Cabaret Vert

août 30, 2010 at 1:58 4 commentaires

Mademoiselle Catherine est heureuse, car cet été, elle a fait le plein de festivals sympathiques en bonne compagnie, et après Les Ardentes, Rock Herk et le Micro Festival, c’est le charmant Cabaret Vert qui a clôturé ces festivités estivales.

Après deux heures de route sous une pluie diluvienne, mon chauffeur et moi arrivons sur le territoire : France (du moins est-ce ainsi que mappy nous a présenté l’affaire) pour être presque immédiatement accueillis par une signalétique indiquant le chemin à suivre. Ragaillardis par cette belle preuve d’organisation, nous trouvons sans encombres le parking (gratuit) ainsi que l’emplacement de cette sixième édition située, à ce qu’il nous semble, en plein cœur de Charleville-Mézières.

Le temps de se familiariser avec les lieux et de se vider la vessie avant de se la remplir à nouveau, les Ardennais de Platoon Playground et de Maladaptive se succèdent sur la petite scène sans que l’on n’aie réellement envie d’y prêter attention. Et comme nous ne sommes que de sales chauvins, nous ne nous bougerons sérieusement le derrière que pour nous diriger vers la grande scène où The Black Box Revelation donnera un set peu convaincant, la bonne humeur communicative du batteur Dries Van Dijck ne suffisant pas à faire s’enflammer les foules – en dehors d’un petit groupe de viande soule pré-pubère dont une tentative parfaitement ratée de crowd surf faillit bien coûter la mâchoire à mon chauffeur.

En regardant distraitement le programme en vue du prochain concert, la simple description de Monotonix suffit à attiser ma curiosité : « Rock sauvage – Israël.  Curieux moustachus mais vrais rock stars… ». Arrivés devant la petite scène, aucun groupe en vue, malgré un attroupement de gens. Bizarre, pourtant, y a du son… C’est là qu’un chanteur chevelu vêtu d’un simple caleçon gris émerge de la foule, micro à la main. Un peu plus loin, on perçoit la tête d’une guitare, tandis que l’oreille distingue clairement le bruit d’une batterie. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, la plaine boueuse se transforme en énorme terrain de jeu, les mottes de terres volant allègrement au son du punk rock efficace du trio.

Après cette curiosité scénique, une petite collation s'impose afin de tenir le coup (et, surtout, d'avoir une excellente excuse pour rater Raggasonic), et c'est reparti pour un tour de punk, avec LE Dieu vivant du punk hardcore : Jello Biafra, accompagné par son nouveau groupe, The Guantanamo School of Medicine. Après des années de spoken word, l'activiste américain n'a décidément rien perdu de sa verve ni de sa pèche, entrecoupant son set de messages politiques bien sentis. Militant écolo de la première heure, Jello Biafra fait de la musique comme il fait de la politique : avec les tripes et sans concessions. Une personnalité absolument admirable en ces temps de chiffes molles omniprésentes...

Le plaisir se poursuivra sur la grande scène avec un dEUS en très grande forme, offrant sous la bruine un florilège de ses sept albums avec une classe foudroyante. Bien que, du line-up d'origine, il ne reste plus guère que Tom Barman et Klaas Janzoons, ce concert magistral m'a fait retomber en adolescence, à une époque où j'écoutais en boucle les albums "Worst Case Scenario" et "In A Bar, Under The Sea", ainsi que le e.p. "My Sister=My Clock".

Une chope plus loin (oui, j'avoue qu'il y en aura eu d'autres avant celle-là), direction le devant de la scène pour assister à l'arnaque Massive Attack : malgré un light show et des arrangements aux petits oignons, j'ai l'impression d'écouter leur best of devant une photo de concert du groupe, et en dehors d'un écran géant sur lequel défilent différentes informations plus ou moins politisées, le visuel laisse terriblement à désirer.

De plus, mes Doc Martens s'enfonçant de plus en plus dans la boue, rendant difficile tant la marche que la simple position debout, il est temps de quitter ce chaleureux endroit et de regagner nos pénates, heureux et rassurés qu'il existe encore en 2010 des festivals chics et pas cher !

Merci le Cabaret Vert !

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Entry filed under: Des images qui bougent, En chair et en os.

Des images qui bougent : larme à l’oeil Une petite musique de film : The Book of Eli

4 commentaires

  • 1. denis  |  août 31, 2010 à 12:41

    Salut!
    juste ce petit message pour rectifier une erreur: du dEUS originel il ne reste pas seulement que Tom Barman. Ce serait oublier un peu vite Klaas Janzoons, violoniste et clavier du groupe 🙂

    Sinon, très bon compte rendu d’excellents festoches.

    A plus
    denis

  • 2. Mademoiselle Catherine  |  août 31, 2010 à 1:34

    Oups ! Corrigé !!!
    Excuseer : j’avoue n’avoir pas reconnu le brave Klaas !

    Merci denis 🙂

  • 3. Jello's land  |  septembre 1, 2010 à 2:16

    Bonjour,

    Intéressé par le grand Jello ? Un blog en français qui suit l’actualité (Et renvoie vers d’autres sites dont le twitter français)…

    http://www.jeblogguesolidaire.com/?-Jello-Biafra-s-land-

    A tout de suite.

  • 4. Mademoiselle Catherine  |  septembre 2, 2010 à 8:42

    En voilà un blog qu’il est intéressant!

    Merci pour le lien et merci d’être passé 🙂


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