Archive for juillet, 2010

Bilan ardent

Voilà, c’est fini : quatre jours de musique, de crasse et de canicule, et un bilan légèrement en dents de scie pour cette cinquième édition des Ardentes.

En effet, pour la première fois de ma vie, j’ai affronté un festival en ayant mes règles (et pourtant, j’en ai fait, des festivals !), et le sacro-saint syndrome pré-menstruel (qui ne dure jamais que quelques heures) m’a frappé de plein fouet jeudi soir. Il n’en fallait pas plus pour clôturer cette première journée mitigée où je n’ai guère été charmée corps et âme que par les Anglais de Wave Machines et leur pop sautillante qui me met de bonne humeur à chaque écoute.

Je reconnais en outre avoir été agréablement surprise par Camelia Jordana qui, si elle a gardé un balais dans le c** tout au long de son concert, m’a néanmoins épatée par sa présence vocale, tandis que Broken Social Scene dont j’espérais pourtant beaucoup n’arrivera pas à me garder à l’intérieur du HF6 où il faisait au moins 3000 degrés (parce que les Ardentes, ce sont deux salles – l’Aquarium et le HF6 – et une scène en plein air).

Le syndrome pré-menstruel fini de m’achever pendant Morcheeba, et je rentre écouter Pavement de la fenêtre de ma chambre à coucher, triste d’avoir dû partir aussi tôt, mais malgré tout heureuse de cette première journée qui m’a, entre autres, fait retrouver l’une des personnes les plus authentiquement gentilles que j’aie jamais rencontrées !

Le vendredi, j’arrive sur le site avec l’un de mes meilleurs amis qui, tout inquiet qu’il était de m’avoir vue au bord des larmes la veille, est aux petits soins avec moi, et voilà que débarquent les Français de Skip the Use sur la grande scène sous un soleil de plomb (pour la première fois de leur courte histoire, Les Ardentes portaient décidément bien leur nom !). Leur funk-métal hyper dansant fait grimper le mercure à la limite du supportable, plaçant leur performance très haut parmi les excellentes surprises de ce millésime 2010. Le soleil aidant, je reste devant la grande scène où se succèdent les Liégeois de Piano Club (qui ont confirmé tout le bien que je pensais d’eux) et mes chouchous de Midnight Juggernauts qui, malgré quelques soucis techniques, ont donné un concert plus que correct.

Ma grosse claque du week-end m’attend pourtant à l’Aquarium, la plus petite des trois scènes (aux dauphins en plastique nageant au plafond) où un trio venu d’Espagne dont je n’avais jamais jamais entendu parlé m’interpelle, me charme et me gagne définitivement à sa cause : avec leur electro-rock mâtiné d’influences basques, Crystal Fighters ont offert aux Ardentes un concert parfait, tant musicalement que visuellement (et plus que parfait si une connasse en rut ne s’était pas plantée à côté de moi pendant le dernier morceau pour dandiner du fion comme une possédée et hurler jusqu’à en être aphone !). Maintenant, il n’y a plus qu’à attendre la sortie d’un premier album pour faire durer le plaisir à la maison… sans connasse en rut à côté de moi (il me semble d’ailleurs que c’était la chanteuse d’un groupe du coin. J’irai faire pareil à ses prochains concerts, tiens, on verra si elle trouve ça agréable !).

Mais Just Jack m’attend déjà à la sortie avec sa pop nonchalante et son phrasé inimitable pour une performance délicieusement estivale avant que l’Aquarium ne me rappelle à lui avec Matias Aquayo qui délaisse les platines pour un live décevant : à son electro trop latino à mon goût s’ajoute une tenue de scène ringarde à souhait (tout de blanc vêtu, Matias Aguayo a poussé le vice jusqu’à ajouter à son débardeur de coton côtelé, son jeans et ses baskets – sans chaussettes – un bandana bleu turquoise autour du cou. Aïe !). Un petit crochet par la grande scène où N.E.R.D. enflamme un public de jeunes largement converti à leur cause, et me revoilà dans l’Aquarium pour voir le Matthew Herbert One Club, nouveau projet du génie anglais qui s’amuse à brouiller les pistes avec une techno à la limite du hard core sur une scène décorée d’une échelle et d’une tente de camping (!), suivi d’une Ellen Allien joyeuse et pétillante à souhait qui fait totalement honneur à sa réputation.

Quelques heures d’insomnies plus tard, je passe en début d’après-midi devant le HF6 où la folk précieuse d’Isbells me fait littéralement fondre. Un concert doux comme du coton, malheureusement perturbé par les jumelles de School of Seven Bells qui entament le leur dans la salle mitoyenne. Les chansons teintées de shoegaze des New Yorkaises interfèrent dangereusement avec les compositions rêveuses du quatuor flamand qui ne se laisse pourtant pas démonter et offre à son public l’un des plus beaux concerts de ces Ardentes.

Sur la grande scène, Bacon Caravan Creek présente son nouvel album avec un professionnalisme étonnant tandis que les Liégeois de Dan San reviennent pour la deuxième année d’affilée au HF6 dans une formule agrandie avec des harmonies vocales toujours aussi sublimes.

Après la terrible déception Tunng (mais pourquoi, mon Dieu, pourquoi font-ils maintenant la même musique que tout le monde ?!?) (ah ? Leur membre fondateur, Sam Genders, a quitté le groupe ?), je découvre les Anglais de Good Shoes dont le pop-rock efficace fait souffler un vent de fraicheur et de bonne humeur alors que l’air se fait de plus en plus lourd devant la grande scène.

J’ai besoin de faire une sieste, moi ! Je me trouve un petit coin de paradis entre la Meuse et la Route des Saveurs, et tant pis si je rate Adam Green. Dommage en fait, parce qu’à en croire les dires des uns et des autres, il était en très grande forme !

D’ailleurs, ça me fait penser à un truc : Pete Doherty sera-t-il présent ?

C’est ce que je me demande en me dirigeant vers le concert d’Angus & Julia Stone, coqueluches de la critique et du public qui m’ont fait royalement chier (on ne peut pas plaire à tout le monde, si ?), et c’est tant mieux parce que j’aurais sans doute raté un grand moment dans l’Aquarium où les Français de General Elektriks ont foutu le feu avec leur pop groovy à souhait que n’aurait sans doute pas renié Stevie Wonder.

Un petit crochet par le HF6 où les vieux briscards de Fleshtones entament un set du tonnerre de Dieu, un coucou aux rockeurs juvéniles de Black Box Revelation et une oreille distraite jetée à la musique synthétique de YACHT (« artificielle »serait un mot plus adéquat. Et j’ai très vite récupéré mon oreille, merci), et je m’en vais écouter Babyshambles, histoire de voir si les superlatifs dont bénéficie le groupe sont justifiés. J’ai bien peur que non. En plus de me laisser de marbre, la bande à Pete me fait perdre une demie douzaine de paris : « Mais noOon, y viendra pas !!! ». Chiotte !

Ma mauvaise humeur s’envolera avec les dernières notes de rockabilly endiablées de Heavy Trash et les Italiens de Litfiba, toujours aussi énergiques.

La journée se termine pour moi après quelques titres susurrés par Charlotte Gainsbourg que je préfererai toujours actrice que chanteuse, et la fin du match Allemagne-Uruguay. Je suis dans mon lit quand l’orage tant attendu éclate enfin.

Le soleil tape à nouveau dès le lendemain. Je jette un petit coup d’œil à Arnaud Fleurent-Didier dont la chanson nonchalante résonne au HF6 et m’ennuie très rapidement. Je lui préfère la pop efficace de Lucy Lucy suivie de celle, en français, de Jeanne Cherhal, vue seule au piano à ses débuts dans un café-concert français et qui a fait du chemin depuis : le sourire aux lèvres, elle a charmé l’auditoire les doigts dans le nez avec ses chansons à l’instrumentation très rock, se faisant prêter les tongs d’une festivalière au passage pour éviter de se brûler les pieds sur la scène incandescante (il fait toujours aussi chaud !).

Le HF6 accueille ensuite le charmeur vocal Jose James dont la sensualité fait davantage grimper la température mais qui, personnellement, me laisse de marbre.

Je m’accorde une petite pause entre Été 67 et Eiffel. Sous les yeux de Bob l’Éponge (!), ces derniers donnent le meilleur de leur rock toujours aussi passionné avant que Gaëtan Roussel ne foule la grande scène. On ne présente évidemment plus le bonhomme qui m’a agréablement surprise avec sa voix singulière et ses chansons pop pleines de vie. Mais déjà, c’est l’heure de la finale de la Coupe du monde de football. Tant mieux : cela me donne une bonne raison de rater la bande à neuneus de Nouvelle Vague. Un match ennuyeux comme la pluie qui refuse toujours de tomber sur le site des Ardentes. À la mi-temps, Heather Nova entame un concert aussi joli qu’elle, mais un peu trop « leché » à mon goût qui me renvoie devant le football sans plus attendre.

Je déserte le match toujours nul à l’heure des prolongations pour assister au phénomène Archive : inclassable et se renouvellant sans cesse, le groupe anglais revient aux Ardentes après un premier passage en 2007 et reste épatant comme au premier jour.

Je m’apprête à partir sur ce concert magique lorsque résonne déjà « This Is Not A Love Song » de P.I.L. Moi qui m’attendais à voir des vieux croûlants, c’est un Johnny Lydon en très grande forme qui foule la scène pour le dernier concert de ces Ardentes 2010.

Le déluge, quant à lui, aura patiemment attendu la fin du festival pour éclater enfin dès le lendemain, emportant avec lui les derniers vestiges de cette édition 2010.

Bravo et merci !

…et parce que je vous aime bien, voilà quelques images qui bougent de mes grands coups de cœur de ces Ardentes :

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juillet 12, 2010 at 1:07 7 commentaires

Des images qui bougent : Les Ardentes

A quelques jours du plus ardent des festivals d’été, voici une petite sélection de bien belles choses à voir, à revoir, à découvrir :

Wave Machines (jeudi 8 juillet à 16h30, HF6)

Broken Social Scene (jeudi 8 juillet à 20h, HF6)

Pavement (jeudi 8 juillet à minuit, Open Air Park)

Midnight Juggernauts (vendredi 9 juillet à 17h30, Open Air Park)

Matthew Herbert One Club (vendredi 9 juillet à 23h30, Aquarium)

School of Seven Bells (samedi 10 juillet à 13h20, Aquarium)

Tunng (samedi 10 juillet à 15h20, HF6)

Eiffel (dimanche 11 juillet à 19h, HF6)

et beaucoup, beaucoup d’autres…

Rendez-vous sur la plaine du Parc Astrid à Liège 😀

juillet 5, 2010 at 2:42


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