Petit, mais joli !

août 10, 2010 at 2:33

Depuis le temps que Jaune Orange en parlait, voilà qu’il l’a fait : pour la première édition de son Micro Festival samedi dernier, le collectif a mis les petits plats dans les grands pour proposer une affiche de qualité dans un cadre convivial à prix tout riquiqui.

En cette après-midi de gueule de bois carabinée, mes jambes m’ont donc portées tant bien que mal vers l’Espace 251 Nord, dont la cour avait pris des allures de fête du village, pour assister à la performance (le terme est exact) du Colonel Bastard. Pas réveillée pour deux balles, mes yeux encore tout collés par une nuit douloureuse (et néanmoins fort agréable, merci !) ont pourtant bel et bien failli jaillir de leurs orbites au vu du spectacle proposé : sur fond d’electroclash porté par la voix rocailleuse du Colonel, deux hommes habillés en ballerines jouaient les majorettes sur scène (et dans le public) tandis qu’un homme-boule-à-facette maniait les manettes. J’avais beau avoir déjà vu le bonhomme sur scène, ça m’a fait un choc, d’autant plus que mon taux d’alcoolémie n’allait pas s’amenuisant, bière locale oblige (dégueulasse selon certains, mais quand on a l’impression d’avoir bu de la colle à tapisser toute la nuit, on ne se soucie guère de tels détails pour soigner le mal par le mal).

Succédant au Colonel Bastard, les jeunes Anglais d’Action Beat ne seront parvenus qu’à aggraver mon mal de tête : assister volontairement à un concert de noise à trois batteries un lendemain de la veille eut été suicidaire, aussi me suis-je assise dans l’herbe pour regarder défiler les gens, de plus en plus nombreux en cette chaude après-midi d’été.

Il me faudra compter sur les Américains de Black Diamond Heavies pour me sortir enfin la tête du cul : avec pour seules armes orgue Hammond, Rhodes, batterie et la puissance sexuelle colossale du chanteur, le duo a servi un blues aussi libidinal que crasseux lorgnant tant sur Howlin’ Wolf et Screamin’ Jay Hawkins que sur les Stooges – un gospel des temps modernes donnant au chapiteau du Micro Festival des allures de chapelle qui aura certainement gagné beaucoup de nouveaux adeptes.

Suivra Kel McKeown alias Kelpe, dont les bidouillages electro qui m’avaient charmés sur album me lasseront pourtant rapidement sur scène, malgré la présence d’un excellent batteur et une projection vidéo de très belle facture.

Très impatiente de voir enfin Efterklang sur scène, je me colle aux barrières dès la fin du set Kelpeen. Visiblement heureux d’être là, le septet danois offre sa musique lumineuse avec une générosité qui fait d’autant plus plaisir à voir que, malgré une certaine notoriété, le groupe a su garder les pieds bien sur terre. J’en veux pour preuve le fait que les musiciens ont accepté d’être logés à moindre frais dans la modeste - et néanmoins sympathique - Auberge Simenon plutôt que d’exiger une nuit à l’hôtel. Une simplicité visible dans les sourires, mimiques et interactions dont je fus témoin au premier rang, et un concert qui se hissera sans difficultés parmi les meilleurs que j’ai vus cette année.

J’ai encore un million d’étoiles dans les yeux quand les Chiliens de Panico montent sur scène. J’apprécie de loin leur rock bâtard et énergique, à mi-chemin entre Joy Division et LCD Soundsystem, qui fait grimper le mercure tandis que la pluie s’abat violemment sur cette première édition du Micro Festival.

Un festival qui, sous des dehors « do it yourself », propose tout ce dont rêve le mélomane : une programmation hétérogène faisant défiler sur une seule scène et en un jour des artistes peu connus et néanmoins de grande qualité.

Bravo et merci !

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Des images qui bougent : Efterklang Des images qui bougent : larme à l’oeil


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