Classic electronic

octobre 20, 2008 at 4:38 3 commentaires

Depuis que ce blog est en ligne, je n’ai jamais caché mon amour des musiques électroniques, qu’il s’agisse de trucs limite-couillons (mais ô combien efficaces !) à la Justice et consorts ou de pièces plus sophistiquées, comme celles de Manuel Göttsching ou de Lindstrøm. Entre les deux, une multitude de nuances, de textures, de sensibilités différentes. Aussi, je me désole quand je suis confrontée à des personnes hermétiquement fermées à ce genre qui n’en est pas un puisque l’électronique n’est jamais qu’un instrument, au même titre que la guitare ou le piano. Mettre tous les musiciens « electro » dans un même sac reviendrait à comparer Georges Brassens à Angus Young, et dans un cas comme dans l’autre, admettez qu’il y a de le marge…

Mon but n’est pas de convertir les plus réticents, mais de proposer aux curieux quelques pistes pour se mettre dans le bain. Pas question de se jeter à l’eau pour se refroidir davantage : je vous promets que l’eau est tiède (voire chaude) ! Tout comme les grandes familles du rock, du jazz et de la musique classique, cette petite soeur méconnue à plus d’un tour dans son sac, et il y en a (vraiment !) pour tous les goûts, du plus sage au plus excentrique.

Au fil des mois, je vous proposerai (à un rythme totalement aléatoire) quelques albums que j’aime, sans donner de leçons et encore moins un cours magistral sur les différents courants. Du subjectif, rien que du subjectif : ma discothèque électronique idéale.

Pour commencer tout doux, voici la preuve par cinq que classique et électronique peuvent faire (très) bon ménage :

Wendy Carlos, « Switched-On Bach » (1968)

Proche de Robert Moog, concepteur des synthétizeurs du même nom, Wendy Carlos fait figure de pionnière en ce spécialisant dans les musiques électroniques dès le milieu des années 60. Sur ce premier album, elle passe Bach à la moulinette Moog et reçoit les hommages de Glenn Gould himself qui qualifie son premier essai de « disque de la décennie ». Accessoirement, « Switched-On Bach » sera album de platine et emportera trois Grammy Awards.

Jeff Mills & l’Orchestre National de Montpellier, « Blue Potential« 

(enregistrement public au Pont du Gard le 2 juillet 2005, publié en 2006)

Pour les vingt ans d’inscription du Pont du Gard au patrimoine mondial de l’UNESCO, il fallait un événement à la hauteur du site. Ce fut chose faite en associant l’Orchestre National de Montpellier au Dieu vivant de la techno de Detroit. Arrangés par Thomas Roussel, les titres de Jeff Mills gagnent une dimension supplémentaire et font définitivement tomber les barrières entre les genres. Les envolées de cordes et les rythmes électroniques se complètent à merveille, apportant une puissance inouïe aux morceaux originaux. Le CD est accompagné d’un DVD comprenant le concert, des interviews et un documentaire sur cette création hors du commun.

London Sinfonietta, « Warp Works & Twentieth Century Masters« 

(enregistrements publics de 2003 et 2004, publiés en 2006)

Née du désir de rapprocher les artistes du label Warp (ici Aphew Twin et Squarepusher) et leurs illustres prédécesseurs (entre autres John Cage, Steve Reich et Karlheinz Stockhausen), cette série de concerts du London Sinfonietta, ensemble emblématique de la musique contemporaine, propose une belle porte d’entrée pour découvrir la musique – pas toujours très accessible – des compositeurs d’avant-garde d’hier et d’aujourd’hui. Un mélange savamment dosé et pour le moins réussi.

Gabriel Yared & Underworld, « Breaking and Entering«  (2006)

Réunis par Anthony Minghella pour son film « Breaking and Entering », le compositeur d’origine libanaise et le duo anglais ont composé une musique à la fois complexe et sensible. Les trois hommes ont pris le temps d’explorer leurs univers respectifs, et les arrangements de cordes somptueux du premier côtoient avec naturel les textures électroniques brutes et râpeuses des seconds, offrant à l’auditeur des ambiances sonores paradoxales et néanmoins complémentaires.

Laibach, « KunstDerFuge » (2008)

Quarante ans après Wendy Carlos, Laibach revisite Bach à sa sauce.

Pour en savoir plus, voir l’avis de Noreille.

..et aussi « Modern Rhapsodies » de Maxence Cyrin (tubes de la musique électronique repris au piano solo), « Not for piano » de Francesco Tristano (la techno de Detroit revue au… piano solo) et « Down to the Bone » de Sylvain Chauveau (un hommage acoustique à Dépeche Mode).

Notons également la sortie toute récente chez la très sérieuse Deutsche Grammophon Gesellschaft de « ReComposed by Carl Craig & Moritz von Oswald », troisième volet d’une série ouverte aux musiciens et compositeurs « électroniques ». Après Matthias Arfmann et Jimi Tenor, c’est au tour de Carl Craig et Moritz von Oswald de revisiter la musique classique (Maurice Ravel et Modeste Mussorgsky).

Que vous aimiez ou non cette modeste sélection, tous vos commentaires et suggestions sont les bienvenus !

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3 commentaires

  • 1. bigbabou  |  octobre 29, 2008 à 9:29

    En parlant de Jeff Mills et du mélange électro / classique, le concert de Carl Craig à la cité de la musique à Paris est en intégralité sur Grand crew http://www.grandcrew.com/videos/50

  • 2. Mademoiselle Catherine  |  octobre 31, 2008 à 6:11

    Wouah ! Tout grand merci pour le lien 🙂

  • 3. bigbabou  |  novembre 1, 2008 à 7:08

    de rien 😉


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