Sacrée Wendy !

novembre 5, 2008 at 11:00

Quoi de mieux, un soir d’élections américaines, que de réécouter la bande originale de « A Clockwork Orange » ? (vous ne voyez pas le rapport ? À vrai dire, moi non plus !)

 

Aussi scandaleuse que le film, cette musique ne fut pas particulièrement appréciée par certains puristes de l’époque – il faut dire que Wendy Carlos et sa fidèle productrice Rachel Elkind n’y étaient pas allées avec le dos de la cuiller : pour expérimenter leurs premiers vocoders (qui permettent de traduire la voix humaine en signaux électroniques), elles ont choisi la Neuvième Symphonie de Beethoven, faisant de « An die freude » (« Ode à la joie ») une pièce drôlissime et sautillante à souhait. Devenu totalement indissociable du film, ce titre, violemment décrié à l’époque par une certaine élite, dépoussiéra l’oeuvre en profondeur, offrant une toute nouvelle façon d’aborder la musique classique, comme ce fut déjà le cas avec les « Switched-on Bach » que Wendy Carlos et Rachel Elkind sortirent en 1968.

 

Sachant que la bande originale de « A Clockwork Orange » fut composée et arrangée à la fin des années 60 et au début des années 70, voilà de quoi clouer le bec aux jeunes cons arrivistes qui croient avoir inventé l’eau chaude avec leur ordinateur portable.

Et Wendy Carlos d’ajouter dans le livret qui accompagne la réédition de cet album d’exception « I’m often amazed how much music we were able to squeeze out of such meager, recalcitrant tools back then. I’d never wish to go back to those frustrating limitations. (…) Here’s to the next generation of electronic and computer media art which can be built on a much firmer foundation than existed back in 1971. Here’s to the future of our still young medium ! »

 

Un futur dont elle fut sans aucun doute l’une des instigatrices puisqu’elle contribua largement au développement de nouvelles techniques audio, notamment le fameux son Dolby et toute une tripotée de techniques de restauration du son qui lui permirent de ressortir dans leur intégralité ses compositions pour « A Clockwork Orange » en 1998.

« Deine Zauber binden wiedern was die Mode streng geteilt

Alle Menschen werden Brüder, wo Dein sanfter Flügel weilt »

(Friedrich von Schiller)

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