Pour Noël : Justice pour tous !

décembre 23, 2008 at 11:09

« Rockumentaire » à mettre sur un pied d’égalité avec « Meeting people is easy » de Grant Gee consacré à Radiohead et à la tournée mondiale qui a suivi la sortie de « OK Computer », laissant le groupe sur les rotules, « A Cross The Universe » suit Justice en tournée américaine.

Pendant vingt jours, Romain Gavras (« fils de » déja responsable du clip de « Stress« ) et So-Me ont collé aux basques du duo, captant de grands moments de n’importe quoi. Au total, ce sont 200 heures de rushes qui ont été passées au crible pour n’en garder qu’une seule.


Véritable condensé de sex’n’drugs’n’electro, « A Cross The Universe » est évidemment caricatural puisque ne présentant qu’une infime partie de la réalité – tout du moins celle perçue par le caméraman. Forcément subjectif, ce film de vacances complètement débile et irrésponsable sur les États-Unis d’Amérique (dixit Romain Gavras*) n’est pas, contrairement au documentaire sur Radiohead, monté dans un ordre chronologique, et c’est peut-être bien ça qui le rend si intéressant : partant de situations tout à fait banales, il y a comme une progression dans l’horreur, montrant tout ce qu’une tournée comme celle-là peut avoir de sordide et de malsain. Entre des groupies déchaînées, un tour-manager féru d’armes à feu et un chauffeur de bus chrétien, Gaspard & Xavier se contentent de faire de la figuration de luxe, et la musique reste, finalement, à l’arrière-plan, le groupe ne voulant ni parler de musique, ni montrer [ses] concerts.

Une stratégie à la fois honnête et payante au vu du résultat porté par une incroyable galerie de portraits et un montage complètement foutraque.


Pour les oreilles, le DVD est accompagné d’un live enregistré à San Francisco.

On ne voulait pas faire un film qui parle de musique parce que ça nous faisait chier et que nous n’avons pas de légitimité pour faire ça. (…) Pour le disque, on voulait que ça soit de la musique pour la musique, parce que le côté visuel de nos live n’est pas très intéressant si tu n’es pas présent dans la salle.


Voilà en tous cas de quoi nourrir ma looongue histoire d’amour (bien antérieure à la sortie de leur premier album, mais ça, c’est une autre histoire…) avec ce groupe qui n’a, espérons-le, pas fini de faire parler de lui… en bien comme en mal.


*(toutes les citations en italique sont tirées d’entretiens avec Justice et Romain Gavras dans Trax n°119, novembre 2008).

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Une petite musique de film : Velvet Goldmine Me, myself and I


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