Archive for août, 2010

Cabaret Vert

Mademoiselle Catherine est heureuse, car cet été, elle a fait le plein de festivals sympathiques en bonne compagnie, et après Les Ardentes, Rock Herk et le Micro Festival, c’est le charmant Cabaret Vert qui a clôturé ces festivités estivales.

Après deux heures de route sous une pluie diluvienne, mon chauffeur et moi arrivons sur le territoire : France (du moins est-ce ainsi que mappy nous a présenté l’affaire) pour être presque immédiatement accueillis par une signalétique indiquant le chemin à suivre. Ragaillardis par cette belle preuve d’organisation, nous trouvons sans encombres le parking (gratuit) ainsi que l’emplacement de cette sixième édition située, à ce qu’il nous semble, en plein cœur de Charleville-Mézières.

Le temps de se familiariser avec les lieux et de se vider la vessie avant de se la remplir à nouveau, les Ardennais de Platoon Playground et de Maladaptive se succèdent sur la petite scène sans que l’on n’aie réellement envie d’y prêter attention. Et comme nous ne sommes que de sales chauvins, nous ne nous bougerons sérieusement le derrière que pour nous diriger vers la grande scène où The Black Box Revelation donnera un set peu convaincant, la bonne humeur communicative du batteur Dries Van Dijck ne suffisant pas à faire s’enflammer les foules – en dehors d’un petit groupe de viande soule pré-pubère dont une tentative parfaitement ratée de crowd surf faillit bien coûter la mâchoire à mon chauffeur.

En regardant distraitement le programme en vue du prochain concert, la simple description de Monotonix suffit à attiser ma curiosité : « Rock sauvage – Israël.  Curieux moustachus mais vrais rock stars… ». Arrivés devant la petite scène, aucun groupe en vue, malgré un attroupement de gens. Bizarre, pourtant, y a du son… C’est là qu’un chanteur chevelu vêtu d’un simple caleçon gris émerge de la foule, micro à la main. Un peu plus loin, on perçoit la tête d’une guitare, tandis que l’oreille distingue clairement le bruit d’une batterie. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, la plaine boueuse se transforme en énorme terrain de jeu, les mottes de terres volant allègrement au son du punk rock efficace du trio.

Après cette curiosité scénique, une petite collation s'impose afin de tenir le coup (et, surtout, d'avoir une excellente excuse pour rater Raggasonic), et c'est reparti pour un tour de punk, avec LE Dieu vivant du punk hardcore : Jello Biafra, accompagné par son nouveau groupe, The Guantanamo School of Medicine. Après des années de spoken word, l'activiste américain n'a décidément rien perdu de sa verve ni de sa pèche, entrecoupant son set de messages politiques bien sentis. Militant écolo de la première heure, Jello Biafra fait de la musique comme il fait de la politique : avec les tripes et sans concessions. Une personnalité absolument admirable en ces temps de chiffes molles omniprésentes...

Le plaisir se poursuivra sur la grande scène avec un dEUS en très grande forme, offrant sous la bruine un florilège de ses sept albums avec une classe foudroyante. Bien que, du line-up d'origine, il ne reste plus guère que Tom Barman et Klaas Janzoons, ce concert magistral m'a fait retomber en adolescence, à une époque où j'écoutais en boucle les albums "Worst Case Scenario" et "In A Bar, Under The Sea", ainsi que le e.p. "My Sister=My Clock".

Une chope plus loin (oui, j'avoue qu'il y en aura eu d'autres avant celle-là), direction le devant de la scène pour assister à l'arnaque Massive Attack : malgré un light show et des arrangements aux petits oignons, j'ai l'impression d'écouter leur best of devant une photo de concert du groupe, et en dehors d'un écran géant sur lequel défilent différentes informations plus ou moins politisées, le visuel laisse terriblement à désirer.

De plus, mes Doc Martens s'enfonçant de plus en plus dans la boue, rendant difficile tant la marche que la simple position debout, il est temps de quitter ce chaleureux endroit et de regagner nos pénates, heureux et rassurés qu'il existe encore en 2010 des festivals chics et pas cher !

Merci le Cabaret Vert !

août 30, 2010 at 1:58 4 commentaires

Des images qui bougent : larme à l’oeil

J’ai décidé qu’aucun œil ne resterait sec aujourd’hui !

août 24, 2010 at 1:56

Petit, mais joli !

Depuis le temps que Jaune Orange en parlait, voilà qu’il l’a fait : pour la première édition de son Micro Festival samedi dernier, le collectif a mis les petits plats dans les grands pour proposer une affiche de qualité dans un cadre convivial à prix tout riquiqui.

En cette après-midi de gueule de bois carabinée, mes jambes m’ont donc portées tant bien que mal vers l’Espace 251 Nord, dont la cour avait pris des allures de fête du village, pour assister à la performance (le terme est exact) du Colonel Bastard. Pas réveillée pour deux balles, mes yeux encore tout collés par une nuit douloureuse (et néanmoins fort agréable, merci !) ont pourtant bel et bien failli jaillir de leurs orbites au vu du spectacle proposé : sur fond d’electroclash porté par la voix rocailleuse du Colonel, deux hommes habillés en ballerines jouaient les majorettes sur scène (et dans le public) tandis qu’un homme-boule-à-facette maniait les manettes. J’avais beau avoir déjà vu le bonhomme sur scène, ça m’a fait un choc, d’autant plus que mon taux d’alcoolémie n’allait pas s’amenuisant, bière locale oblige (dégueulasse selon certains, mais quand on a l’impression d’avoir bu de la colle à tapisser toute la nuit, on ne se soucie guère de tels détails pour soigner le mal par le mal).

Succédant au Colonel Bastard, les jeunes Anglais d’Action Beat ne seront parvenus qu’à aggraver mon mal de tête : assister volontairement à un concert de noise à trois batteries un lendemain de la veille eut été suicidaire, aussi me suis-je assise dans l’herbe pour regarder défiler les gens, de plus en plus nombreux en cette chaude après-midi d’été.

Il me faudra compter sur les Américains de Black Diamond Heavies pour me sortir enfin la tête du cul : avec pour seules armes orgue Hammond, Rhodes, batterie et la puissance sexuelle colossale du chanteur, le duo a servi un blues aussi libidinal que crasseux lorgnant tant sur Howlin’ Wolf et Screamin’ Jay Hawkins que sur les Stooges – un gospel des temps modernes donnant au chapiteau du Micro Festival des allures de chapelle qui aura certainement gagné beaucoup de nouveaux adeptes.

Suivra Kel McKeown alias Kelpe, dont les bidouillages electro qui m’avaient charmés sur album me lasseront pourtant rapidement sur scène, malgré la présence d’un excellent batteur et une projection vidéo de très belle facture.

Très impatiente de voir enfin Efterklang sur scène, je me colle aux barrières dès la fin du set Kelpeen. Visiblement heureux d’être là, le septet danois offre sa musique lumineuse avec une générosité qui fait d’autant plus plaisir à voir que, malgré une certaine notoriété, le groupe a su garder les pieds bien sur terre. J’en veux pour preuve le fait que les musiciens ont accepté d’être logés à moindre frais dans la modeste - et néanmoins sympathique - Auberge Simenon plutôt que d’exiger une nuit à l’hôtel. Une simplicité visible dans les sourires, mimiques et interactions dont je fus témoin au premier rang, et un concert qui se hissera sans difficultés parmi les meilleurs que j’ai vus cette année.

J’ai encore un million d’étoiles dans les yeux quand les Chiliens de Panico montent sur scène. J’apprécie de loin leur rock bâtard et énergique, à mi-chemin entre Joy Division et LCD Soundsystem, qui fait grimper le mercure tandis que la pluie s’abat violemment sur cette première édition du Micro Festival.

Un festival qui, sous des dehors « do it yourself », propose tout ce dont rêve le mélomane : une programmation hétérogène faisant défiler sur une seule scène et en un jour des artistes peu connus et néanmoins de grande qualité.

Bravo et merci !

août 10, 2010 at 2:33

Des images qui bougent : Efterklang

…vu hier soir par la grâce du Micro Festival organisé par Jaune Orange.

*Magique*

août 8, 2010 at 2:28


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