Archive for octobre, 2008

Une petite musique de film : Rivers and Tides

Dimanche soir dans l’émission Première Séance,

Une petite musique de film se penchera sur

Depuis les années 70, le Britannique Andy Goldsworthy réalise des oeuvres d’art éphémères au coeur de la nature. Sculptures de bois, de glace, de pierres, l’artiste crée un art vivant et profondément respectueux de la Terre.

Dans son documentaire « Rivers and Tides » (2003), le réalisateur Thomas Riedelsheimer rend hommage à ce grand nom du Land Art, le suivant lors de l’exécution de ses travaux un peu partout dans le monde.

Musicalement, les superbes images sont soutenues pas les compositions douces et discrètes de Fred Frith. Entouré de trois musiciens, il n’hésite pas à puiser dans les prises de son du film, créant pour « Rivers and Tides » une pièce de toute beauté, aérienne et organique, sorte de Land Art acoustique.

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octobre 24, 2008 at 12:28 2 commentaires

Guérilla urbaine

En vue de la prochaine Sélec, je me suis plongée corps et âme dans la constellation U.R., pour ce qui est en passe de devenir, me semble-t-il, le travail de toute une vie.

Merci à Yves pour ses fabuleux coups de gueule.

Merci aussi – et surtout – à Jerohm pour ses précieux conseils…

et pour avoir allumé cette petite lumière qui n’est pas prête de s’éteindre.

Verdict dès le 15 décembre (et sans doutes par bribes, ici-même, en attendant).

octobre 23, 2008 at 9:54 4 commentaires

Classic electronic

Depuis que ce blog est en ligne, je n’ai jamais caché mon amour des musiques électroniques, qu’il s’agisse de trucs limite-couillons (mais ô combien efficaces !) à la Justice et consorts ou de pièces plus sophistiquées, comme celles de Manuel Göttsching ou de Lindstrøm. Entre les deux, une multitude de nuances, de textures, de sensibilités différentes. Aussi, je me désole quand je suis confrontée à des personnes hermétiquement fermées à ce genre qui n’en est pas un puisque l’électronique n’est jamais qu’un instrument, au même titre que la guitare ou le piano. Mettre tous les musiciens « electro » dans un même sac reviendrait à comparer Georges Brassens à Angus Young, et dans un cas comme dans l’autre, admettez qu’il y a de le marge…

Mon but n’est pas de convertir les plus réticents, mais de proposer aux curieux quelques pistes pour se mettre dans le bain. Pas question de se jeter à l’eau pour se refroidir davantage : je vous promets que l’eau est tiède (voire chaude) ! Tout comme les grandes familles du rock, du jazz et de la musique classique, cette petite soeur méconnue à plus d’un tour dans son sac, et il y en a (vraiment !) pour tous les goûts, du plus sage au plus excentrique.

Au fil des mois, je vous proposerai (à un rythme totalement aléatoire) quelques albums que j’aime, sans donner de leçons et encore moins un cours magistral sur les différents courants. Du subjectif, rien que du subjectif : ma discothèque électronique idéale.

Pour commencer tout doux, voici la preuve par cinq que classique et électronique peuvent faire (très) bon ménage :

Wendy Carlos, « Switched-On Bach » (1968)

Proche de Robert Moog, concepteur des synthétizeurs du même nom, Wendy Carlos fait figure de pionnière en ce spécialisant dans les musiques électroniques dès le milieu des années 60. Sur ce premier album, elle passe Bach à la moulinette Moog et reçoit les hommages de Glenn Gould himself qui qualifie son premier essai de « disque de la décennie ». Accessoirement, « Switched-On Bach » sera album de platine et emportera trois Grammy Awards.

Jeff Mills & l’Orchestre National de Montpellier, « Blue Potential« 

(enregistrement public au Pont du Gard le 2 juillet 2005, publié en 2006)

Pour les vingt ans d’inscription du Pont du Gard au patrimoine mondial de l’UNESCO, il fallait un événement à la hauteur du site. Ce fut chose faite en associant l’Orchestre National de Montpellier au Dieu vivant de la techno de Detroit. Arrangés par Thomas Roussel, les titres de Jeff Mills gagnent une dimension supplémentaire et font définitivement tomber les barrières entre les genres. Les envolées de cordes et les rythmes électroniques se complètent à merveille, apportant une puissance inouïe aux morceaux originaux. Le CD est accompagné d’un DVD comprenant le concert, des interviews et un documentaire sur cette création hors du commun.

London Sinfonietta, « Warp Works & Twentieth Century Masters« 

(enregistrements publics de 2003 et 2004, publiés en 2006)

Née du désir de rapprocher les artistes du label Warp (ici Aphew Twin et Squarepusher) et leurs illustres prédécesseurs (entre autres John Cage, Steve Reich et Karlheinz Stockhausen), cette série de concerts du London Sinfonietta, ensemble emblématique de la musique contemporaine, propose une belle porte d’entrée pour découvrir la musique – pas toujours très accessible – des compositeurs d’avant-garde d’hier et d’aujourd’hui. Un mélange savamment dosé et pour le moins réussi.

Gabriel Yared & Underworld, « Breaking and Entering«  (2006)

Réunis par Anthony Minghella pour son film « Breaking and Entering », le compositeur d’origine libanaise et le duo anglais ont composé une musique à la fois complexe et sensible. Les trois hommes ont pris le temps d’explorer leurs univers respectifs, et les arrangements de cordes somptueux du premier côtoient avec naturel les textures électroniques brutes et râpeuses des seconds, offrant à l’auditeur des ambiances sonores paradoxales et néanmoins complémentaires.

Laibach, « KunstDerFuge » (2008)

Quarante ans après Wendy Carlos, Laibach revisite Bach à sa sauce.

Pour en savoir plus, voir l’avis de Noreille.

..et aussi « Modern Rhapsodies » de Maxence Cyrin (tubes de la musique électronique repris au piano solo), « Not for piano » de Francesco Tristano (la techno de Detroit revue au… piano solo) et « Down to the Bone » de Sylvain Chauveau (un hommage acoustique à Dépeche Mode).

Notons également la sortie toute récente chez la très sérieuse Deutsche Grammophon Gesellschaft de « ReComposed by Carl Craig & Moritz von Oswald », troisième volet d’une série ouverte aux musiciens et compositeurs « électroniques ». Après Matthias Arfmann et Jimi Tenor, c’est au tour de Carl Craig et Moritz von Oswald de revisiter la musique classique (Maurice Ravel et Modeste Mussorgsky).

Que vous aimiez ou non cette modeste sélection, tous vos commentaires et suggestions sont les bienvenus !

octobre 20, 2008 at 4:38 3 commentaires

Une petite musique de film : James Brown

Dimanche soir dans l’émission Première Séance,

Une petite musique de film se penchera sur

Comme bon nombre de ses collègues, James Brown a joué le jeu de la bande originale pour la blaxploitation, mais, contrairement à eux, il ne prit pas la peine de visionner les films avant de composer. Avec l’aide de l’arrangeur Fred Wesley, il expédia les musiques de « Black Caesar » et de « Slaughter’s Big Rip-Off » en six mois, ne cherchant même pas à suivre un quelconque script. Aux producteurs éberlués qui lui firent remarquer que ce n’est pas ainsi que l’on procède habituellement, le Parrain de la soul rétorqua : « C’est ainsi que James Brown fait » ! Et c’était à prendre ou à laisser…

Avec leurs cuivres funky, leurs cordes soul et, bien sûr, cette voix puissante et sexy à souhait, les studios eurent été bien mal inspirés de laisser ces bandes originales en souffrance puisque, contrairement aux films en question, celles-ci ne sont pas tombées dans l’oubli ! Aux titres flambant neufs s’ajoutent des morceaux plus anciens réarrangés pour l’occasion. Le résultat est puissant, dynamique et en totale adéquation avec l’esprit blaxploitation.

octobre 16, 2008 at 2:11

Bienvenue…

…à la Sélec !

Et à Tom Pouce 🙂

Longue vie à tous les deux !

octobre 15, 2008 at 11:47

Fiche de lecture

Génération 69, Les trentenaires ne vous disent pas merci !

de Nicolas Charbonneau et Laurent Guimier

Les effets pervers de Mai 68

Avec cet essai, les deux journalistes trentenaires livrent un ouvrage remarquable de drôlerie et de colère à peine dissimulée, en partant d’une question parfaitement légitime : que nous-ont concrètement légué les Soixante-Huitards à nous, jeunes adultes estampillés « bof génération » par nos aînés ?

Au fil des 180 pages de Génération 69, Nicolas Charbonneau et Laurent Guimier développent un argumentaire solide, aussi méticuleux qu’inquiétant, rappelant aux trentenaires de France et d’ailleurs à quel point leur génération a été oubliée. Dur, dur, en effet, de se faire une place, aussi petite soit-elle, dans l’ombre de nos illustres prédécesseurs qui, contrairement à nous, ont tout vu, tout connu, tout essayé au cours de leur joli mois de mai. Face aux baby-boomers pétris d’assurance (et pourtant à la veille de la retraite), les (trop) discrets trentenaires font pâle figure, passant pour d’éternels enfants aux yeux de cette génération qui refuse de vieillir et donc de céder sa place.

Morceaux choisis :

Il faut reconnaître que malgré les belles promesse de papa-maman, pour nous, tout a plutôt mal commencé. Déjà, au collège ou au lycée […] on nous signifiait que les temps seraient durs, que les Trente Glorieuses étaient bien passées et que les CDD, les contrats à durée déterminée, seraient notre particularité. Nous serions, jusqu’à nouvel ordre, une génération à durée déterminée. Nous n’avons jamais eu de métier. Jamais de statut. (p. 14-15)

« Le problème de votre génération, analyse le généticien Albert Jacquard, c’est qu’elle est oubliée, et cela, c’est pire que tout. Être haï, ce n’est pas bien plaisant, mais être oublié, c’est terrible ! » (p. 17)

Les vieux étaient persuadés que le monde était plus beau avant, ignorant que le monde n’y était pour rien, que c’était leur regard de jeunes qui le rendait beau, et qu’après eux d’autres regards neufs rendraient le monde toujours plus neuf. À condition de ne pas écraser le futur. (Maïa Mazaurette, extrait de Le pire est avenir cité en prélude du chapitre Jeunes pour l’éternité, p.49.)

Il y a trente ans, un fils gagnait à peine 20% de moins que son père. Aujourd’hui, à poste égal, l’écart est de 40%, constate le sociologue Louis Chauvel. […] Les trentenaires sont mieux formés, mais beaucoup moins bien payés : vous y comprenez quelque chose ? (p. 74)

 

Force d’arguments, de chiffres et de témoignages, les deux journalistes dressent un portrait doux-amer d’une génération désenchantée (air connu !), peu prise au sérieux par celle de ses parents.

Un livre à lire, à relire, à citer, à offrir, même s’il n’apporte que bien peu de réponses, si ce n’est une lueur d’espoir.

octobre 14, 2008 at 9:35

Une petite musique de rien

Ce dimanche, l’émission Première Séance cède la place à une soirée Spéciale CAP48.

Rendez-vous la semaine prochaine pour une nouvelle petite musique de film !

octobre 10, 2008 at 11:43

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