Archive for octobre, 2009

Une petite musique de film : L’Au-Delà

Dimanche soir, à l’occasion de la fête des morts,

Une petite musique de film (Première Séance) se penchera sur

Réalisé par Lucio Fulci en 1981, L’Au-Delà est devenu un film-culte du cinéma d’horreur, et sa musique n’y est certainement pas pour rien. Fidèle collaborateur du cinéaste italien, Fabio Frizzi a composé pour ce film une partition divinement terrifiante qui n’a pas pris une ride près de 30 après.

Dans la lignée de Frayeurs, leur collaboration précédente en 1980, L’Au-Delà voit à nouveau le compositeur travailler main dans la main avec le réalisateur : mélangeant avec talent voix, instruments classiques, électro-acoustiques et synthétiseurs, Fabio Frizzi a créé des ambiances lourdes qui épousent à merveille les images de Fulci et ajoutent à l’angoisse du sujet.

Avec ses thèmes aussi entêtants qu’inquiétants, la bande originale de L’Au-Delà est un véritable monument du genre, sans lequel le film fonctionnerait sans doute moins bien. Si les scènes d’ouverture et de clôture restent esthétiquement impressionnantes, la surenchère d’effets spéciaux en milieu de récit peut parfois sembler indigeste. Heureusement, cette débauche de sang artificiel et autres prothèses est largement contrebalancée par la partition intemporelle et pourtant résolument moderne de Fabio Frizzi.

Publicités

octobre 28, 2009 at 12:38 4 commentaires

Canada, mon amour

Apres les Ecossais, j’ai eu tout le loisir de me pencher sur le label canadien Arts&Crafts via « The Happiness Project » de Charles Spearin et « Eats Darkness » de Apostle of Hustle.

Cette fois encore, une petite compilation accompagne le texte, histoire de s’y plonger en immersion totale…

(ne me remerciez pas : c’est tout naturel !)

(et par pitie : laissez-moi des commentaires ! J’ai l’impression d’ecrire un blog-fantome !)

(sans accents pour cause de clavier qwerty…)

octobre 21, 2009 at 12:58 3 commentaires

Une petite musique de congés

Comme je m’apprête à prendre quelques jours de congé, voici déjà le programme pour les deux semaines à venir :

Dimanche soir dans l’émission Première Séance,

Une petite musique de film se penchera sur

Après de nombreuses collaborations avec Peter Greenaway et deux incursions dans le cinéma de Patrice Leconte, le compositeur Michael Nyman rencontre Jane Campion qui lui demande en 1993 d’écrire une partition pour La Leçon de Piano.

Pour cette histoire d’une pianiste muette exilée avec sa fille dans la Nouvelle-Zélande du 19e siècle, Michael Nyman s’inspire immédiatement du récit : comme Ada ne sait pas parler, sa musique se substitue au langage. Puisant dans la tradition écossaise, le compositeur a écrit des thèmes intemporels, alternant piano solo et envolées orchestrales.

Holly Hunter étant une assez bonne pianiste, le compositeur travailla beaucoup avec elle en amont du tournage, adaptant sa partition au jeu de l’actrice. Le résultat est étonnant de justesse, et le personnage d’Ada n’en devient que plus convaincant.

Si Michael Nyman sortit bredouille des Oscars (il n’était d’ailleurs même pas nommé), sa bande originale pour La Leçon de Piano fut l’un des plus grands succès commerciaux en musiques de film, élevant le compositeur au rang d’artiste de musique dite sérieuse le mieux payé du Royaume Uni. En outre, La Leçon de Piano vaudra à sa réalisatrice la Palme d’Or à Cannes, à Holly Hunter, son interprète principale, le Prix d’interprétation ainsi que l’Oscar de la meilleure actrice et à la petite Anna Paquin l’Oscar du meilleur second rôle à onze ans seulement.

…et le dimanche 25 octobre (bon anniversaire à qui de droit !),

Une petite musique de film se penchera sur

Pour son troisième album, le groupe Pink Floyd compose sa première bande originale en 1969. Il s’agit d’une musique pour le film More de Barbet Schroeder, drame hippie qui se déroule sous le soleil d’Ibiza.

Ayant une totale liberté de composition, le groupe a écrit un véritable album, même s’il a adapté sa façon de travailler pour l’occasion : enregistré en huit jours seulement, More de Pink Floyd comprend une large variété de styles musicaux, de la ballade acoustique au hard rock en passant par l’un ou l’autre thème psychédélique.

Si la musique est totalement adaptée au propos du film, elle a pourtant posé problème au cinéaste, car elle vampirisait littéralement certaines scènes. Aussi Barbet Schroeder a-t-il dû diminuer le son dans certains passages et raccourcir quelques titres, comme Cirrus Minor et Green is the Colour.

Après avoir réussi son passage au septième art comme peu de groupe l’ont fait, Pink Floyd retrouvera Barbet Schroeder en 1972 pour Obscured By Clouds. Une deuxième bande originale certes de bonne facture, mais qui ne bénéficiera pas de l’effet de surprise de More.

octobre 15, 2009 at 12:37 3 commentaires

The Great Jacques

Pour la deuxième fois cette année, je vais aller traîner mes baskets, bottes et bottines à Londres. À moi les pickled eggs, le tea-time et les petits pavés glissants sous la bruine d’automne.

D’aucuns se demanderont pourquoi Diable une jeune femme apparemment saine d’esprit (encore que ce ne soit pas prouvé…) se rend dans la capitale anglaise en plein automne. Et bien, la raison est des plus simples : à la demande du très respectable Barbican Centre, plusieurs artistes rendront hommage à notre Jacques Brel national le 22 octobre prochain – parmi eux, Camille O’Sullivan, Arno, Arthur H, Momus, Diamanda Galás et cette diva de Marc Almond (ces deux derniers valant à eux seuls, je trouve, le déplacement !).

Sobrement intitulée The Songs of Jacques Brel, cette soirée promet d’être passionnante de part la variété des artistes présents : du cabaret glamour de Camille O’Sullivan à l’hystérie assumée de la Galás en passant par le romantisme lyrique de Marc Almond, nul doute que le répertoire du Grand Jacques sera revu et corrigé à toutes les sauces.

Une soirée originale et pleine de surprises qui se déplacera le lendemain au Warwick Arts Centre et clôturera en beauté mon prochain séjour sur les terres de la Queen.

En attendant, soyez sages et patients, car ce blog s’offrira lui aussi un repos bien mérité dans les jours qui viennent…

octobre 13, 2009 at 10:15

Une petite musique de quoi ?

…et bien, ce dimanche, ce sera une petite musique de rien puisque, comme chaque année, la RTBF ouvre ses antennes à l’opération Cap48.

Rendez-vous donc la semaine prochaine pour une nouvelle Première Séance et Une petite musique de film qui se penchera sur la bande originale de The Piano (La Leçon de Piano) par Michael Nyman.

octobre 8, 2009 at 1:31

Une petite musique de film : The Countess

Dimanche soir dans l’émission Première Séance,

Une petite musique de film se penchera sur

Pour son troisième film en tant que réalisatrice, Julie Delpy change radicalement de registre pour se pencher sur la vie de la tristement célèbre Erzsébet Báthory, accusée d’avoir commandité l’enlèvement, la torture systématique et la mort d’une centaine de jeunes femmes. Selon la légende, la comtesse hongroise se baignait dans leur sang afin de se garantir une jeunesse éternelle et fut condamnée à être emmurée vivante dans son château où elle mourut en 1614 à l’âge de 54 ans.

Non contente de l’avoir écrit et réalisé, Julie Delpy partage également l’affiche de The Countess avec Daniel Brühl et William Hurt. L’actrice multi-casquettes a aussi composé pour son film une partition qui étonnera certainement celles et ceux qui avaient entendu la Delpy pousser la chansonnette : délaissant les mélodies pop-folk, elle offre ici un aperçu de l’étendue de son talent avec des thèmes courts et inspirés, alternant envolées de cordes et piano solo, entre classicisme et minimalisme.

Soignées mais discrètes, les vingt et une vignettes réunies sur cette bande originale ne sont pas de nature à vampiriser le récit. La composition se tient à l’arrière-plan, évitant toute surenchère, et donnent néanmoins une idée de l’ambiance générale du film.

Voilà sept ans que Julie Delpy travaillait sur le scénario de The Countess, production franco-allemande présentée à la dernière Berlinale. Plutôt que de focaliser sur les crimes d’Erzsébet Báthory, le film fait évoluer le personnage au sein d’une tragédie où il est davantage question d’obsession amoureuse que de meurtre. Partant de l’hypothèse que la comtesse fit couler le sang par amour, l’actrice-réalisatrice signe un film certes sanglant, mais avant tout dramatique, et en profite au passage pour montrer le côté éminemment obscur de la femme.

octobre 1, 2009 at 1:31 2 commentaires


Articles récents