Archive for août, 2009

Le petit Robert

N’ayons pas peur des mots : il est l’un des meilleurs ! Qu’il joue le yuppie toxicomane (Less than zero), l’homosexuel en phase terminale du SIDA (Pour une nuit), l’éditeur déjanté (Wonder Boys), le journaliste alcoolique (Zodiac) ou simplement le super héros (Iron Man), Robert Downey Jr. bouffe littéralement l’écran à chaque apparition et n’a pourtant pas la notoriété d’un Brad Pitt ou d’un George Clooney (qui le dirigea dans Good night, and good luck). Pour une large partie de la population, il reste le petit ami d’Ally McBeal, et à tous ceux-là, j’ai envie de crier : « Vous ne savez pas ce que vous ratez » ! Quel que soit le rôle qui lui est confié, Robert Downey Jr. s’en sort toujours avec brio, même dans les pires nanars, car il fait partie de ces rares comédiens qui prennent visiblement plaisir à jouer, quel que soit le film, alimentaire ou non (et de l’alimentaire, il en fait un paquet – que l’acteur à la filmo irréprochable lui jette la première pierre !).

C’est d’autant plus épatant que Robert Downey Jr. revient de loin. Je ne reviendrai pas ici sur ses déboires avec l’alcool et autres substances (si vraiment ça vous intéresse, un tour sur Wikipedia vous en apprendra plus qu’il n’en faut), mais il aurait pu rester éternellement le fils de ce réalisateur de films underground et tomber bien plus bas qu’il ne le fit. C’est d’ailleurs dans un film de son père, Robert Downey Sr. (fallait-il le préciser ?) qu’il fit ses premiers pas dans le septième art dès l’âge de cinq ans.

Près de quarante ans plus tard, et malgré une longue traversée du désert due à ses abus passés (pour la petite histoire, bon nombre de rôles important lui filèrent sous le nez pour des questions d’assurance), il est toujours là, plus en forme que jamais. J’en veux pour preuve son extraordinaire rôle de composition dans le génial Tonnerre sous les Tropiques de Ben Stiller : son interprétation de l’acteur « méthode » qui ne quitte son personnage à aucun moment, même hors tournage, lui valut d’ailleurs d’être nommé au Golden Globe et à l’Oscar du meilleur second rôle masculin en ce début d’année – les deux distinctions revenant à titre posthume à Heath Ledger pour son Joker dans The Dark Knight.

Et pourtant, il ne l’aurait pas volé, cet Oscar : pour cette mise an abyme improbable et hilarante autour du tournage du « plus grand film de guerre de tous les temps », Robert Downey Jr. s’est mis dans la peau d’un acteur australien blond au yeux bleus multi-oscarisé jouant un soldat… afro-américain – et en profite allègrement pour voler la vedette à ses collègues (avec néanmoins une mention spéciale à Ben Stiller et son « Simple Jack » qui est tout simplement à se pisser dessus de rire).

Un blockbuster parfait pour chatouiller ses zygomatiques en attendant la rentrée !

août 25, 2009 at 10:17

I love Scotland

Je vais vous faire une confidence : je ne m’étais pas laissée prendre à ce point au petit jeu rédactionnel depuis mon article sur Underground Resistance, et suite à la proposition d’intéger à notre Sélec estivale How To Get To Heaven From Scotland d’Aidan Moffat & The Best-Ofs, je vous avoue avoir pris mon pied à défricher le terrain parfois obscur de la pop écossaise, allant d’une découverte à l’autre sur les bons conseils d’un informateur particulièrement précieux.

Pour en savoir plus, c’est par-ici. Et pour vous en mettre plein les oreilles, c’est par- (soyez indulgents : c’est la première fois de ma vie que je fais un mix !).

Enjoy !

(et n’hésitez pas à me faire part de vos commentaires – je sais : vous êtes timides, mais je ne vais pas vous manger !) (et je sais aussi que je mixe comme un pied)

août 17, 2009 at 12:09 2 commentaires

Dépendances et programmes anonymes

De tous temps, le cinéma s’est intéressé aux histoires de dépendances, physiques et psychiques, car elles offrent un panorama de tout ce que l’être humain à de plus complexe.

Malheureusement, le compte-rendu des cinéastes reste bien souvent incomplet et très superficiel, car si, de « Leaving Las Vegas » à « Californication » via « She’s so lovely », les addictions diverses et variées ont été présentées dans tous leurs états (alcoolisme, toxicomanie, dépendance affective, troubles alimentaires, dépendance au jeu, au sexe ou autre), il est rare qu’un film se penche sur la rémission de façon réaliste. La plupart du temps, celle-ci est présentée sous sa forme la plus poétique et la plus totalement irréelle : tel héros arrête la came par amour pour sa belle (« Walk the line »), un autre se sèvre tout seul comme un grand pour prouver qu’il est le plus fort (« Trainspotting »), mais rarement il est question de groupes de parole et de programmes « douze étapes », comme ceux des Alcooliques, Narcotiques ou Outremangeurs Anonymes (voir liens en fin d’article). Sans doute parce qu’ils ne sont pas intéressants cinématographiquement parlant ; peut-être aussi parce qu’il est bien plus romantique de présenter un héros ou une héroïne seul/e face à ses démons.

Dans la vraie vie pourtant, il est hautement improbable sinon impossible que quelqu’un se libère durablement de ses dépendances en restant seul : à titre d’exemple, celui qui se sèvre par amour a de grandes chances de replonger dès que sa vie amoureuse sera un peu moins rose.

Quelle que soit la raison du sevrage, le fardeau est bien lourd à porter sur des épaules fragilisées par le manque – de substances, de confiance, d’estime de soi. Un soutien est donc indispensable, tant pour les « accros » en voie de guérison que pour leur entourage, enfants, parents et amis appelés « co-dépendants ». Bien qu’il existe pour ces derniers des groupes de soutien spécifiques (Al-Anon et Alateen pour ne citer qu’eux), ils restent hélas méconnus, tant du grand public que – et c’est un comble – du personnel soignant. Celui-ci étant formé pour soigner et accompagner les problèmes d’addiction, il est bien souvent démuni face à la détresse de l’entourage qui, lui aussi, doit pouvoir bénéficier d’un suivi.

Or, après un sevrage, ce suivi se résume fréquemment, pour le dépendant comme pour ses proches, à des béquilles chimiques sous formes d’antidépresseurs, anxiolytiques et autres régulateurs d’humeur. À moins d’avoir été admis dans une clinique spécialisée pour une prise en charge quatre étoiles (après un délai d’attente désespérément long), c’est à des individus déjà passablement fragilisés d’effectuer les démarches nécessaires pour se refaire une santé mentale. Car si la « rehab » a le vent en poupe auprès des beautiful people, les centres de désintoxication de luxe restent réservés à quelques happy few qui ont le temps et surtout l’argent de passer quelques semaines ou mois en compagnie d’une horde de médecins, psychologues, diététiciens et coachs personnels.

Tous les autres, hommes et femmes de la rue qui, en plus de leur addiction, doivent jongler avec leur vie professionnelle, familiale et les aléas de la vie quotidienne, n’ont qu’à se débrouiller…

C’est ici que le rôle des groupes anonymes et programmes douze étapes est absolument primordial, car il permet à tout un chacun de rencontrer chaque semaine (et parfois davantage) des personnes partageant un même problème, d’échanger des expériences et de trouver un soutien inestimable que ne saurait lui offrir son entourage, à moins qu’il ne soit, lui aussi, passé par l’enfer de la dépendance.

Les programmes anonymes dans le documentaire et la fiction

Filmographie sélective :

Metallica, Some kind of monster

Pendant trois ans, les réalisateurs Joe Berlinger et Bruce Sinofsky ont suivi le groupe Metallica dans la préparation de leur album « St. Anger ». Durant cette période, le chanteur-guitariste James Hetfield aura passé six mois en clinique pour soigner son alcoolisme et ne cache pas, à son retour, qu’il bénéficie du soutien d’un groupe.

Un témoignage touchant.

My name is Joe

Comme toujours chez Ken Loach, il est question d’un personnage paumé, mais fort et plein d’espoir, interprété ici par un magnifique Peter Mullan : Joe est alcoolique abstinent, et s’il égratigne un peu les A.A., c’est parce qu’il sait qu’ils lui sont indispensables.

Fight Club

Les groupes de parole pour se dire qu’il y a plus malheureux que soi : l’idée est simple, mais il fallait y penser. Ce qui explique la présence d’une femme dans les groupes réservés aux malades de la prostate…

Le clin d’œil reste certes anecdotique, encore fallait-il en parler.

Dexter, saison 2

Sa dépendance à lui est innommable, car elle se situe bien au-delà de la compréhension : Dexter est, sous des dehors charmants, un redoutable tueur en série. Mais comme il ne s’attaque qu’aux très, très méchants (pédophiles, violeurs, trafiquants de drogues, d’armes, d’humains, etc.), la morale – la sienne, tout du moins – est sauve.

Après une première saison totalement addictive, la production a remis le couvert. Au programme : coups de théâtre et rebondissements, ainsi qu’un Dexter se retrouvant, un peu à son insu, a devoir participer aux réunions des Narcotiques Anonymes. Splendide !

Urgences, saisons 6 et 7

Après avoir développé une dépendance aux médicaments pendant la saison 6, le Docteur John Carter suivra une cure de désintoxication la saison suivante, avec l’aide de son entourage et d’un groupe de soutien.

Quelques liens utiles :

Al-Anon et Alateen

Alcooliques Anonymes

Dépendantes Affectives Anonymes

Émotifs Anonymes

Narcotiques Anonymes

Outremangeurs Anonymes

Dans de nombreuses villes, il existe plusieurs groupes de soutien et de parole. Dans tous les cas, il est bon d’en mettre quelques uns à l’essai afin de trouver un groupe au sein duquel on se sente à l’aise. Trop de personnes ont fait demi-tour quand le premier groupe « testé » ne convenait pas, mais il en existe beaucoup d’autres, et l’on ne peut raisonnablement pas porter de jugement sur base d’une seule séance.

Tout comme il est rare de tomber dans la dépendance du jour au lendemain, le rétablissement ne se fait pas spontanément non plus. Cela demande un certain temps, un peu de courage, de l’espoir aussi, et beaucoup de bon sens.

Et ça en vaut certainement la peine !

août 4, 2009 at 11:40 1 commentaire


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