Archive for septembre, 2009

Les joies du playback

Récemment invité à une émission de la Rai Due, le groupe Muse (qui avait insisté pour jouer en live et a, décidément, beaucoup d’humour) s’est amusé à intervertir les rôles pour le playback de leur nouveau single. Ainsi, le chanteur-guitariste Matthew Bellamy s’est retrouvé à la batterie, laissant le micro et la basse au batteur Dominic Howard, tandis que le bassiste Christopher Wolsenholme « jouait » de la guitare et du clavier.

Iron Maiden l’avait déjà fait en 1986 à la télévision allemande :

…et d’aucuns se souviendront du playback « raté » de Michel Delpech, mimant « La Dernière Séance » d’Eddy Mitchell dans la joie et la bonne humeur (je n’ai pas retrouvé les images parce que je n’ai pas que ça à faire non plus 😛 )…

septembre 28, 2009 at 1:24 5 commentaires

Une petite musique de film : Moving Soundtracks

Dimanche soir dans l’émission Première Séance,

Une petite musique de film se penchera sur

Fondés en 1980 par Michel Duval et Annick Honoré dans le but de distribuer les artistes de la Factory au Benelux, Les Disques Du Crépuscule sont devenu un label de qualité au fil des ans. Non contente d’avoir hébergé différents artistes depuis sa création, la petite maison de disques belge a également sorti plusieurs compilations de tout premier choix. Moving Soundtracks est l’un d’entre elles : une sélection de musiques de film revues et corrigées par des musiciens tels que Antena, Paul Haig ou Gabrielle Lazure qui reprend A Children’s Tale de La Nuit du Chasseur.

C’est en 1983 que Michel Duval invite quelques groupes à offrir des relectures personnelles de leurs musiques de films favorites. Le résultat ne sortira que huit ans plus tard, accueillant l’un ou l’autre titre supplémentaire, dont deux compositions signées Henry Mancini : Experiment in Terror réarrangé par La Muerte, et le morceau-titre d’Arabesque par The Wayfarers.

Cette compilation très originale offre au public un aperçu extrêmement accessible du savoir-faire d’artistes injustement méconnus. On retrouve néanmoins en ouverture Amore + Amora que le maître Ennio Morricone composa en 1978 pour le film Cosi Come Sei d’Albert Lattuada. Un autre délice de fin gourmet est l’hommage à la MGM par Be Music alias New Order. En outre, on y trouve également le duo Virginia Astley et Jean-Paul Goude sous le nom de The Dream Makers avec La Chanson d’Hélène extraite du film Les Choses de la vie de Claude Sautet.

La compilation Moving Soundtracks fut rééditée en 2008 par LTM dans une version remasterisée et augmentée de quatre titres. Toujours présente, la très étonnante version du thème de Shaft par Cabaret Voltaire continue d’aller dans les pattes. Une version dont on se lasse (presque) aussi peu que le l’original !

septembre 24, 2009 at 12:42 2 commentaires

Une petite musique de film : Nora Orlandi

Hier soir dans l’émission Première Séance,

Une petite musique de film s’est penchée sur

Compilation de titres composés dans les années 70 par Nora Orlandi et Alessandro Alessandroni, Music for Strange Situations rend hommage à deux compositeurs relativement méconnus du paysage musical Italien : si le second pénétra l’inconscient collectif en tant que siffleur pour Ennio Morricone, la première reste l’un des secrets les mieux gardés de la musique de film méditerranéenne.

La chanteuse professionnelle offrit une place à Alessandro Alessandroni dans son groupe vocal Quartetto due + due. Par la suite, le compositeur multi-instrumentiste créera l’ensemble I Cantori Moderni qui lancera entre autres la carrière de la vocaliste Edda Dell’Orso. Quant à Nora Orlandi, elle poursuivra son œuvre discrètement, restant injustement dans l’ombre de compositeurs tels que Morricone, Alessandroni ou Piero Umiliani.

En 1953, elle compose sa première musique de film, pour Non vogliamo morire de Oreste Palella. Beaucoup d’autres suivront, mais elles ne représentent qu’une fraction de ses activités puisqu’elle compose également pour la radio, la télévision et donne de nombreux récitals. Elle est notamment une habituée du Festival de la chanson italienne de San Remo.

Artiste à la discographie rare, Nora Orlandi vit certaines de ses compositions associés aux travaux de son collègue Alessandro Alessandroni sur Music for Strange Situations, compilation aux ambiances soul, jazz et easy listening parfaitement irrésistibles regroupant de nombreux titres inédits.

septembre 21, 2009 at 10:35 3 commentaires

77, année visionnaire

J’imagine que peu de gens me contrediront si je clâme haut et fort que 1977 fut un excellent millésime : non seulement, l’année vit naître des personnes à la beauté, à l’intelligence et au charme inégalés (modestie, quand tu nous tiens !), mais surtout, ces douze petits mois regorgent de chef d’œuvres musicaux.

Face aux Sex Pistols et à l’avènement du punk, une nouvelle vague déferle lentement mais sûrement sur l’Europe. Si l’Angleterre reste le berceau de la new wave dans l’inconscient collectif, c’est en Allemagne, et plus précisément à Berlin, que se joue l’avenir musical en cette année 1977 : neuf mois après Low, David Bowie sort « Heroes«  (toujours entre guillemets), enregistré comme son prédécésseur au désormais mythique Hansa Tonstudio – studio qui deviendra quelques années plus tard la seconde maison du label Mute puisque, de Diamanda Galás à Nick Cave and The Bad Seeds via Einstürzende Neubauten, bon nombre d’artistes sont passés par là pour offrir au label la réputation qui fut la sienne dans les années 80.

Fraichement débarqué à Berlin après avoir quitté la pissotière du monde (sic) qu’est Los Angeles à l’automne 1976, David Bowie se passionne pour le Bauhaus, le cinéma expressionniste et l’architecture mégalomaniaque d’Albert Speer. La ville l’écrase, la ville l’inspire. Sous la froideur apparente de sa pochette en noir et blanc, « Heroes » doit énormément aux ambiances de Brian Eno, à la guitare de Robert Fripp et à la production du fidèle Tony Visconti qui confèrent à l’ensemble une richesse et une densité remarquables. Bien sûr, on est loin de l’effet de surprise de Low, mais ce deuxième volet de la trilogie berlinoise (clôturée en 1979 avec Lodger qui est, en toute honnêteté, mon préféré des trois) installe la réputation de visionnaire du Thin White Duke. Rengaines rock (Beauty and the Beast, Joe the Lion, Blackout) côtoient instrumentaux ambient (Sense of Doubt, Moss Garden et Neuköln auquel les Berlinois pardonneront l’absence du double-L dans le nom de leur quartier), tandis que le morceau-titre sera traduit en allemand avec un accent des plus étranges (et plus tard dans un français approximatif) pour l’adaptation cinématographique de Christiane F. – Wir Kinder vom Bahnhof Zoo dans laquelle Bowie apparait as himself.

Comme à son habitude, maître Bowie passe du coq à l’âne sans se soucier du qu’en-dira-t-on et offre avec cet album un opus aussi pointu que facile d’accès, éclectique et néanmoins parfaitement homogène. Aussi, je tiens à remercier blingkinglights, initiateur du David Bowie Blog Tour, qui m’a permis de m’y replonger avec plaisir puisque, ayant grandi avec le pire (bien que je garde une tendresse particulière pour Labyrinth – le film comme la b.o. – ainsi que pour le single Jump They Say qui fit étrangement écho à mon histoire personnelle au printemps 1993), j’ai bien failli passer à côté du meilleur, même si Earthling (1997) et Heathen (2002) m’avaient déjà donné l’envie de redécouvrir l’œuvre de cet artiste singulier qui aura durablement marqué son époque… et c’est pas fini !

septembre 17, 2009 at 12:06 18 commentaires

Bye Bye Patrick

Après deux ans de lutte, l’acteur Patrick Swayze a finalement été emporté par le cancer du pancréas.

Si le grand public se souvient avant tout de lui pour ses rôles dans Dirty Dancing et Ghost, c’est au comédien de Donnie Darko et 11:14 que j’ai envie de rendre hommage aujourd’hui.

Je ne résiste pas non plus à l’envie de partager avec vous cette petite perle :

septembre 15, 2009 at 11:32 5 commentaires

Je vais encore pleurer !

Après un premier album drum’n’bass (Fresh Produce paru en 2000 chez Ninja Tune) et de nombreuses années passées derrière les platines et aux manettes de production, l’Anglais Fink a surpris tout le monde lorsque, en 2006, il sortit (toujours sur Ninja Tune) un somptueux album de songwriting aux arrangements dignes d’un travail d’orfèvre.

Biscuits for Breakfast est une véritable claque où folk et blues râpeux de déplient avec grâce autour d’une des plus belles voix qu’il nous ait été données d’entendre ces dernières années : profonde et divinement sensuelle, cette voix un peu rocailleuse chante des textes sensibles et intelligents. Des textes dans lesquels l’interprète ne s’accorde pas systématiquement le beau rôle et se met à nu avec une sincérité désarmante.

Suivront Distance and Time l’année suivante et, au printemps dernier, Sort of Revolution, véritable bijou de finesse et de subtilité.

Fin Greenall (c’est son vrai nom) n’en a pas moins oublié ses origines et poursuit ses activités de producteur parallèlement à son occupation d’homme à la guitare. On lui doit, entre autres, le projet Sideshow, avec lequel il vient de sortir Admit One, album dub sur lequel on retrouve les voix de Cortney Tidwell, Tina Grace et Paul St. Hilaire alias Tikiman.

C’est néanmoins dans la peau de Fink, entouré des fidèles Guy Whittaker (basse) et Tim Thornton (batterie), que le musicien se produira à la Rotonde du Botanique (Bruxelles) le samedi 3 octobre prochain. Il sera la veille à l’Alhambra (Paris) – pour près de trois fois le prix que paieront les Belges (vous voilà bien punis de vous moquer de nous depuis des lustres, na !) – et partira en tournée française par la suite (lieux et dates ici).

Vu l’état dans lequel il m’avait laissé aux dernières Ardentes, j’ai intérêt à prévoir un stock de mouchoirs… et peut-être même un déambulateur ?!

septembre 14, 2009 at 12:30 4 commentaires

Une petite musique de film : Les Beaux Gosses

Dimanche soir dans l’émission Première Séance,

Une petite musique de film se penchera sur

Comédie-surprise de l’année 2009, « Les beaux gosses » de Riad Sattouf suit Hervé et Camel, deux ados au physique ingrat qui n’ont que les filles en tête. Loin d’être potache, le premier film de l’auteur de BD est léger et intelligent, et prolonge en quelque sortes son travail entamé avec « La vie secrète des jeunes », comic-strips publiés dans Charlie Hebdo depuis 2004.

Le cinéaste-illustrateur signe lui-même la bande originale de son premier long métrage en compagnie de Flairs. Au final, electro-rock sautillant, faux spots radio et dialogues du film cohabitent avec quelques chansons rap et rock, des « vraies » (entre guillemets), mais aussi des pastiches de tubes pour ados.

Personnage à part dans le paysage musical français et bassiste hors pair, Lionel Flairs manipule également avec brio toutes sortes de machines analogiques. Avec Riad Sattouf, il s’est donc naturellement tourné vers les vieux synthétiseurs pour composer la bande originale pour « Les beaux gosses ». L’usage des vieilles machines contrebalance le propos, résolument moderne, ajoutant à ce film qui ne manque pourtant pas de charme une touche ludique et audacieuse.

A l’écoute de ces « Beaux gosses », on pense a d’autres bandes originales made in France, comme celle de « Steak », où Quentin Dupieux alias Mr. Oizo s’était entouré de Sébastien Tellier et SebastiAn pour un disco-chic dansant et décalé, ou celle, plus sombre, de Para One pour « Naissance des Pieuvres » de Céline Sciamma. Ici, les ambiances passent du coq à l’âne sans aucune transition et forment malgré tout un ensemble homogène aussi original que réussi.

septembre 10, 2009 at 2:44

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