Archive for décembre, 2008

Me, myself and I

Pour cette dernière de l’année, plutôt que de vous faire le coup des titres qui ont tourné en boucle chez moi (une lecture attentive de ce blog vous aura sans doute mis la puce à l’oreille…), je préfère répondre à l’appel d’Ada et vous sers, par ordre alphabétique de leurs interprètes, cinq chansons dans lesquelles je me reconnais + LA chanson d’amour.

Exercice trivial et pourtant bien moins aisé qu’il n’y paraît…

Fiona Apple, « Extraordinary Machine« 

parce que je suis comme ça.

Depeche Mode, « Home« 

parce que je reviens de loin et que j’ai été bien entourée.

Dit Terzi, « Les myosotis »

parce qu’elle a l’art de la métaphore.

The Mighty Bop feat. E.J.M., « Freestyle linguistique »

parce que je suis trilingue et que ce blog doit son nom à cette chanson.

Moloko, « Remain the same« 

parce que c’est bien vrai !

…et LA chanson d’amour :

Lou Reed, « Perfect Day« 

(attention ! l’extrait est tiré du film « Trainspotting » et débute sur une intraveineuse en gros plan…)

parce que l’amour peut avoir différents visages et que je me suis toujours demandée pour qui il l’avait écrite.

Sans oublier toutes les chansons que j’ai écrites au fil des ans pour les uns, pour les autres et pour moi-même

Bonne année, bonne santé, et à la semaine l’année prochaine !

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décembre 29, 2008 at 11:45 2 commentaires

Pour Noël : Justice pour tous !

« Rockumentaire » à mettre sur un pied d’égalité avec « Meeting people is easy » de Grant Gee consacré à Radiohead et à la tournée mondiale qui a suivi la sortie de « OK Computer », laissant le groupe sur les rotules, « A Cross The Universe » suit Justice en tournée américaine.

Pendant vingt jours, Romain Gavras (« fils de » déja responsable du clip de « Stress« ) et So-Me ont collé aux basques du duo, captant de grands moments de n’importe quoi. Au total, ce sont 200 heures de rushes qui ont été passées au crible pour n’en garder qu’une seule.


Véritable condensé de sex’n’drugs’n’electro, « A Cross The Universe » est évidemment caricatural puisque ne présentant qu’une infime partie de la réalité – tout du moins celle perçue par le caméraman. Forcément subjectif, ce film de vacances complètement débile et irrésponsable sur les États-Unis d’Amérique (dixit Romain Gavras*) n’est pas, contrairement au documentaire sur Radiohead, monté dans un ordre chronologique, et c’est peut-être bien ça qui le rend si intéressant : partant de situations tout à fait banales, il y a comme une progression dans l’horreur, montrant tout ce qu’une tournée comme celle-là peut avoir de sordide et de malsain. Entre des groupies déchaînées, un tour-manager féru d’armes à feu et un chauffeur de bus chrétien, Gaspard & Xavier se contentent de faire de la figuration de luxe, et la musique reste, finalement, à l’arrière-plan, le groupe ne voulant ni parler de musique, ni montrer [ses] concerts.

Une stratégie à la fois honnête et payante au vu du résultat porté par une incroyable galerie de portraits et un montage complètement foutraque.


Pour les oreilles, le DVD est accompagné d’un live enregistré à San Francisco.

On ne voulait pas faire un film qui parle de musique parce que ça nous faisait chier et que nous n’avons pas de légitimité pour faire ça. (…) Pour le disque, on voulait que ça soit de la musique pour la musique, parce que le côté visuel de nos live n’est pas très intéressant si tu n’es pas présent dans la salle.


Voilà en tous cas de quoi nourrir ma looongue histoire d’amour (bien antérieure à la sortie de leur premier album, mais ça, c’est une autre histoire…) avec ce groupe qui n’a, espérons-le, pas fini de faire parler de lui… en bien comme en mal.


*(toutes les citations en italique sont tirées d’entretiens avec Justice et Romain Gavras dans Trax n°119, novembre 2008).

décembre 23, 2008 at 11:09

Une petite musique de film : Velvet Goldmine

Dernière Petite musique de film avant la trève hivernale de Première Séance .

En attendant la reprise (le dimanche 11 janvier), honneur au glam rock, dimanche soir, avec

Écrit et réalisé par Todd Haynes, « Velvet Goldmine » doit son titre à une chanson de David Bowie et est une ode excentrique, hyper sexuée et hautement rock’n’roll aux années glam. En mélomane éclairé, le réalisateur a confié les commandes musicales à Randy Poster, superviseur musical pour « Kids » et « Suburbia », et Michael Stipe qui quitte brièvement ses fonctions au sein de R.E.M. pour endosser le costume de producteur exécutif  .

Si le film s’inspire très largement (et librement) de la relation David Bowie/Iggy Pop dans les années 70, les deux musiciens refusèrent catégoriquement d’y participer, de près ou de loin. Aussi sont-ils les grands absents de sa bande originale qui regroupe pourtant quelques uns de leurs contemporains, tels que Brian Eno, Lou Reed et Roxy Music, mais aussi des jeunes recrues, comme Placebo qui reprend T-Rex et fait au passage une apparition dans le film.

Pour le plaisir de nos oreilles, la production ne s’est pas contentée d’une simple compilation estampillée « glam rock », mais a commandé quelques titres dans l’esprit seventies, à mi-chemin entre minauderies pop et orgies rock’n’roll, à Shudder To Think et à Grant Lee Buffalo.

Mais le véritable trait de génie de ce soundtrack ne réside ni dans ces chansons originales, ni dans les prouesses vocales des acteurs Jonathan Rhys Meyers et Ewan McGregor… Pour « Velvet Goldmine », ce sont carrément deux groupes éphémères qui ont été créés, et pas des moindres : le premier, The Venus In Furs (inspiré des Spiders From Mars de Bowie) regroupe des membres de Radiohead, Suede et Roxy Music, tandis que le second, Wylde Ratttz, est composé de musiciens des Stooges (que pastichent ce nouveau groupe), Mudhoney et Sonic Youth.

Pour votre prochain blind-test, ruez-vous sur cet album, ne serait-ce que pour Thom Yorke et son improbable imitation de Brian Ferry. Ah, l’humour anglais !

(et n’hésitez pas à signer la pétition de soutien à l’émission si, vous aussi, avez autre chose à faire que d’écouter la radio le dimanche soir…)

décembre 19, 2008 at 10:41

Barricathlon

La Médiathèque n’est pas la seule à devoir se dépatouiller avec des problèmes de sous.

A Liège, l’a.s.b.l. Barricade a dû, elle aussi, se séparer de plusieurs personnes en septembre dernier et poursuit néanmoins ses activités engagées vaille que vaille, faisant honneur plus que jamais à son appellation de centre culturel en résistance.

C’est que, pour cette structure de six salariés aidés de nombreux bénévoles, quand on n’a pas de moyens, on a des idées : outre ses affaires courantes – parmi elle, et en vrac, le café, la librairie Entre-Temps, l’alphabétisation numérique sous forme de cours et d’accès gratuit à internet, un groupe d’achats en commun, etc.l’équipe organise ce samedi 20 décembre le Barricathlon.


Toute la journée, quatre endroit du quartier Pierreuse à Liège accueilleront diverses activités :

à Barricade, rue Pierreuse 21

10h-17h : installation collective de Linux

12h : auberge espagnole

18h : Grünhaut Moonkeys en concert

20h : Volver en concert

à la librairie Entre-Temps, rue Pierreuse 15

15h-17h : Digital Live Painting par l’artiste Thierry Jaspart

aux Gavroches, rue Pierreuse 42

15h-17h : contes et chansons pour enfants + goûter

à la Maison des Jeunes du Pery, Au Péri 3

19h45 : projection de « L’An 01 » de Jacques Doillon


L’entrée est libre et gratuite !

Voilà une belle occasion de découvrir cet endroit pas comme les autres et, pourquoi pas, trouver in extremis un dernier cadeau de Noël à la librairie puisque, en plus de ses nombreux ouvrages à teneur politique, historique et sociologique (féminisme en tête), on y trouve une multitude de beaux livres pour enfants, d’arts et de cuisine.

Pour plus d’informations : www.barricade.be

décembre 16, 2008 at 11:00

Bye Bye Derrick

Après la lumineuse Bettie Page, c’est au tour de Horst Tappert de tirer sa révérence.

Lui aussi avait 85 ans.

décembre 16, 2008 at 10:38

La lutte continue

Comme prévu, la nouvelle Sélec comprend dans sa version « papier » un extrait de mon article sur le collectif Underground Resistance (UR). Hélas, notre jardinier semble avoir eu un petit accident de tronçonneuse et a haché menu des parties importantes du texte, laissant au passage une astérisque qui ne renvoit à rien.

 

Aussi, comme on n’est jamais si bien servi que par soi-même, voici ma propre version courte, l’intégale étant en ligne ici :

 

 

Collectif tentaculaire (musique, graphisme, label, distribution…), Underground Resistance (UR) est un électron libre dans le monde de la techno : depuis sa création en 1989, le projet pluridisciplinaire lancé par « Mad » Mike Banks et Jeff Mills prône une totale indépendance artistique et financière.

Un extraordinaire bras d’honneur à la société de consommation !

 

Pour comprendre ce collectif pas comme les autres, un petit retour en arrière s’impose : suite aux émeutes de 1967 (43 morts, 467 blessés, plus de 2000 bâtiments détruits), de nombreuses voix accusèrent les habitants du centre-ville (majoritairement noirs) de l’exode des classes moyennes et supérieures (majoritairement blanches) vers les banlieues de Detroit.

Or, la fuite des classes aisées commença bien en amont des affrontements de 67 : dès le début des années 50, le gouvernement américain promut la construction de nouveaux quartiers aux abords des villes, avec des conséquences catastrophiques pour Detroit : le centre se vida complètement, ne comptant plus que quelque 900 000 habitants dans un espace prévu pour en accueillir le triple.

Dans le documentaire High Tech Soul,  le professeur Jerry Heron (Wayne State University, Detroit) rappelle que la « migration » fut loin d’être spontanée. Et aux anciens habitants de Detroit qui se demandent où est passée leur ville, il répond : « La ville est toujours là. Vous êtes peut-être partis, mais la ville, elle, n’a jamais bougé ! »

 

Un malheur n’arrivant jamais seul, le départ de la General Motors en 1972 donne à Detroit des allures de ville fantôme, mais la ville devient malgré tout – ou grâce à cela ? – un véritable vivier de talents : ses espaces vides donnent naissance à la techno dès le milieu des années 80 par le biais de ses trois pionniers (Juan Atkins, Derrick May et Kevin Saunderson) et en 1989, Mike Banks et Jeff Mills créent UR.

 

Bâti sur les cendres de la Motor City, UR suit une philosophie sans concessions : le créateur s’efface derrière la musique pour faire passer des messages forts, notamment à travers une identité visuelle qui fait partie intégrante de la démarche globale. Mike Banks résume : « Vous pouvez ne pas m’apprécier en tant qu’être humain, vous pouvez néanmoins apprécier ma musique en utilisant vos oreilles et non vos yeux » [1].

Premier groupe de Detroit à jouer de la techno en live, UR gagna vite en popularité au delà de sa ville et partit à la conquête des États-Unis et de l’Europe.

Dans la foulée, le groupe créa la maison de distribution Submerge.

 

Entièrement autonome artistiquement et financièrement, UR sert de nid aux jeunes créateurs : « dès qu’un artiste sait se tenir seul sur ses pieds, il est censé continuer son chemin et propager le message » [1]. Si les « vétérans » (Jeff Mills, Robert Hood, Drexciya, DJ Rolando…) restent accueillis à bras ouverts, ils sont priés de laisser leur place aux plus jeunes dès que leur notoriété leur permet de voler de leurs propres ailes.

 

En dehors de l’aspect artistique, le collectif s’est rendu indispensable à la ville de Detroit en créant de l’emploi et en s’impliquant au sein de la communauté, notamment par l’éducation musicale dans les écoles.

 

Black Panthers de la techno, UR n’a rien perdu de sa verve près de vingt ans après sa création et poursuit sa lutte face aux multinationales et à la musique de danse en conserves.

The struggle continues !

Long live the underground…

 

 

[1] propos entendus sur WDET en novembre 2004.

 

 

Pour en savoir plus :

www.undergroundresistance.com

www.submerge.com

décembre 15, 2008 at 12:18 2 commentaires

Bye Bye Bettie

Reine des pin-ups, Déesse incontestée et incontestable du burlesque, Bettie Page n’est plus.

Celle qui, en quelques années de règne, avait réussi à mettre de l’humour dans la photo de charme et de l’élégance dans l’imagerie sado-maso, s’est éteinte jeudi à l’âge très respectable de 85 ans des suites d’une attaque cardiaque.

Devenue une véritable icône depuis qu’elle fut sacrée Miss Janvier 1955 par Playboy, Bettie Page n’a cessé d’illuminer l’inconscient collectif et les fantasmes masculins de son sourire ravageur et de son épaisse frange noire, et pourtant, la femme a su s’effacer avec discrétion et intelligence derrière le mythe, influençant durablement la mode capillaire et inspirant au passage des générations entières de femmes, de Madonna à Dita Von Teese en passant par la ménagère de moins de cinquante ans et la playmate de seconde zone.

En dehors du fait qu’elle posa pour plusieurs milliers de clichés entre 1950 et

En 2005, la cinéaste Mary Harron réalisa « The Notorious Bettie Page« , biopic soutenu par le site officiel de la Grande Dame du burlesque dont le rôle-titre fut tenu par la très charmante Gretchen Moll.

Ne sachant clairement démêler le vrai du faux (Bettie Page était avare d’interviews), je resterai sur cette phrase de John Ford : « entre le mythe et la réalité, choisis toujours le mythe »… et me contenterai de quelques images, pour le plaisir de vos yeux.

bunny-yeager1

Merci Bettie, et bon voyage !

décembre 15, 2008 at 10:47 2 commentaires

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