Archive for novembre, 2010

Une petite musique de film : Il était une fois dans l’Ouest

Demain soir, dans l’émission Première Séance,

Une petite musique de film se penchera sur

Mais pourquoi m’a-t-il fallu plus de cinq ans pour me pencher enfin sur une bande originale du grand, de l’IMMENSE Ennio Morricone ? Je vais vous le dire, moi, pourquoi : tout simplement parce que sa musique m’emmerde ! Et je ne vous cache pas que ses cordes dégoulinantes me semblent bien souvent dignes d’une telenovela brésilienne… sauf peut-être ses apports indispensables aux westerns spaghetti de son compatriote Sergio Leone, avec une très nette préférence pour le classique Il était une fois dans l’Ouest. Si le morceau-titre fredonné par Edda Dell’Orso est kitsch à tomber par terre, les ambiances deviennent nettement plus viriles par la suite, à l’image d’un Charles Bronson qui suinte la testostérone. Considéré comme un chef-d’œuvre du western spaghetti, Il était une fois dans l’Ouest repose en grande partie sur son étonnante partition.

Après avoir appuyé la Trilogie du Dollar de son camarade Sergio Leone, le compositeur a de nouveau puisé dans l’imagerie du western une inspiration considérable : tissant sa toile musicale autour de quelques thèmes forts, il s’est également amusé avec les clichés du genre.

Musique-culte d’un film-culte, Il était une fois dans l’Ouest ne sonne jamais aussi bien que sur les images de Sergio Leone, et voilà sans doute le grand talent d’Ennio Morricone : à chaque commande, il se dévoue corps et âme au film, ses partitions faisant parfaitement corps avec les images. Que je n’aie pas envie de prolonger l’écoute chez moi ne doit pas vous inciter à en faire autant. D’ailleurs, si j’étais un exemple à suivre, ça se saurait !

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novembre 27, 2010 at 9:40 1 commentaire

Une petite musique de film : The Social Network

Hier soir, dans l’émission Première Séance,

Une petite musique de film s’est penchée sur

Connu pour ses thrillers pas comme les autres, de Seven à Zodiac en passant par Fight Club, le cinéaste David Fincher s’est attaqué à nul autre que Mark Zuckerberg, fondateur de facebook et plus jeune milliardaire au monde malgré son charisme de pomme de terre. The Social Network revient ainsi sur la face cachée de facebook sous forme d’enquête portée par un excellent casting et une bande originale signée Trent Reznor et Atticus Ross.

Collaborateurs de longue date au sein du groupe Nine Inch Nails, Trent Reznor et Atticus Ross se sont lancés avec enthousiasme dans la composition pour. Discrète sans être effacée, leur musique souligne habilement l’intrigue sans jamais la vampiriser. Fidèles à leurs sonorités synthétiques, les deux musiciens ont signé une bande originale résolument moderne qui colle à merveille au le sujet du film, s’offrant au passage un petit clin d’œil à Wendy Carlos avec une relecture de In The Hall Of The Mountain King d’Edvard Grieg.

Lui-même réfractaire aux réseaux sociaux, Trent Reznor n’en est pas moins à la pointe du net et offre régulièrement des titres en téléchargement gratuit à ses fans. The Social Network n’a pas fait d’exception puisque cinq extraits furent diffusés gracieusement avant même la sortie de l’album et du film. Que ceci ne vous empêche pas d’apprécier l’un comme l’autre à sa juste valeur.

À bon entendeur…

novembre 22, 2010 at 10:47

Une petite musique de film : In Bruges

Hier soir, dans l’émission Première Séance,

Une petite musique de film s’est penchée sur

Compositeur attitré des frères Coen, Carter Burwell leur a fait quelques charmantes infidélités au fil des ans. Une des dernières en date est la brillante contribution au non moins brillant In Bruges (Bons baisers de Bruges), premier long métrage du dramaturge irlandais Martin McDonagh mettant en scène Colin Farrell et Brendan Gleeson dans la peau de deux tueurs à gage britanniques en planque à Bruges à l’approche de Noël. Polar à l’humour archi-noir, le film ouvrit le festival de Sundance en 2008 et valut à Colin Farrell un Golden Globe amplement mérité et à son réalisateur/scénariste le BAFTA du meilleur scénario original.

Coproduction belgo-britannique entièrement tournée dans la Venise du Nord, In Bruges est une réussite totale : casting, intrigue et mise en scène rendent merveilleusement hommage aux décors, la musique de Carter Burwell y ajoutant une touche de magie supplémentaire. Outre ses splendides instrumentaux, cette bande originale comprend également une remarquable interprétation du Leiermann de Schubert par le baryton-basse Andreas Schmidt et le pianiste Rudolf Jansen, ainsi que des titres de Townes Van Zandt, The Walkmen, The Pretenders et The Dubliners.

(attention : spoiler alert !!!)

 

 

(c’est une des scènes finales…)

 

 

(vous voilà prévenus…)

 

 

(vous êtes sûrs que vous voulez regarder ?)

 

 

(même sans avoir vu le film ?)

 

 

(bon d’accord…)

 

 

(mais vous en prenez la responsabilité, hein !)

 

 

(et ne venez pas pleurer après !)

novembre 15, 2010 at 11:56 3 commentaires

Une petite musique de rediffusion: The Countess

Hier soir, dans l’émission Première Séance, Une petite musique de film a puisé dans ses archives (petits congés bien mérités obligent) et s’est a nouveau penchée sur

Pour son troisième film en tant que réalisatrice après Looking for Jimmy et la comédie romantique « 2 Days in Paris », Julie Delpy change radicalement de registre pour se pencher sur la vie de la tristement célèbre Erzsébet Báthory, accusée d’avoir commandité l’enlèvement, la torture systématique et la mort d’une centaine de jeunes femmes. Selon la légende, la comtesse hongroise se baignait dans leur sang afin de se garantir une jeunesse éternelle et fut condamnée à être emmurée vivante dans son château où elle mourut en 1614 à l’âge de 54 ans.

Il faut croire que « The Countess » est un projet qui tenait particulièrement à cœur à Julie Delpy puisque, non contente de l’avoir écrit et réalisé, elle y partage également l’affiche avec Daniel Brühl (« Good Bye Lenin! », 2 Days in Paris), William HurtSmoke », « A History of Violence ») et Anamaria Marinca (« 4 mois, 3 semaines et 2 jours »). En outre, l’actrice multicasquettes en a composé la bande originale, une partition très classique pour orchestre qui étonnera certainement celles et ceux qui avaient entendu la Delpy pousser la chansonnette sur son album éponyme : délaissant la guitare et les mélodies pop-folk, elle offre ici un aperçu de la véritable étendue de ses talents de compositrice avec des thèmes courts et inspirés, alternant envolées de cordes et piano solo, entre classicisme et minimalisme.
Soignées mais discrètes, les vingt et une vignettes réunies sur la bande originale de « The Countess » ne sont pas de nature à vampiriser le récit. La composition se tient à l’arrière-plan, évitant toute surenchère, et donne néanmoins une idée de l’ambiance générale du film : si les crimes y sont bel et bien présents, il ne s’agit ni d’un film d’horreur, ni d’une enquête policière.

Après avoir inspiré des dizaines de romanciers, cinéastes, groupes de métal et concepteurs de jeux vidéo, Erzsébet Báthory n’a que rarement été exposée sous son aspect humain : tour à tour vampire ou tueuse psychopathe, elle est généralement présentée comme une femme sans émotions perpétrant ses meurtres de sang-froid. Pourtant, le personnage est bien plus complexe que cela.
Voilà sept ans que Julie Delpy travaillait sur le scénario de « The Countess », production franco-allemande présentée à la Berlinale 2009. Plutôt que de focaliser sur les crimes d’Erzsébet Báthory, le film fait évoluer le personnage au sein d’une tragédie où il est davantage question d’obsession amoureuse que de meurtre. Partant de l’hypothèse que la comtesse fit couler le sang pour conserver l’amour d’un amant plus jeune qu’elle, l’actrice-réalisatrice signe un film certes sanglant, mais avant tout dramatique, et en profite au passage pour montrer le côté éminemment obscur de la femme.

novembre 8, 2010 at 10:47 5 commentaires

Suffragettes Not Dead

L’histoire du féminisme a réellement commencé il y a environ 140 ans. On peut en retracer l‘émergence aux alentours de 1870, date de la première vague féministe. L’une des femmes qui en a le plus marqué le cours est la britannique Emmeline Pankhurst. Née en 1858 à Manchester, Emmeline Pankhurst a milité pour le vote des femmes au Royaume-Uni dans le cadre du Parti libéral, puis dans le Parti travailliste. Pour donner plus de poids à sa revendication, elle crée en 1903 l’Union Féminine Sociale et Politique et milite d’une façon spectaculaire.

Elle meurt à Londres le 13 juin 1928, dix ans après que les femmes britanniques (de 30 ans et plus seulement) aient obtenu le droit de vote  Le droit de vote pour les femmes à partir de 21 ans est obtenu un mois après sa mort.

Mais que reste-t-il aujourd’hui de l’esprit d’Emmeline Pankhurst et des suffragettes ?
Si le droit de vote des femmes occidentales est désormais un acquis solide et que le travail au féminin est généralement bien admis au sein de notre société, il reste pourtant encore des luttes à mener et des améliorations à apporter…  Parmi celles-ci, l’image de marque du féminisme a bien besoin d’un sérieux décrassage.
Alors à quoi sert encore le féminisme aujourd’hui, si ce n’est à se faire mal voir en diverses occasions ?
Trop souvent représenté par des caricatures, le féminisme contemporain apparaît en effet comme une vaste supercherie aux yeux de certains et certaines.
Suffragettes Not Dead, c’est un groupe de jeunes femmes émancipées mais non radicales qui rêvent d’un féminisme encore à imaginer ; un féminisme à vivre au jour le jour, main dans la main avec leurs petits camarades de sexe masculins ; un féminisme ludique qui se raccrocherait davantage à l’équité qu’à l’égalité des sexes.
En tous les cas, un féminisme à construire et à vivre ensemble.
Ce samedi 6 novembre chez Madame Moustache (5-7 quai Bois à Brûler, 1000 Bruxelles), Suffragettes Not Dead Festival vous invite a réinventer le féminisme autour de débats, concerts et activités créatives de toutes sortes.
Le féminisme, par ailleurs, n’existe pas : c’est au pluriel qu’il faut le vivre et en parler.
Et cela regarde autant les hommes que les femmes !
(pour accéder au blog des Suffragettes, cliquez sur l’image)
(retrouvez-les également sur MySpace et facebook)

novembre 3, 2010 at 3:31 1 commentaire

Une petite musique de film : An Ambush of Ghosts

Dimanche soir, dans l’émission Première Séance,

Une petite musique de film s’est penchée sur

Fondé en 1981 autour des jumeaux Klive et Nigel Humberstone, In The Nursery fut l’un des groupes phare de la scène indus britannique. Avec l’arrivée de la chanteuse Dolores Marguerite C et du percussionniste Q, la musique du duo prend une tournure plus néo-classique. Ce n’est donc pas étonnant si, en 1993, le groupe est approché par l’Américain Everett Lewis pour composer la bande originale de An Ambush of Ghosts.

Présenté au festival de Sundance en 1993 où il décrocha le prix de la meilleure photo, ce drame adolescent ne trouva pourtant jamais son public : film éminemment personnel et incroyablement sombre, l’ambiance funeste de An Ambush of Ghosts est encore renforcée par la musique obsédante de In The Nursery.

Pour cette bande originale, le duo anglais a pioché avec parcimonie dans les dialogues du film ainsi que dans ses précédents albums, dont on retrouve ici plusieurs lignes mélodiques. Soutenues par le violoncelle de Catherine Bassill et le hautbois de Jill Crowther, les ambiances musicales des frères Humberstone se déploient en parfait accord avec le film – avec discrétion et mélancolie.

novembre 2, 2010 at 12:38


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