Archive for novembre, 2008

Une petite musique de film : Caméra-etc.

Dimanche soir dans l’émission Première Séance,

Une petite musique de film se penchera sur

camera-etc

Association liégeoise fondée en 1979 sous le nom de « Caméra Enfants Admis », « Caméra-etc. » officie dans la réalisation et la production de courts métrages d’animation. Outre ses ateliers à vocation pédagogique, l’asbl produit également des oeuvres de jeunes auteurs et confie régulièrement la musique de ses productions à des musiciens sinon connus, du moins reconnus. Ainsi, Thierry Vassias a signé la musique de « Youssou, l’enfant d’eau » réalisé par des enfants de 10 à 13 ans, et Garrett List a répondu présent pour « La peur bleue de la vie », autre réalisation d’enfants (dont certains atteints de leucémie) et « L’enveloppe jaune » de la jeune réalisatrice Delphine Hermans.

 

En début d’année, « Caméra-etc. » a produit « Orgesticulanismus », dessin animé de neuf minutes de Mathieu Labaye et véritable claque du catalogue qui a rendue folle la blogosphère.

Construit progressivement autour de l’immobilité due à un handicap, le film est porté par des images et des sons qui ne font qu’un, s’influençant mutuellement et explosant littéralement à la face du spectateur médusé. Véritable ôde au mouvement et à la vie, « Orgesticulanismus » est une expérience sensorielle forte, tant pour les yeux que pour les oreilles, avec sa partition (signée Fabian Fiorini et Mathieu Labaye) à base de sons corporels, de piano et de structures Bachet, ces assemblages de cônes destinés à l’éveil musical.

 

Merci à toute l’équipe de « Caméra-etc. » (mention spéciale à Mathieu) pour les précieux documents mis à ma disposition.

novembre 27, 2008 at 10:53

L’antre de la folie

two-little-pigs

Derrière cette porte se trouve le secret le mieux gardé de La Médiathèque. Tenu par deux individus peu fréquentables, l’antre regorge de trésors cachés…

C’est là, sous l’œil vigilant de mes fournisseurs, que je me procure les substances acoustiques qui m’aident à vivre dans ce monde de fous.

Dès ses premiers pas dans la pièce sombre et hostile, le visiteur est accueilli par une musique de beatnik à défriser l’afro le plus crépu. Les gardiens du Temple, penchés sur leur travail de Titan (trier, encoder, faire circuler leur marchandise), profitent de ces visites à l’improviste pour mettre discrètement sous le nez du pauvre fou assez inconscient pour pénétrer ce lieu de débauche toutes sortes de nouveautés pop, rock ou electro francophones et internationales, ne faisant qu’aggraver son addiction pourtant déjà bien entamée.

C’est là que j’ai découvert, entre autres, « Triple Rock » de Dosh, « Dystopia » des Midnight Juggernauts, « Where You Go I Go Too » de Lindstrøm et la bande originale de « Wild Tigers I have known« , parfois même sur les conseils des deux cerbères qui profitent de ma faiblesse et de ma dépendance pour m’y enfoncer davantage. À ce rythme-là, je ne suis pas prête de décrocher !

François, Philippe : on vous aime 🙂

novembre 24, 2008 at 11:12 3 commentaires

Une petite musique de film : Shaft

Dimanche soir dans l’émission Première Séance,

Une petite musique de film se penchera sur

Invité par la MGM à composer la musique de « Shaft », Isaac Hayes s’attendait à pouvoir interprèter le superflic black & beautiful, mais le rôle était déjà pris. C’était sans compter que sa partition allait voler la vedette à Richard Roundtree, avec ses guitares wah wah, ses rythmes funky, ses cordes caressantes et cette voix d’une puissance dévastatrice qui, quelques décennies plus tard, fit le bonheur des fans de « Southpark ».

Isaac Hayes séduit la production avec trois premiers titres (dont l’irrésistible « Theme from Shaft ») et composa le reste de la bande originale en deux mois, alors qu’il était en tournée. À son retour, il réunit le groupe The Bar-Kays et enregistra toutes les parties rythmiques en une journée, les orchestrations le lendemain et les voix le surlendemain.

N’étant pas satisfait des conditions techniques offertes par la MGM, le musicien ré-enregistra le tout dans les studios du mythique label Stax.

Dès sa sortie, en été 1971, le double-album de « Shaft » se hissa en tête des hit-parades, restant soixante semaines au Billboard américain. L’année suivante, il emporta trois Grammy Awards (meilleure musique de film, meilleurs arrangements instrumentaux et meilleure prise de son en non-classique) et l’Oscar de la meilleure musique de film. Isaac Hayes devint ainsi le premier Noir non-acteur à obtenir cette haute distinction.

Standard de la musique afro-américaine, de la musique de film et de la musique tout court, « Shaft » reste un album incontournable… sauf si l’on déteste la guitare wah-wah !

novembre 21, 2008 at 10:34

Lost in translation

La traduction est un art hautement délicat… et parfois malheureux, comme c’est le cas des sous-titres français du magnifique film allemand « Die Fälscher » (« Les faussaires »). C’est dommage, car celui-ci n’a pas volé son Oscar du meilleur film étranger : en dehors d’effets de zoom trop nombreux à mon goût, cette histoire de faussaires du IIIe Reich est porté par des acteurs formidables, remarquables de justesse.

Car là où certains parlent des camps de concentration en appuyant à outrance sur les glandes lacrymales du spectateur, le réalisateur Stefan Ruzowitzky distille l’émotion au compte-gouttes et prend soin de ne jamais trop s’éloigner de son sujet : un petit groupe de prisonniers triés sur le volet, « privilégiés » (nourris et logés décemment, car précieux) chargés de concevoir et d’imprimer à grande échelle des devises étrangères destinées à affaiblir l’économie des forces alliées, avec, à sa tête, Salomon Sorowitsch (interprêté par Karl Markovics), expert en faux-monnayage.

 

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Pour en revenir aux sous-titres (destinés à un mon homme), je fus choquée par un détail lorque mes yeux glissèrent dessus par hasard : le SS Friedrich Herzog (Devid Striesow) tutoie les prisonniers dans les sous-titres français, alors qu’il les vouvoie dans la version originale.

Pourquoi ce tutoiement ? Pour montrer à quel point les Nazis étaient des crapules, alors que le film regorge d’exemples d’humiliations gratuites et d’exécutions arbitraires ? Car il y a, dans la façon dont le haut gradé traîte Sorowitsch et ses confrères imprimeurs, une certaine forme de respect, de l’admiration en tous cas. Une certaine humanité qui ressort d’autant plus qu’elle s’exprime au beau milieu de l’exemple d’inhumanité le plus cru de l’Histoire.

 

Je ne sais pas ce qui a poussé l’équipe de traducteurs à faire cela, alors que le film, en de nombreuses occasions, glace le sang.

Je sais, par contre, que « Die Fälscher » est un film important, au même titre que « Das Leben der anderen » (« La vie des autres »), aussi, si vous le regarder, faites-moi plaisir : remplacer ce « tu » par « vous ». Ce n’est peut-être qu’un détail, mais un détail qui, je crois, a son importance.

novembre 17, 2008 at 11:12 2 commentaires

Une petite musique de film : Wild Tigers I have known

Dimanche soir dans l’émission Première Séance,

Une petite musique de film se penchera sur

Premier long métrage de Cam Archer, « Wild Tigers I have known » suit un garçon de 13 ans dans les rêves éveillés qui accompagnent la construction de son identité sexuelle. Quelque part entre « Mysterious Skin » de Gregg Araki et « Tarnation » de Jonathan Caouette (également produit par Gus Van Sant), ce film au budget minuscule a violemment divisé la critique lors de sa sortie, en 2006 : prétentieux et infantile pour les uns, touchant et stupéfiant pour les autres, « Wild Tigers I have known » fait évoluer ses personnages dans un univers visuel soyeux porté par une bande originale rêveuse, paisible et mélancolique.

Outre les paysages sonores de Nate Archer, frère du réalisateur, on retrouve ici les guitares acoustiques et voix toutes douces de Djuna Bel, Six Organs Of Admittance ou encore David Tibet qui ouvre l’album par une mise en garde. Et pour finir en beauté, Emily Jane White se la joue Cat Power avec une chanson-titre aussi belle que triste.

novembre 13, 2008 at 1:24

schizo fait sa promo

Depuis le début de l’été, belleclose prend un nouvel envol puisque, de projet unipersonnel, il devient quintet, et je ne suis pas peu fière de mes petits camarades de jeu qui sont des musiciens aussi doués que généreux.

C’est Jarby McCoy qui a eu la bonne idée de réunir autour de moi les excellents guitaristes Christophe Paul et Sam Pierot du duo Coyote (le meilleur groupe liégeois au monde !) et le non moins talentueux José Parrondo, plasticien multi-instrumentiste de son état. Jarby, quant à lui, s’est improvisé batteur, ajoutant une corde à son arc ma foi déjà fort chargé.


Nous voilà donc à un mois de notre premier concert en full band, et vous êtes les bienvenu/es pour découvrir en exclusivité mondiale (!) mes chansons (et celles des autres) revues et corrigées par mes compagnons de route.

Au programme de ce concert chic et pas cher : ambiances cabaret, country poussiéreuse, rythmiques façon boîte à musique déglinguée et ballades rock douces-amères.

Vous pourrez même chanter à tue-tête et tortiller du popotin sur l’un ou l’autre morceau, et pour les plus téméraires, une soirée dansante animée par Jarby McCoy et Mademoiselle Catherine (ben tiens !) est d’ores et déjà prévue dans la foulée.

Merci aux garçons d’avoir habillé mes chansons toutes nues, faisant preuve d’une ingéniosité et d’un enthousiasme qui me touchent profondément.

Merci aussi à toute l’équipe de L’An Vert qui nous prête ses jolis locaux pour l’occasion.

Et merci à vous d’y venir nombreux le vendredi 12 décembre à partir de 20 heures.

Adresse du jour : Rue Mathieu Polain 4, 4020 Liège (Outremeuse).

Entrée : 5

Concert assis et non-fumeur.

novembre 12, 2008 at 10:47 5 commentaires

Une petite musique de film : Car Wash

Dimanche soir dans l’émission Première Séance,

Une petite musique de film se penche sur

Disco, funk et rythm & blues se partagent la vedette de cette comédie autour d’un car wash de Los Angeles.

C’est le scénariste Joel Schumacher (devenu depuis un réalisateur connu et reconnu) qui eut l’idée de confier la bande originale au producteur Norman Whitfield afin de palier au manque de consistance de l’histoire. Whitfield, qui vient de claquer la porte de la Motown, est quant à lui en manque d’argent et voit ici une occasion rêvée d’imposer le groupe qu’il vient de créer avec d’autres anciens de la légendaire maison de disque : Rose Royce co-écrira certains des onze titres de cet album devenu un incontournable de l’ère disco.

Entièrement composé en amont du tournage, la musique de « Car Wash » accompagna toutes les étapes de la production, de l’écriture du scénario au montage final, et reste toujours d’actualité : sa chanson-titre, qui s’est vendue à deux millions d’exemplaires, est devenue l’une des plus samplées de l’histoire, avec son introduction reconnaissable entre mille.

novembre 7, 2008 at 12:29 2 commentaires

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