donnent le ton, et la rythmique adoptée par l’orchestre rappelle à mon bon souvenir la version disco, presque funky, que Walter Murphy en fit en 1976 (mais si, souvenez-vous : « Saturday Night Fever« , John Travolta, tout ça…).

Il n’y avait qu’un sourd pour écrire un machin pareil !

Pour les curieux, l’orchestre remet ça ce soir à la Salle Philharmonique de Liège et demain au Palais des Beaux-Arts bruxellois.

Pour les autres, il reste « Saturday Night Fever« … mais ce n’est quand même pas la même chose !

Et, au passage, merci à Laurent pour les places 🙂

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Tube de l’automne ! Une petite musique de film : Dr. No

2 commentaires

  • 1. globeglauber  |  septembre 28, 2008 à 5:29

    tiens, je te découvre un nouveau centre d’intérêt et en profite pour te conseiller un film:

    IL ETAIT UN MERLE CHANTEUR
    d’Otar Iosseliani, Géorgie 1970

    Un jeune percussioniste de l’Orchestre de Tbilissi qui ne doit jouer qu’au début et à la toute fin d’une partition en profite régulièrement pour s’éclipser et sortir draguouiller en ville avant de se re-précipiter tapoter ses quelques derniers coups de baguette sur les peaux de ses grosses caisses…

    ((c’est en tout cas le souvenir que j’ai de ce film – je n’ai pas vérifié))

  • 2. Mademoiselle Catherine  |  septembre 29, 2008 à 9:26

    J’en prends bonne note. Merci 🙂

    Ce que je préfère, c’est l’élan qu’ils prennent avant leur coups de cymbales et le « tididididididididi » frénétique du triangle quand on ne s’y attend pas.
    Je me suis toujours demandé ce qui se passe dans leur tête entre deux interventions. Probablement qu’ils suivent la partition… Je me demande aussi s’ils ont une montée d’adrénaline au moment de prendre leur instrument ?


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